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Economie

Modèle de développement: Des pistes pour repenser les territoires

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5796 Le 03/07/2020 | Partager
C’est incontournable pour redresser les disparités sociales et territoriales
L’émergence d’une élite locale influente, décisive pour réussir la régionalisation
Appel à impliquer davantage le monde rural dans la trans­formation digitale

La refonte du modèle de dé­veloppement implique une réin­vention des modes d’implication des territoires dans la création des richesses. C’est ce qui ressort de l’analyse réalisée par le think tank Al Mountada, dans le cadre de sa contribution à la réflexion autour du nouveau modèle de développe­ment.

Cet organisme qui regroupe des chercheurs, des dirigeants du public et du privé, a élaboré une nouvelle vision pour une plus grande participation des régions dans le processus de développe­ment. Celle-ci est basée sur un diagnostic de l’état des lieux, mar­qué par une série de dysfonction­nements.

En tête, une croissance à deux vitesses des territoires. «Trois régions seulement, profitant de 70% de l’enveloppe d’investissement de l’Etat, arrivent à créer 58% de la richesse nationale et à avoir un PIB par tête dépassant la moyenne nationale. En face, les autres ré­gions enregistrent des résultats très modérés», peut-on lire dans ce document. Les difficultés ac­tuelles s’expliquent également par d’autres facteurs, selon Al Moun­tada.

Par exemple, «la disparité sociétale, liée à un partage inéqui­table des richesses, se conjugue à une incompréhension du patrimoine territorial». Résultat: les ressources spécifiques des régions restent mar­ginalisées et sous-exploitées lors de la mise en place des politiques publiques. Le nouveau dispositif mis en place depuis l’adoption de la régionalisation avancée «n’a pas encore permis une amélioration concrète de l’accès des citoyens aux services de base».

■ Le dilemme des élus locaux

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Si les rédacteurs du rapport d’Al Mountada mettent l’accent sur l’im­portance des réformes menées, notamment en matière de renforcement des attributions des collectivités locales, ils pointent néanmoins la persistance de certains bémols. Par exemple, «si le législateur a doté les décideurs des collectivités territoriales des compétences nécessaires pour gérer la chose locale, d’autres facteurs pourraient affecter la qualité et la pertinence de leurs actions, à l’image des interactions avec d’autres intervenants au niveau local, la complexité des territoires, ainsi que les attentes des popula­tions et des élites locales». Les élus, considérés comme «la façade de l’Etat aux yeux du citoyen modeste», supportent, selon Al Mountada, à la fois le défi de réaliser leur programme et celui des défaillances qui surgissent dans l’action des entités publiques au niveau local, provincial et régional. Leur action dépend également de l’efficacité des services déconcentrés de l’Etat.

■ Urgence de digitaliser le monde rural

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Le constat est sans appel. En dépit des efforts menés, le monde rural reste encore «isolé, effrité, peu équipé et souffrant de sérieux pro­blèmes de connexion avec les terri­toires avoisinants». Cette situation est accentuée par le creusement de la fracture technologique. Ce qui met le Maroc dans «une situation de sous-mobilisation des ressources et des capacités en vue d’instaurer le mindset du digital dans la société avant de créer les conditions de son déploiement rapide et efficace dans tous les secteurs d’activité». Avec seulement 5,1% de la population rurale équipée d’un ordinateur ou d’une tablette, ce faible accès aux équipements technologiques prive le Maroc de plusieurs leviers d’action pour faire face à des problématiques profondes et génératrices d’inéga­lités, à l’instar du décrochage sco­laire et du chômage». Pourtant, une meilleure digitalisation du monde rural offre, selon Al Mountada, une ouverture à une diversification des activités productives, comme l’agri­culture, les produits du terroir, l’arti­sanat, le tourisme rural… D’ailleurs, la nouvelle stratégie agricole Géné­ration green, mise sur le digital pour assurer le transfert entre générations d’agriculteurs, améliorer la forma­tion et la commercialisation…

■ Accélération des dynamiques urbaines

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Face aux nouveaux enjeux du vivre-ensemble dans les villes, ces der­nières sont appelées à se réinventer, en misant sur les politiques d’aménage­ment du territoire. L’idée est de prendre en compte les dynamiques en cours et l’émergence de différents types de villes. A commencer par les métro­poles. Cela, même si l’expérience de métropolisation reste très peu déve­loppée et vulgarisée, malgré l’exis­tence de grands pôles urbains comme Casablanca et Rabat. Le processus de métropolisation concerne égale­ment certaines capitales régionales en croissance, mais dont le rayonnement reste limité, peut-on lire dans ce docu­ment. En face, certaines métropoles émergentes arrivent à s’imposer en raison d’une vocation créée grâce à l’appui de l’Etat, à l’image de Tanger et Marrakech. Parallèlement, de nou­veaux centres urbains commencent à émerger, sous forme de villes inter­médiaires. Celles-ci cherchent un rôle d’équilibre et de polarisation au niveau de leurs territoires respectifs. Mais, «elles ont du mal à jouer ce rôle, en dépit des efforts de décentralisation et d’investissement». Pour Al Moun­tada, la mobilisation d’une élite locale forte et influente est incontournable pour accompagner cette dynamique. Les petites villes, elles, continuent à jouer une mission d’encadrement administratif. Elles n’arrivent pas à dépasser les contraintes de la faiblesse des services de base et de l’absence d’un encadrement et d’un suivi de proximité.

■ Prendre en compte la complexité des territoires

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C’est indispensable pour assurer l’effectivité de la régiona­lisation avancée. La complexité des territoires est un facteur cen­tral dans la construction de mo­dèles de développement prenant en compte les spécificités locales. Surtout qu’en dépit des efforts de modernisation, «les territoires de l’arrière-pays et des zones ru­rales continuent de garder les in­fluences du Maroc antique». Pour Al Mountada, «la mise en oeuvre de la régionalisation avancée devait prendre en considération les identi­tés historiques et sociologiques des territoires».
Cette reconnaissance institution­nelle des spécificités locales pourra renforcer, selon ce think tank, la position des élus, notamment en consolidant leur rôle d’intermé­diaire entre l’Etat et la population, est-il indiqué.

M.A.M.

 

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