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Economie

«La conséquence d’un relâchement manifeste»

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5799 Le 08/07/2020 | Partager
«La promotion des mesures barrières a échoué», regrette le Dr Allal Amraoui
«Le reconfinement est une option inenvisageable», estime le député PI
Garder l’Etat d’urgence sani­taire, nécessaire
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«Le reconfinement est une option inenvisageable…L’essentiel est d’apprendre à vivre avec, à travailler, à produire, tout en respectant les mêmes mesures barrières. Notre seule arme contre ce virus est la prévention sanitaire», indique Allal Amraoui, chirurgien et député PI (Ph L’Economiste)

- L’Economiste: Des clusters professionnels ont été découverts dans différentes villes créant une véritable psychose. Comment ex­plique-t-on cette montée en flèche des cas positifs?
- Dr. Allal Amraoui:
C’est tout à fait normal de voir autant de cas positifs. Ceci, en raison notamment de l’augmentation importante du nombre de tests PCR réalisés quo­tidiennement au Maroc. Des tests qu’on devrait faire encore plus en exploitant les ressources humaines et matérielles des laboratoires privés qui bien sûr remplissent les condi­tions idoines pour le faire. Si on veut analyser cette augmentation de cas positifs, il faudra surtout étudier le taux de positivité des tests réalisés qui jusqu’à aujourd’hui reste ac­ceptable. Le deuxième élément important est celui du relâchement manifeste d’une grande partie de la population. Ce relâchement est com­préhensible du fait qu’on est sorti d’un confinement strict de plus de 80 jours, avec ses limites psycholo­giques, sociales et économiques. Sans oublier l’échec du gouvernement à promouvoir des mesures barrières qui restent indispensables en cette période de levée de confinement.

- Comment remédier à cette situation? Et à votre avis, nous dirigeons-nous vers une seconde vague?
- Le Maroc qui était à proxi­mité de l’épicentre de la première vague européenne a pu échapper au pire grâce aux mesures courageuses et pré­coces prises sous les instructions de SM le Roi. Durant toute cette période de confi­nement, on gérait des cas importés avec des petits clusters autour, très vite maîtrisés grâce aussi à la vigi­lance des autorités. Ce n’est qu’après la levée du confinement, avec une présence du virus sur pratiquement tout le territoire natio­nal qu’on peut parler d’une réelle première vague, du prolonge­ment ou du rehausse­ment de celle-ci. Pen­dant la première phase de l’épidémie, on ne connaissait rien de ce nouveau virus. Tout le monde a appris sur le tas, avec des don­nées scientifiques démontrées, par­fois réfutées quelques heures après, provoquant une situation, le moins qu’on puisse dire incontrôlable et imprévisible. D’où le choix du confinement finalement adopté par le monde entier, et tous ceux qui ont pris du retard ou tergiversé ont payé le prix malheureusement très lourd. Aujourd’hui, la situation est diffé­rente. On connaît mieux ce virus, on est mieux armés, mieux préparés, on peut tout à fait le contrôler, plus ou moins, sans pour autant conti­nuer à prendre les mêmes mesures de confinement strict. L’essentiel est d’apprendre à vivre avec, à travail­ler, à produire, tout en respectant les mêmes mesures barrières.

- La situation est-elle inquié­tante? Allons-nous vers un nou­veau confinement?
- Personnellement, j’attends du gouvernement, avec Mr El Oth­mani en tête, d’assumer pleinement ses responsabilités politiques. Car, aujourd’hui la gestion de cette pan­démie est surtout politique, avec des décisions claires, convaincantes mais surtout assumées pleinement par de véritables hommes d’Etat. On est interpellé tous les jours par des questions émanant des citoyens, des opérateurs économiques, des hôte­liers qui espèrent sauver une partie de la saison, par nos ressortissants à l’étranger ou les étudiants, qui ne comprennent pas pourquoi au­jourd’hui on ne leur donne aucune visibilité sur leur éventuelle entrée au Maroc pour pouvoir passer leurs va­cances mais surtout l’Aïd en famille. En tant que député de l’opposition, je ne peux que déplorer et décrier cette situation. A mon sens, le reconfine­ment est une option inenvisageable. En outre, la reconduction de l’Etat d’urgence sanitaire qui instaure un cadre de vigilance sanitaire, me semble plus que plausible et de sur­croît nécessaire dans l’état actuel des choses.

Propos recueillis par Y.S.A

                                                                                             

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Depuis le démarrage du déconfinement progressif, le Maroc enregistre une augmentation croissante du nombre de cas. Au 6 juillet à 10h, les statistiques faisaient était de 4.275 cas actifs, avec 114 cas de plus. Inquiétant pour la population, mais pas «anormal» pour les autorités. Deux éléments expliquent cet état de fait: l’intensification du dépistage, mais aussi et surtout le relâchement au niveau des gestes barrières dont certains ne mesurent absolument pas les conséquences

 

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