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Economie

Marchés mondiaux: Le contre-choc énergétique a dominé

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5783 Le 16/06/2020 | Partager
Des matières premières ont eu la cote, d’autres pas…
Qui a dit crise alimentaire?
Les prévisions du rapport CyclOpe 2020

«Vent de tempête sur les marchés mondiaux…». La crise économique provoquée par la pandémie de Covid-19 a eu bien évidemment un effet négatif sur les marchés de la plupart des matières premières. Et là aussi il y a eu des gagnants et des perdants. Arrêté à la fin avril 2020, CyclOpe présente une première analyse de ces quatre mois de pandémie et de crise et dresse quelques perspectives pour l’économie et les marchés mondiaux. Rédigée par une équipe de spécialistes sous la direction de Philippe Chalmin et Yves Jegourel, le rapport est intitulé «Les Marchés mondiaux -Allegoria ed effetti del Cattivo Governo-Le grand désordre du monde-La crise de 2020».

■ Le pétrole encaisse un coup  

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On avait les taux négatifs, voilà donc le pétrole négatif! Le 20 avril, le baril de pétrole américain pour livraison le lendemain a clôturé avec un prix négatif de 37 dollars! Il a été proche de 70 dollars en début d’année lorsque le général irakien Soleimani avait été tué à Bagdad par un drone américain. La chute aura été donc de 100 dollars, moins en réalité dans la mesure où le prix négatif ne dura que le temps d’une soirée, mais à la fin avril nombre de bruts dans le monde valaient moins de 10 dollars. Un véritable contre-choc!

■ Gaz naturel, charbon…:
 L’énergie, au sens le plus large, aura été la principale victime de la crise. La chute des prix du gaz naturel (et surtout du GNL) a été tout aussi spectaculaire que celle du pétrole, et dans le sillage, le charbon, malgré la résilience des importations chinoises, a connu un net recul. Mais le pétrole a entraîné dans sa chute les biocarburants comme l’éthanol et donc le maïs et le sucre qui a connu un des plus forts replis de ces quatre premiers mois de 2020.

■ Riz, blé, café    

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La situation a été plus contrastée pour les autres produits alimentaires avec des prix soutenus voire en hausse pour le riz et le blé du fait de la crainte de manquer de la part de certains importateurs comme l’Egypte et l’Algérie et de quelques exportateurs dans la mer Noire et en Asie. Par contre, les modifications des modèles de consommation ont pesé, tout comme les problèmes de logistique, sur les prix des viandes et des produits laitiers. Curieusement, la fermeture des cafés et restaurants n’a pas affecté la demande et les prix du café se sont nettement raffermis depuis février.

■ Coton, métaux non ferreux
Bien entendu, les matières premières industrielles ont été directement touchées par la «panne» de la demande. Cela a été le cas du coton comme du caoutchouc tout comme de la plupart des métaux non ferreux. Début avril, toutefois, la perspective de la reprise chinoise a provoqué un léger rebond des prix, notamment du cuivre et de l’aluminium. Par contre, les économistes soulignent l’extraordinaire stabilité du minerai de fer sur toute la période grâce à la pérennité de la demande chinoise. Enfin, comme il fallait s’y attendre, l’or (en hausse de 13%) a été à la fête même si le confinement risque de remettre en cause la saison des mariages en Inde.

■ Fruits et légumes

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Les secteurs des fruits et légumes tant celui du frais que celui du transformé sont évidemment largement impactés par la crise du Covid-19, mais ses effets sont extrêmement différents d’un produit à un autre. Aussi, au-delà des conditions de production (quelques gels tardifs en avril dans certaines régions européennes), c’est bien la disponibilité en main-d’oeuvre qui conditionnera les volumes de production disponible pour les fruits d’été (cerise, abricot, pêche, nectarine) et plus tard pour les récoltes de pomme et de poire à la sortie de l’été. Les campagnes d’agrumes se déroulent, voire se terminent dans d’excellentes conditions commerciales. Les agrumes sont restés, comme la banane, un des basiques des rayons fruits et légumes. Côté transformation, on retiendra la ruée sur le jus d’orange. Le secteur englué dans une crise sans fin sortirait miraculeusement la tête de l’eau.

■ Déclin des prix
La tendance générale avant la crise était celle d’un déclin des prix sur des marchés presque tous marqués de situations excédentaires aggravées par les craintes entretenues par l’éventualité d’un ralentissement chinois. La pandémie est venue de Chine et pourtant les importations chinoises ont moins diminué que l’on aurait pu l’imaginer. Et l’effondrement le plus spectaculaire, celui du pétrole a été provoqué à l’origine par les producteurs eux-mêmes et au premier chef par l’Arabie saoudite. Ce n’est que dans un deuxième temps que la consommation mondiale s’est effondrée. Au total, les indicateurs ont diminué de 42% entre le début janvier et la fin avril. Si l’on ne prend pas en compte le pétrole, la baisse n’est plus que de 10%.

                                                                          

■ Les viandes, d’une pandémie à l’autre

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Le choc du Covid-19 implique plusieurs conséquences pour le marché des viandes: baisse de la consommation (car baisse du  niveau de vie), manque de main-d’œuvre domestique et étrangère dans les entreprises de transformation (abattoirs) et perturbation de la logistique nécessaire au commerce (disponibilité des conteneurs maritimes, camions, emballage). S’ajoute l’effondrement des prix du pétrole dans nombre de pays pétroliers et fortement acheteurs de viande (Arabie saoudite, Algérie, Mexique, Nigeria, Russie…). Le ministère de l’Agriculture américain (USDA) anticipe un recul de la consommation mondiale de viande d’environ 1%, après des années de croissance entre + 1 et 2%. La fermeture des restaurants, des cantines et des chaînes de restauration rapide, l’effondrement du tourisme impactent la consommation de viande.

Fatim-Zahra TOHRY
(Photos AFP)

 

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