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Société

Accusations d'espionnage: Le gouvernement hausse le ton face à Amnesty

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5797 Le 06/07/2020 | Partager
Rabat «attend toujours des explications et des preuves matérielles»
L'ONG riposte et attaque le gouvernement

Le torchon brûle entre le Maroc et Amnesty international. Saâdeddine El Othmani vient d’adresser un courrier aux dirigeants de cette ONG pour «demander des explications concernant les allégations contenues dans son dernier rapport».

Ce dossier a été examiné lors de la dernière réunion du Conseil de gouvernement, tenue jeudi dernier. El Othmani a fait savoir que le Maroc «insiste sur l’importance de fournir des preuves tangibles relatives aux accusations formulées dans le rapport d’Amnesty international».

Le directeur exécutif de l’ONG au Maroc avait déjà été convoqué par les autorités, le 26 juin dernier, pour «lui faire part de l’étonnement face aux allégations de l’ONG concernant la consultation du gouvernement marocain avant la publication de son rapport». Après 5 jours d’attente, «aucune réponse n’a été communiquée par Amnesty concernant la véracité des informations contenues dans le document publié le 22 juin dernier».

Dans le courrier adressé à Julie Verhaar, secrétaire générale adjointe de cette ONG, El Othmani a affiché son «incompréhension face au silence d’Amnesty international suite aux demandes d’explications adressées par le Maroc, après un délai raisonnable pour présenter les éléments prouvant la véracité des conclusions du dernier rapport».

Pour le gouvernement, l’attitude d’Amnesty traduit son «acharnement depuis des années contre le Maroc». Cette ONG est accusée de vouloir «se transformer en acteur dans le champ politique marocain, instrumentalisée par des parties connues pour leur animosité vis-à-vis des institutions».

Les accusations formulées contre le Maroc dans le dernier rapport d’Amnesty, notamment en affirmant qu’un journaliste ait fait l’objet d’espionnage via son téléphone, semblent être la goutte qui a fait déborder le vase. Sur ce point, le gouvernement a souligné que «le même journaliste fait l’objet d’une procédure judiciaire concernant des suspicions autour d’une potentielle atteinte à la sécurité de l’Etat, à cause de ses relations avec un officier de liaison, dont l’identité ne sera pas dévoilée». Les autorités ont rappelé que cet agent, qui avait défrayé la chronique en juillet 2013, était actif sous couvert de missions diplomatiques dans différentes zones de tension dans le monde.

Aujourd’hui, le gouvernement appelle Amnesty international à «revoir son approche hostile vis-à-vis du Maroc». Surtout que «le gouvernement a montré sa bonne foi en appelant à la mise en place d’une méthodologie objective pour garantir une interaction constructive avec les ONG actives dans le domaine des droits humains».

En face, Amnesty international a réagi en publiant un communiqué, samedi dernier, dans lequel elle assure avoir adressé au gouvernement marocain plus de détails concernant la méthodologie qui a été adoptée pour conclure que le téléphone du journaliste était piraté en utilisant les technologies de NSO.

Cette ONG a attaqué les autorités marocaines, estimant qu'il s'agit de «tentatives d'obstruction» de son action. Cette réponse de la directrice régionale d'Amnesty international, basée en Tunisie, a été jugée «insuffisante» par le gouvernement. Surtout qu'elle «n'a pas apporté des preuves objectives et s'est contentée d'accusations sans fondement», selon une mise au point du ministère en charge des droits de l'Homme, publiée samedi dernier.

Le rapport de la discorde

C’est le dernier rapport d’Amnesty international, faisant état d’un potentiel espionnage du téléphone du journaliste Omar Radi, qui a mis le feu aux poudres. Dans ce document, cette ONG a accusé le gouvernement d’exploiter les technologies de la société israélienne NSO pour espionner des journalistes ou des activistes. «Les téléphones sont infiltrés via des logiciels de NSO. Ses produits devraient être interdits à la vente aux gouvernements qui violent les droits de l’Homme», peut-on lire dans ce rapport. Ce dernier est le résultat d’enquêtes internes, menées par le département des programmes technologiques relevant de cette ONG. Ce rapport cite la directrice adjointe de ce département, qui accuse clairement les autorités marocaines «d’utiliser le contrôle numérique pour harceler l’opposition, les journalistes et les activistes».  

M.A.M.

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