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Régions

Rejets industriels de margines: Scandale écologique à Taourirt!

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5795 Le 02/07/2020 | Partager
L’oued Za, une des principales sources d’irrigation de la région, menacé
Pollution des ressources hydriques, dégradation des sols et menaces sur les cultures
L’Onssa et le département de l’Eau et de l’Environnement lancent des contrôles depuis hier

L’oued Za, couramment appelé «Delta de Taourirt», vit sous une grande menace de pollution. Dans cette zone fertile de l’Oriental qui contribue au développement de toute la province, des unités industrielles installées à son bord y déversent en toute illégalité leurs margines. Et les dégâts sur l’environnement sont énormes.

Oliviers malades avec perte de feuillage, floraison très aléatoire avec disparition de la faune, rareté de poisson en phase d’extermination et dégradation de la flore le long de oued Za... un véritable scandale écologique. Le déversement incontrôlé des margines dans l’oued Za, depuis plusieurs années, est également aggravé par la diminution du débit du fleuve et la succession d’années de sécheresse. «Ces margines forment un film impénétrable à la surface, en profondeur des rivières et sous l’olivier empêchant ainsi la pénétration de la lumière et l’oxygène dans le sol», explique un agriculteur.

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Les rejets abusifs et incontrôlés des margines conjugués au stress hydrique que connaît la région annoncent un désastre écologique inéluctable (Ph. AK)

«De fait, il est impératif de contrôler et d’organiser le réseau d’assainissement à la sortie des unités agroalimentaires, de sensibiliser les exploitants sur l’importance de sauvegarder les oliveraies qui alimentent leurs industries et surtout que les autorités locales sévissent fermement», indiquent des propriétaires agricoles installés dans la région.

«La récolte des olives, elle-même, risque d’être compromise cette année, par manque d’eau et par une pollution intense causée par ces rejets illégaux des unités de trituration et conserve des olives», poursuivent-ils. Reste à préciser qu’il est urgent d’organiser le lâchage des eaux du barrage, en amont, pour sauver les récoltes de cette saison et éviter les surconsommations constatées au niveau de certaines parcelles.

Ce rejet illégal des margines en pleine nature par des unités de trituration ou de conserveries d’olive porte un coup fatal à la qualité du sol et aux nappes phréatiques de la province de Taourirt. Toutes les unités agréées savent qu’elles ne sont pas autorisées à déverser leurs margines en pleine nature selon un cahier des charges rigoureux qui les oblige à mettre en place des bassins de rétention aux normes et des mesures adéquates pour neutraliser les impacts négatifs et améliorer les effets positifs sur l’environnement.

Un engagement qui nécessite des contrôles stricts de la part des départements chargés de faire respecter les lois promulguées. Le danger que vit actuellement la région est dû à la mauvaise foi d’unités  non contrôlées et non agréées, et qui agissent en toute illégalité, et ce depuis de bien nombreuses années.

Les départements de l’Environnement, de l’Eau et l’Onssa,  leur ont adressé de nombreux écrits, avant même l’arrivée de l’épidémie du Covid, afin de les rappeler à l’ordre et leur intimer de s’aligner sur les lois en vigueur sous peine de voir leurs unités fermées. Il ne leur reste que le mois de juillet pour se mettre à niveau et mettre fin à leurs multiples nuisances à la nature. Le cas échéant elles seront pénalisées avec risque de poursuites judiciaires, précise-t-on auprès du département de l’Environnement. 

Pour faire respecter la loi sur la protection de l’environnement, les deux départements viennent de lancer, depuis hier, 1er juillet, une vaste campagne de contrôle et de sensibilisation auprès des unités industrielles de la province. Ces visites de contrôle sont effectuées par les gendarmes de l’environnement, les représentants des autorités locales et le département de l’Eau, ainsi que les cadres de l’Onssa. En cas de manquement aux normes sanitaires et environnementales, des PV d’infraction seront soumis au procureur du roi avec proposition de fermeture.

Les études d’impact n’étaient pas exigées avant la nouvelle loi

Le grand danger provient des anciennes unités de trituration réalisées avant la promulgation de la loi 12-03 relative aux études d’impact sur l’environnement. Elles opéraient sans étude d’impact.  Ce qui n’est plus le cas pour les nouvelles unités agro-industrielles, sommées de s’aligner sur les lois protectrices de l’environnement. Toutefois, quelques-unes d’entre elles négligent l’entretien de leurs bassins.

De notre correspondant permanent, Ali KHARROUBI

 

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