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Entreprises

Bureaux d’études et ingénierie: La filière redoute des licenciements

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5801 Le 10/07/2020 | Partager
Près de 15.000 emplois menacés
Réduction partielle du personnel, retenue sur salaire… l’impact
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A peine 12% des bureaux d’études et ingénierie ont envisagé la prise en charge de l’ensemble du personnel en cas de maintien du confinement au-delà de juin. L’enquête enregistre un taux de réponse de plus de 85% des effectifs et du volume d’affaires de la Fédération marocaine du conseil et de l’ingénierie (Fmci)

La situation actuelle inquiète les bureaux de conseil et d’ingénierie. Pour combien de temps le secteur va-t-il pouvoir éviter le grand crash? Dans le cadre du plan d’actions anti-Covid-19, une première enquête a été lancée fin mars, par la Fédération marocaine du conseil et de l’ingénierie (Fmci) auprès de ses membres pour recueillir l’état de chaque structure, sa réactivité et les dispositions possibles. Il en est ressorti que 62% maintiennent et prennent en charge l’ensemble du personnel, 15% ont opté pour le maintien et la prise en charge partiel du personnel et 11% l’ont mis en congés payés.

Rappelons que le secteur regroupe environ 600 unités, employant près de 15.000 personnes dont 35% d’ingénieurs, 40% de techniciens et 25% d’employés. «Les seules activités épargnées, voire même favorisées, ont été celles du conseil et ingénierie numériques. Les secteurs où les phases du projet permettent le télétravail ont été moins sinistrés que le reste. De manière générale, les prestations d’études ont pu être poursuivies. Celles de suivi de réalisation sont restées dépendantes des activités sur chantier qui se sont considérablement ralenties en l’absence de maîtres d’ouvrages et d’une partie des équipes d’entreprises. Les autres prestations d’audit, d’évaluation ont connu un arrêt quasi-total», explique Nabil Benazzouz, président de la Fmci. L’enquête révèle également que 59% des bureaux de conseil et d’ingénierie maintiennent l’activité en télétravail uniquement, 15% n’exercent aucune activité. 26% sont entre le maintien partiel et total d’activités au bureau ou à l’extérieur.

Pour le maintien des emplois, il sera impératif de débloquer en urgence les paiements en retard sinon réduire les délais de paiement des factures en instance de l’Etat, recommandent les bureaux de conseil et d’ingénierie. La profession appelle également à l’allègement des charges sociales ainsi que des mécanismes de soutien des PME/PMI.

Plus encore, le contexte actuel plaide en faveur du renforcement de la transparence dans l’attribution de marchés publics, via une notation automatique et non-humaine. Les ingénieurs veulent également minimiser les formalités bureaucratiques et les déclarations et imaginer des solutions de forfaitisation.

Les employeurs veulent aussi avoir la possibilité de considérer le confinement comme période de congé payé, considérer la situation actuelle comme cas de force majeure et ne pas appliquer les pénalités de retards. Une deuxième enquête est en cours de lancement pour actualiser les données sur les secteurs et surtout mesurer leur résilience.

S’il y a un secteur où il y aura des marchés à prendre, c’est bien celui des infrastructures hospitalières, notamment dans la rénovation des bâtiments et infrastructures des hôpitaux. A ce propos, les membres de la Fédération marocaine du conseil et de l’ingénierie affichent leur disponibilité pour la réalisation des études et suivis techniques pour la construction ou aménagement des espaces sanitaires éphémères et durables ou encore dans l’analyse post-crise, dans le cadre d’un débat national visant à tirer les enseignements à même de faire face aux différents risques (pas uniquement sanitaires).

Pour rappel, les bureaux de conseil et d’ingénierie exercent dans des domaines d’activité assez diversifiés : bâtiments et ouvrages d’art, hydraulique urbaine, routes, études de génie défense, industrie et énergie, développement durable…

Exercice d’équilibriste

Nabil Benazzouz, président de la Fédération marocaine du conseil et de l’ingénierie (Fmci) est formel: «Il est très difficile pour les sociétés du conseil et d’ingénierie de procéder à des arrêts intempestifs de leurs activités et encore moins à un licenciement pour déclin d’activité. Nous essayons donc de réduire au maximum la destruction des emplois. C’est un exercice d’équilibre très fastidieux qui nécessite un effort en interne et des mesures d’accompagnement des pouvoirs publics appropriées». Cette difficulté s’explique aussi par l’investissement massif dans les ressources humaines rendant toute reprise après un licenciement à la fois pénible, laborieuse et coûteuse.

Modeste KOUAME

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