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Economie

Education: Appel à «une révolution de l’enfant»!

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5794 Le 01/07/2020 | Partager
Des centres pour apprendre le métier de parent
Intégrer le temps passé avec un enfant dans le calcul du PIB
En classe, expérimenter la vraie vie!

«Soit l’enfant sera au centre des politiques de développement, soit il n’y aura pas de développement du Maroc», relève Al Mountada dans sa contribution à la réflexion autour du modèle de développement (juin 2020). Pour le think tank rassemblant des dirigeants du public et du privé, si un nouveau modèle doit être érigé, c’est bien dans l’écosystème des plus jeunes qu’il faut le créer.

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Contrairement à l’école classique, simple transmetteur de connaissances théoriques, le nouveau modèle d’enseignement se baserait sur l’expérimentation et les sorties scolaires (Ph. Jarfi)

L’enfant, étant la principale richesse d’une nation, devrait être considéré comme une valeur fondamentale du pacte social qui lie les individus. Un appel est ainsi lancé pour une «révolution de l’enfant» au Maroc (M.Montessori, 1896).

Bâtir un capital humain accompli commence dès le plus jeune âge. L’idée est de «libérer l’enfant de tous les poids du monde adulte», afin de lui permettre d’exprimer tout son potentiel. Tout démarre dans le noyau familial. Les parents ne sont, toutefois, pas toujours préparés pour prendre en charge correctement leurs petits. Ils apprennent sur le tas, aux frais de leur progéniture.

«Les futurs parents devraient pouvoir être sensibilisés et formés à la psychologie des enfants, à l’éducation non violente, la puériculture. L’État devrait instituer des centres sociaux où les parents pourront demander conseil, être formés à ce rôle majeur», suggère Al Mountada dans son rapport.

S’occuper d’un enfant devrait s’apparenter à de la création de valeur pour la société. Naturellement, cette valeur est à inscrire dans le PIB. Les pays scandinaves l’ont déjà fait. A l’échelle étatique, toutes les politiques publiques devraient converger vers un objectif commun, le bien être et l’épanouissement des tout-petits. Le rapport recommande, par exemple, de coordonner les horaires scolaires avec ceux des parents. Pareil pour les vacances.

Un système anti-stress

Pour sa part, l’école ne saurait garder le même paradigme, celui d’un simple véhicule de connaissances théoriques que les élèves apprendraient par cœur. Les dirigeants d’Al Mountada recommandent une école où les plus jeunes auraient la possibilité d’expérimenter la vraie vie. Elle proposerait différents ateliers pratiques, tel un «salon des métiers» offrant des savoir-faire, sciences et compétences de l’humanité.

En cuisinant, les enfants seraient initiés aux maths, au calcul, aux poids et mesures, aux réactions chimiques de base... En jardinant, ils découvriraient les sciences de la vie et de la terre, en bricolant ils apprendraient la géométrie et en faisant du théâtre ils s’ouvriraient aux autres et apprendraient des langues étrangères. Les cours théoriques ne seraient renforcés qu’à partir du collège. Entretemps, les enfants seraient dotés d’apprentissages de base et de compétences de vie, chacun à son rythme, et avec un accompagnement adapté.

«Le système éducatif marocain a un don particulier pour éteindre les capacités naturelles d’apprentissage de l’enfant. Il le rend découragé, dépendant, lui faisant croire qu’il est en difficulté, nie ses talents créatifs et sa singularité et de là, ralentit son évolution», regrettent les concepteurs du rapport. Dans cette nouvelle version de l’école, la détente serait une constante. L’enfant arriverait à son rythme à son établissement, au même titre qu’un adulte regagne son travail en prenant le temps d’interagir avec ses collègues autour d’un café avant de commencer sa journée.

La première heure serait ainsi réservée à se reconnecter avec son environnement, en rejoignant divers espaces sportifs, musicaux, de jeu, de lecture… «Parallèlement, l’école se termine à l’école», insiste le rapport. Pas de devoirs ou de révisions. Tout se fait à l’école. A la fin de la journée, viendrait le temps de vaquer à ses loisirs et de vivre sa vie sans stress en compagnie de ses parents.

Un seul enseignant par année prendrait en charge les élèves jusqu’à l’âge de 10 ans. Cet «adulte référant» leur permettrait de se sentir en sécurité. Le lien de confiance établi les encouragerait à se confier plus facilement sur leurs attentes et difficultés.

Dans ce processus, l’innovation serait le maître mot, que ce soit en termes de curricula, d’outils pédagogiques ou d’organisation des établissements. Mais pour instaurer ce modèle, il faudra oser sortir des sentiers battus.

Enseignants: Ne prendre que les meilleurs

Toutes les propositions de réforme reviennent sur cet aspect: la qualité des enseignants, longtemps négligée au Maroc. Or, ce n’est qu’en intégrant les mieux formés et les plus compétents qu’il sera possible de relever le niveau du système offert. A son tour, Al Mountada propose une forte sélection à l’entrée, favorisant les profils hautement diplômés, présentant une vocation pour le métier d’enseigner et ayant au préalable subi des tests psychologiques et de personnalité pour assurer la sécurité psychique des enfants. Pour les attirer, des rémunérations attrayantes devront être accordées.

                                                                         

Une école de l’équité, idéalement publique

«L’enfant ne doit pas subir la misère sociale et intellectuelle du milieu qui l’a vu naître», estiment les dirigeants d’Al Mountada. Elle doit accorder les mêmes chances à tous ses usagers, quelle que soit leur origine sociale.

L’ingrédient clé: veiller à l’autonomie de l’élève dans son apprentissage, et n’offrir que ce qui peut être intégré en classe, sans besoin d’une aide extérieure (parents ou cours particuliers). En cas de difficulté, des séances de soutien seraient organisées au sein de l’établissement. En milieu rural, le programme scolaire serait adapté au quotidien des enfants et à leur culture.    

Pour Al Mountada, l’école doit idéalement être publique et marocaine, garantissant une mixité sociale. «Il est impensable de confier à des écoles privées, qui sont des entreprises aux objectifs mercantiles, la formation de la ressource la plus importante de l’État.

Cette incompréhension est encore plus grande lorsque le Maroc confie à des nations étrangères la tâche d’élever ses citoyens», souligne le think tank, qui déplore des systèmes créant une «cassure» dans la société marocaine, et encourageant la fuite des cerveaux.

Ahlam NAZIH

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