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Economie

Tourisme/ouverture des frontières: «Il faut décider maintenant!»

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5773 Le 02/06/2020 | Partager
Il est impératif de donner de la visibilité aux compagnies aériennes et TO
«Ou on va rater 2021»
Tunisie, Grèce, Turquie…Les concurrents sont en train de remplir leurs carnets de commandes
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«Il y aura certainement des établissements qui vont rester fermés cet été vu le très faible taux d’occupation. Tourner avec un taux d’occupation de 10% ne peut même pas permettre au gestionnaire de payer ses charges», alerte Abdellatif Kabbaj, président de la CNT (Ph. DR)

Pour Abdellatif Kabbaj, président de la Confédération nationale du tourisme (CNT), il faut rapidement informer les compagnies aériennes de la date de l’ouverture des frontières pour réserver leurs slots, sinon elles iront ailleurs. Idem pour les TO pour préparer leurs offres. Le Maroc est déjà très en retard. Toutes les destinations touristiques concurrentes sont à pied d’œuvre pour la reprise de leur activité en communiquant d’abord sur la réouverture de leur ciel et celle des établissements et lieux touristiques. La Tunisie, la Grèce, la Turquie sont en train de remplir leurs carnets de commandes.
 
- L’Economiste: Le secteur du tourisme traverse sa pire crise. Comment imaginez-vous un plan de relance?
- Abdellatif Kabbaj:
Je le résumerais en une phrase, «faire parler du Maroc et redonner confiance aux touristes». C’est de cela dont nous avons besoin en plus d’un accompagnement de l’Etat, des banques… Nous avons eu beaucoup de témoignages en faveur du Maroc et nous devons capitaliser sur cela pour travailler sur une éventuelle reprise en septembre.

- Et le tourisme interne?
- Vous savez, habituellement, le tourisme interne additionné à l’événementiel réalise 30% des volumes des arrivées et des nuitées. Après cette crise, et même si nous allons proposer des prix très attractifs, il est probable que l’on ne réalise pas ce taux. Et quand bien même nous y arrivions, ce n’est pas suffisant pour remplir la capacité hôtelière (4.000 hôtels). Il y aura certainement des établissements qui vont rester fermés cet été vu le très faible taux d’occupation. Tourner avec un taux d’occupation de 10% ne peut même pas permettre au gestionnaire de payer ses charges.
 
- Plusieurs pays ont annoncé la réouverture des frontières pour relancer leurs activités touristiques. Qu’en est-il du Maroc? Qu’en pensent vos partenaires étrangers (TO)?
- Il est anormal que le Maroc n’annonce aucune date pour la réouverture des frontières. Nous avons alerté dès la première heure sur l’état de fébrilité intense auquel a été soumis le secteur du tourisme suite aux mesures contraignantes mais certes nécessaires qui ont été installées. Tous les professionnels du tourisme ont géré de manière responsable cet état de fait. A l’heure actuelle, nous avons besoin de visibilité quant à la levée des restrictions liées à l’accessibilité de notre destination et à la mobilité à l’intérieur du Royaume. Les compagnies aussi ont besoin de cette visibilité. La programmation se fait à 9 mois à l’avance. Et les premiers qui ouvrent leurs frontières sont les premiers servis. A ce stade, le Maroc est très en retard. Toutes les destinations touristiques concurrentes sont à pied d’œuvre pour la reprise de leur activité en communiquant d’abord sur l’ouverture de leurs frontières et la réouverture des établissements et lieux touristiques. La Tunisie, la Grèce, la Turquie sont en train de remplir leurs carnets de commandes.

- Les autorités sont en train de préparer des normes pour les hôtels. Avez-vous été concerté en tant que professionnel pour ces normes? Et êtes-vous prêts pour des dépistages massifs?
- C’est vrai, des normes sont en cours de préparation. Il y a eu un retard dont sont responsables aussi bien les autorités que les professionnels à propos du choix du bureau de certification. Je crois savoir que dès cette semaine, une première version de ce protocole sera communiquée aux opérateurs qui auront deux semaines pour mettre en place ces mesures. Maintenant, rien que le parc hôtelier compte 4.000 établissements, je vous laisse imaginer le temps que cela va prendre. Pour les dépistages et s’il est nécessaire et que les tests sont disponibles, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour rassurer et sécuriser le personnel et le client.
 
- Vous avez, et à plusieurs reprises, demandé une aide au secteur mais on a l’impression que les professionnels du tourisme ne sont pas audibles…

- Je pense que la ministre du Tourisme fait ce qu’elle peut. Le plan de relance de notre secteur à été noyé avec les autres, oubliant que notre industrie est capitalistique et porte de nombreux enjeux en termes d’emplois directs et indirects... Il devrait être prioritaire.

- Certains estiment que les opérateurs du tourisme sont dans l’exagération et trouvent en cette crise un prétexte pour se débarrasser du personnel. Que leur répondez-vous?
- D’abord, le capital humain est très important pour notre secteur et il est au cœur du plan de relance que nous avons proposé. Le problème pour le tourisme est que la reprise sera très lente. Au mieux à partir d’avril 2021, si toutes les conditions dont on a parlé précédemment sont réunies. Vous savez, on travaille par saison, et on a raté celle du printemps 2020, aussi repart-on de zéro. L’OMT l’a confirmé d’ailleurs, le nombre de touristes dans le monde pourrait reculer de 60 à 80% à cause de cette pandémie.

Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

 

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