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Economie

Droits d’importation: Les opérateurs tirent la sonnette d’alarme

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5802 Le 13/07/2020 | Partager
La hausse sur les produits finis source «d’instabilité pour l’investissement»
Un «suicidaire retour au protectionnisme», estiment des opérateurs

La hausse des droits d’importation de 30 à 40% intégrée dans le projet de loi de finances rectificative risque d’enfoncer encore plus dans la crise plusieurs activités déjà impactées par la crise du Covid -19. La première hausse de 25 à 30% intervenue en janvier n’est pas encore digérée qu’une nouvelle est ressortie.

Cette instabilité risque au mieux de stopper l’investissement, voire de faire fuir les investisseurs. «C’est un suicide et un retour au protectionnisme», tempêtent à l’unisson des opérateurs. Certains assurent vouloir arrêter «leurs projets d’investissement et n’écartent pas des coupes dans les effectifs». 

Le gouvernement justifie l’augmentation des droits d’importation par «le contexte international marqué par une crise sanitaire majeure ayant généré un ralentissement de l’économie mondiale. Ce qui nécessite le renforcement de la protection de la production nationale en vue d’accompagner les efforts entrepris en matière d’appui aux entreprises en difficulté». Autre argument, la pression exercée sur les réserves de change.

Des explications jugées peu convaincantes: «C’est un incroyable retour en arrière que nous sommes en train d’opérer. Nous risquons de nous retrouver à gérer les mêmes situations que celles qui ont prévalu durant les années 80». Pour nombre d’opérateurs, cette hausse des droits de douane se traduirait d’abord par une baisse des volumes importés mais aussi, celle des recettes de la TVA perçues aux frontières.

Ensuite, dans le textile, gros usager du régime douanier de l’admission temporaire, elle pourrait relancer les pratiques frauduleuses de contournement de la réglementation. Sans compter le contentieux. Les entreprises de travail à façon du textile concentreraient près de 60% du contentieux sur le régime d’admission temporaire.

Ces opérateurs estiment que le problème de l’industrie est lié à son manque de compétitivité: Certains secteurs ont bénéficié de plusieurs aides mais sans parvenir à réduire le gap de compétitivité. Ils n’ont opéré ni la mise à niveau en termes de formation ni d’investissement dans l’outil industriel. 

Le relèvement du taux, s’il est adopté, impactera tous les produits finis importés de pays ne disposant pas de conventions tarifaires avec le Maroc. Le premier pays concerné est la Chine avec laquelle le déficit commercial ne cesse de s’aggraver depuis 2011: il s’élève à 47,1 milliards de DH contre 44,7 milliards en 2018.

Les produits de textile turcs en ligne de mire

Sous la pression de l’Amith, les importations de textile sont soumises à un droit additionnel ad-valorem équivalent à 90% du droit d’importation applicable dans le cadre du régime de droit commun, soit 30%. Ce qui se traduirait par neuf points de plus pour les droits d’importations qui seraient appliquées au textile turc. Même les pays avec lesquels le Maroc dispose d’un accord ne seraient pas épargnés en raison des règles d’origine. A titre d’exemple, des produits réalisés au Maroc sous le régime de l’admission temporaire sont par la suite importés au plein tarif. «Une partie importante de nos importations porte sur des articles fabriqués au Maroc. Avec cette hausse, le made in Morocco risque de souffrir», estime un opérateur. La Tunisie, par exemple, accorde un avantage aux marques importées et dont la production est  soustraite chez les entreprises tunisiennes.

Khadija MASMOUDI

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