×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Finances-Banques

Aradei Capital: «Nous attendons le moment propice pour l’IPO»

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5777 Le 08/06/2020 | Partager
La cotation en Bourse inscrite dans la vision de la foncière
La société renforce son tour de table
Les impacts de la pandémie du Covid-19 se font toujours attendre
nawfal-bendefa-077.jpg

Pour Nawfal Bendefa, PDG de Aradei Capital, «l’immobilier locatif bien géré et aux standards internationaux sera gagnant sur le moyen terme après cette crise» (Ph. NB)

- L’Economiste: La crise qu’engendre la pandémie de Covid-19 aura indéniablement des répercussions sur les comptes d’Aradei Capital. A combien estimez-vous l’impact sur le court terme?
- Nawfal Bendefa:
Il est trop tôt pour chiffrer l’impact exact. Cela dit, il faut rappeler que la moitié de notre activité est liée à la distribution alimentaire et en particulier avec notre actionnaire et partenaire Label’Vie. Une activité qui s’est bien portée malgré la conjoncture. Pour le reste en effet, notre souci à ce stade est de pouvoir soutenir nos partenaires locataires et redémarrer ensemble l’activité. Notre énergie est dirigée vers la mise en place des mesures sanitaires nécessaires pour assurer une reprise saine et rassurante pour nos clients et partenaires.

- Qu’en est-il de vos chantiers en cours?
- Nos chantiers de construction ont déjà redémarré à Témara et à Agadir. Nous allons donc pouvoir maintenir la livraison de ces actifs pour cette année. Par ailleurs, je pense que notre pipeline de projets sera revu en fonction de la cadence de reprise du pays mais je suis optimiste, l’immobilier locatif bien géré et aux standards internationaux sera gagnant sur le moyen terme après cette crise.

- Avez-vous concédé un abandon de loyers en faveur de vos locataires?
- Nous avons annoncé les mesures individuellement à chacun de nos partenaires locataires. En tant que foncière, nous sommes conscients que nous évoluons dans un écosystème dans lequel nos destins bailleurs et preneurs sont liés. C’est pourquoi, Aradei Capital a décidé, par solidarité, et avec la volonté d’accompagner ses locataires à surmonter cette crise, d’octroyer un abandon de loyer pendant la période de confinement en contrepartie de quelques conditions usuelles. Il faut savoir qu’en face de cet abandon, nous ne bénéficions d’aucune mesure qui nous permettrait de la compenser, même partiellement. Cela dit, la solidarité avec nos partenaires est importante.

- Vous venez d’intégrer un nouvel actionnaire, Public Investment Corporation (PIC), dans le tour de table d’Aradei Capital. Quel en est l’intérêt?
- PIC est un asset manager qui gère un portefeuille conséquent en Afrique. La société contrôle plus de 10% de la Bourse d’Afrique du Sud en plus d’un portefeuille d’investissements directs et non cotés. Leur équipe immobilier a une expérience en immobilier locatif en direct ainsi qu’à travers des participations dans des foncières, et donc connaît bien le secteur.
Cela dit, une transaction pareille témoigne de plusieurs éléments. D’abord que le Maroc est attractif d’un point de vue macroéconomique malgré une conjoncture difficile. Puis, que l’attractivité du secteur de l’immobilier locatif ainsi que le positionnement de Aradei Capital dans ce secteur ont été jugés idoines par eux.

- Comment êtes-vous parvenus à finaliser la transaction pendant cette crise?
- Au moment où Aradei Capital a décidé d’ouvrir son capital, les équipes de REIM Partners, la société de gestion, ont démarré un road show international avec un arrêt en Afrique du Sud pour rencontrer les acteurs de la place. Nous avons globalement constaté que le Maroc est attractif pour ces acteurs. Nous avons donc avancé dans ce sens. Ensuite, nous avons eu beaucoup de chance aussi bien de notre côté que du côté de PIC de non seulement d’avoir une envie forte de concrétiser la transaction, mais également d’avoir à nos côtés nos conseils juridiques, financiers et fiscaux. Je les remercie et les salue au passage, car ils n’ont ménagé aucun effort malgré la situation de crise pour s’assurer de la bonne finalisation de la transaction.

- Un emprunt obligataire en 2018, une augmentation de capital en 2020, pourquoi pas une nouvelle dette tout simplement?
- Cette augmentation de capital s’est faite dans le cadre du financement de notre pipeline identifié. Notre modèle est de faire appel au marché pour financer les investissements avec une stratégie mixte entre l’endettement et les fonds propres. Nous faisons l’arbitrage entre les deux sources de financement en prenant compte de plusieurs paramètres incluant le maintien d’un taux global d’endettement cible.

- Quid de l’introduction en Bourse. Est-elle toujours d’actualité?
- Le mot cotation fait partie de notre vision. Il est clair que tant que notre vision n’aura pas changé, l’équipe de la société de gestion continuera à travailler dans ce sens. Maintenant, pour une introduction en Bourse réussie, il faut que le marché soit propice. Et donc le moment venu, nous soumettrons la proposition à nos actionnaires.

- Et la transformation en OPCI…
- Cette transformation n’est pas possible selon le texte de loi de l’OPCI actuel. Il y avait un délai dans la loi pour les transformations et malheureusement ce délai avait expiré avant la sortie de tous les textes liés au produit. Cela dit, il est important de rappeler que l’OPCI n’est qu’un mécanisme fiscal et que rien n’empêche une société anonyme de fonctionner comme un REIT et d’être cotée en Bourse sans cette transformation. D’ailleurs en France, vous verrez que les SIIC (Société d’investissement en immobilier cotée) et les OPCI sont deux produits distincts.

Pas d’essoufflement pour l’immobilier locatif

Pour Nawfal Bendefa, patron d’Aradei Capital, «c’est plutôt le contraire. Même si la situation est difficile pour l’ensemble des acteurs économiques, elle reste conjoncturelle». Il anticipe une mutation des standards de l’immobilier commercial, à la sortie de cette crise,  qui sera probablement un moteur de croissance pour l’activité de la foncière. «Post-Covid, une demande devrait naître rapidement du fait de la distanciation physique et des mesures sanitaires mises en place. L’immobilier locatif, géré de manière professionnelle, aura la capacité de mettre en place les mesures sanitaires nécessaires et adaptables en fonction des espaces et à introduire les mesures de contrôle plus facilement», se projette-t-il. Il devrait ainsi être plus attractif pour les locataires et les clients.  Il faut aussi rappeler que la quote-part immobilier constitue par exemple environ 70% de l’investissement qu’un industriel ou commerçant dépenserait pour réaliser une usine ou un magasin grand format. Avec la relance économique post-crise et la réorientation des ambitions du pays, notre rôle en tant que foncière sera crucial pour pouvoir permettre à ces acteurs de réaliser cette croissance plus facilement. 

Propos recueillis par Moulay Ahmed BELGHITI

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc