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Économie mondiale post-Covid: Quel rôle pour le partenariat économique Maroc -UE?

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5773 Le 02/06/2020 | Partager
Industrialiser le pays et assurer la transition digitale en priorité
Des panelistes de haut niveau participent à la réflexion de l’UEMF

Dans un contexte où les stratégies d’investissements des entreprises européennes évolueront certainement vers une réduction d’une trop grande dépendance de l’Asie en général et de la Chine en particulier, l’Université Euromed de Fès (UEMF) vient d’organiser un webinaire pour esquisser l’avenir du partenariat économique Maroc-UE post-Covid.

Animée par un panel de haut niveau, la visioconférence était l’occasion de débattre des alliances économiques stratégiques entre l’UE et le Maroc, la stratégie à mettre en place par secteur, et les instruments à mobiliser. Décryptage.

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Les participants au webinaire sur le partenariat Maroc-UE post-Covid ont appelé à consolider les relations et travailler ensemble sur l’investissement, la convergence réglementaire et l’économie digitale et verte (Ph. YSA)

■ Actualiser le logiciel des relations Maroc-UE
Le RIEMAS (Research Institute for European, Mediterranean and African Studies) de l’UEMF est un think-tank nécessaire pour développer des réflexions et des «policy-recommendations» pour l’avenir de la grande région Europe-Méditerranée-Afrique. Inscrit dans l’ADN de cette université, cet institut de recherche s’est penché sur «l’avenir des relations Maroc-UE», dans un contexte mondial fortement marqué depuis quelques semaines, et probablement de façon durable, par la crise du Covid-19 et ses répercussions socio-économiques. D’emblée, les hôtes de ce webinaire ont rappelé «qu’entre le Maroc et l’UE existe une relation ancienne, riche et dense, mais qui est appelée aujourd’hui à se réinventer et se projeter sur un avenir commun qui correspond au mieux à leurs ambitions respectives». En guise d’introduction, quelques éléments d’analyse ont été présentés par Fathallah Sijilmassi, ancien ambassadeur. Le premier concerne le cadre juridique, institutionnel, actuel des relations Maroc-UE et celui de l’accord d’association et qui a été défini en 1996. Or, ni le Maroc, ni l’UE, ni la Méditerranée, ni l’Afrique, ni même le monde, ne sont les mêmes en 2020 par rapport à ce qu’ils étaient il y a 24 ans. Ni même par rapport à 2008, date à laquelle le Maroc a obtenu le statut avancé dans sa relation avec l’UE. «Le besoin d’actualiser le logiciel de la relation est donc bien là. Et c’est précisément ce qu’a relevé le dernier conseil d’association Maroc-UE, tenu à Bruxelles en juin 2019», souligne l’ancien SG de l’UPM.

■ Industrialisation, innovation et digitalisation en priorité
«L’UE est en train de réfléchir à une stratégie de relocalisation pour plusieurs secteurs. C’est à la fois une opportunité et une menace pour le Maroc», estime Mostapha Bousmina, président de l’UEMF. « Cela s’accompagnerait d’une montée du nationalisme en Europe, ce qui nous pousse vers un nouveau modèle de développement qui priorise l’industrialisation du pays». Seule manière, selon lui, d’assurer la souveraineté économique du Royaume face à une remontée du populisme en Europe. Pour éviter ce scénario, l’investissement dans l’industrie doit être favorisé par rapport aux autres investissements, tout en privilégiant la technologie et la recherche et développement. A noter que le Maroc joue un rôle très important et stratégique dans le cadre de relations triangulaires Europe-Maroc-Afrique. «Notre pays dispose d’une véritable politique africaine clairvoyante. Cependant, je pense que l’Europe devrait traiter le Maroc à sa juste valeur, car notre pays représente pour le continent européen la proximité, la stabilité, la fiabilité, la compétitivité et surtout la sécurité en régulant les flux migratoires. Le politique doit faire son travail pour consolider les relations maroco-européennes et les inscrire dans cette vision globale d’intégration régionale…et surtout éviter le divorce», estime Bousmina.

■ Renforcer la compétitivité et l’intégration régionale
Produit d’un partenariat réussi entre le Maroc et l’UE, l’UEMF a récemment bénéficié d’un appui financier de l’ordre de 500.000 euros. «Ce montant, accordé par la Banque européenne d’investissement (BEI), a financé l’acquisition d’équipements informatiques (ordinateurs et connexion internet) au profit d’étudiants nécessiteux». Mieux encore, «pour soutenir les efforts du Maroc à même de sortir de cette crise, la BEI a accéléré tous les déboursements de prêts pour aider les entreprises qui manquent de liquidités», a indiqué Anna Barone, la représentante de la BEI au Maroc. Et de poursuivre: «Nous avons également mobilisé toutes les lignes de crédit pour apporter des fonds de roulement nécessaires aux entreprises pour continuer leurs activités dans ce contexte et effectuer des investissements dans les domaines sanitaires, notamment pour l’acquisition du matériel médical nécessaire et le renforcement des infrastructures sanitaires». Sur le long terme, l’objectif de la BEI est de préparer la sortie de la crise et soutenir les projets qui s’inscrivent dans les politiques publiques. «Le Conseil d’administration de la BEI avait approuvé une réponse à la pandémie qui permettra de fournir jusqu’à 5,2 milliards d’euros en dehors de l’Union européenne (UE)», a rappelé Barone notant que «dans le contexte de la crise sanitaire où l’UE pense à la redéfinition des chaînes de valeurs, le Maroc se trouve dans une position où il doit pouvoir exploiter ses avantages compétitifs». Le Royaume doit aussi profiter de cette opportunité à travers sa proximité géographique et ses relations de partenariat avec l’UE. Puisqu’il est un vrai partenaire fiable et un relais de compétitivité pour l’Europe.

                                                                              

Ce que pèse le partenariat Maroc-UE

Pour le Maroc, l’UE est le premier partenaire économique. En chiffres, elle représente 66% de ses exportations, 55% de ses importations, 71% de ses IDE, 74% de ses recettes touristiques, 70% des transferts des MRE. Et pour l’UE, le Maroc est le 25e partenaire commercial avec un peu moins de 1%. Il y a globalement une montée en puissance des relations économiques Maroc-UE. Toutefois, celles-ci demeurent marquées par un déficit commercial grandissant.

Notons au passage que le Maroc est le 12e excédent commercial pour l’UE, et par un flux d’IDE qui reste modeste au regard du potentiel qui existe aujourd’hui. Et c’est précisément sous l’effet de la triple dynamique d’un cadre juridique à actualiser, un potentiel inexploité, notamment le nouveau profil économique du Maroc à la fois fort à l’intérieur et dans sa projection africaine, et un nouveau contexte créé par la crise, qu’il faut réfléchir ensemble à des pistes d’évolution des relations Maroc-UE sur des bases innovantes.

A ce titre, une vision stratégique qui permet aux chaînes de valeur de se restructurer et au Maroc et à l’UE de concevoir ensemble un espace commun de coproduction, est vivement recommandée. Cet espace serait pionnier et structurant dans l’axe Europe-Méditerranée-Afrique.

«Il faut réfléchir au-delà de l’aspect quantitatif sur les contours du contenu de cette relation stratégique avec la centralité retrouvée de secteurs essentiels à la vie tels que l’éducation, la santé, l’alimentation et l’écologie, mais également aux piliers du monde de demain qui sont l’innovation, la digitalisation, et l’intelligence artificielle», souligne Sijilmassi.

Youness SAAD ALAMI

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