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Société

Violence à l’égard des femmes: «Les statistiques ne confirment pas une hausse»

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5776 Le 05/06/2020 | Partager
Les données du Parquet et du HCP font plutôt état d’un recul des cas, selon Moussali
Une étude pour déterminer l’impact du confinement sur la violence conjugale est néces­saire
63 centres de prise en charge et d’accompagnement des vic­times
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Pour Jamila Moussali, si les données officielles ne montrent pas une hausse des cas de violence conjugale durant la période de confinement, ce contexte particulier a conduit à l’augmentation de la pression au sein des ménages, notamment à cause des nouvelles obligations des femmes, renforçant davantage la vulnérabilité de cette catégorie (Ph. Bziouat)

Depuis l’entrée en vigueur de l’état d’urgence sanitaire, les ONG ont multiplié les alertes concer­nant l’exposition des femmes à la violence au sein des ménages. Les groupes parlementaires de la Chambre des représentants se sont appropriés ce dossier. C’est dans ce cadre que Jamila Moussali, mi­nistre du Développement social, de la Femme et de la Solidarité, a été interpellée lors d’une réunion de la Commission des secteurs sociaux.

Au moment où les groupes parle­mentaires pointaient une hausse du nombre des cas de femmes vic­times de violence à cause du confi­nement, la ministre a pointé «l’ab­sence d’une étude sur l’ampleur de la violence conjugale durant cette pandémie». Elle a estimé que les données publiées par certaines insti­tutions publiques ne confirment pas cette hausse potentielle des cas de violence.

Par exemple, «les données du Parquet général font état de 292 plaintes de femmes victimes de ce genre de pratiques entre le 20 mars et le 20 mai derniers. Ce qui consti­tue une baisse importante par rap­port à la période précédente», a noté la ministre. Idem pour les données publiées par le HCP dans le cadre de son rapport sur l’impact écono­mique, social et psychologique de la pandémie sur les ménages. Selon ce document, «72% des familles interrogées n’ont fait état d’aucun effet du confinement notamment en matière de violence, contre 18% ayant pointé un impact important dans ce domaine», a-t-elle souligné.

Pour Moussali, «ces statistiques ne pointent pas directement une aug­mentation de la violence. Une chose est sûre, la situation de confine­ment s’est traduite par une pression supplémentaire sur les ménages en général, et sur les femmes en par­ticulier, notamment à cause de la multiplication des tâches imposées par le contexte particulier, comme le suivi de l’enseignement des en­fants». D’où l’importance, selon elle, d’une étude qui se penche sur la question de savoir si cette pression s’est traduite par des cas de violence contre les femmes.

Quoi qu’il en soit, un disposi­tif de protection de cette catégo­rie des femmes a été mis en place. Aujourd’hui, le Maroc compte 63 centres de prise en charge des vic­times de violence ou des personnes en situation de vulnérabilité. «Ces unités réunissent toutes les condi­tions permettant d’assurer l’accueil, l’accompagnement et l’orientation des victimes», selon Moussali. Pa­rallèlement, une plateforme électro­nique dédiée, Kolona Maak, a été lancée le 29 mai dernier, en parte­nariat avec l’Union nationale des femmes du Maroc.

Un protocole de protection, prévu par la Déclaration de Marrakech, est actuellement en cours de finalisation, comme l’a in­diqué la ministre. Une stratégie glo­bale de lutte contre ce phénomène est dans les dernières phases de consultation avant sa présentation, a-t-elle fait savoir. Entre-temps, une campagne de sensibilisation a été lancée il y a quelques semaines, pour alerter sur les risques d’aug­mentation de la violence dans les ménages à cause du contexte parti­culier du confinement.

Concernant le renforcement des capacités des femmes, Moussali a rappelé que c’est l’un des prin­cipaux mécanismes de protection des femmes. Un programme natio­nal d’émancipation économique des femmes est fin prêt, selon la ministre. Celle-ci a interpellé la présidente de la Commission des secteurs sociaux de programmer une réunion pour présenter ce docu­ment.

Quid de la protection des enfants

Au-delà de la question de la lutte contre la violence à l’égard des femmes, Jamila Moussali a été également interpellée sur le dispositif en faveur d’autres catégories vulnérables, notamment les enfants. La ministre a mis l’accent sur «la mise en place d’un plan d’action visant à assurer des prestations d’urgence au sein des centres de protection sociale pour enfants en situation de rue. Un soutien a été également fourni aux ONG actives dans la lutte contre les répercussions négatives du confinement sur cette caté­gorie. Depuis l’instauration de l’état d’urgence sanitaire, plusieurs groupes d’enfants sans domicile fixe ont été transférés vers des centres de prise en charge, et certains d’entre eux ont bénéficié d’action de réinsertion au sein des familles, a-t-elle souligné.

M.A.M.

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