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Covid-19: L’humanité souffre d’«infoxication» scientifique

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5772 Le 01/06/2020 | Partager
Contre-vérités et amalgames, le vrai du faux d’une infection traitable à la chloroquine
Avidité des big pharma: Les médecins crient au «ras-le-bol»
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Pour Dr Mounir Mikou, anesthésiste, chercheur en sciences humaines, membre de l’Alliance des Istiqlaliens: «certains laboratoires pharmaceutiques voient dans cette crise sanitaire l’aubaine de faire des profits financiers… Le Maroc y voit l’opportunité de sauver des vies. L’efficacité et l’exemplarité de la gestion de cette crise sanitaire inédite par le Royaume sont applaudies dans le monde». (Ph YSA)

- L’Economiste: Suite à la publication de l’étude de «The lancet», l’OMS a suspendu les essais du traitement à la chloroquine, la France a abrogé le décret autorisant l’hydroxychloroquine. Le Maroc, lui, dit avoir toutes les raisons de garder ce protocole. Qu’en pensez-vous?

- Mohammed Mounir Mikou: Parfaitement. L’efficacité et l’exemplarité de la gestion de cette crise sanitaire inédite par le Royaume sont applaudies dans le monde. Un monde qui s’est réveillé, en décembre dernier, sur l’apparition en Chine d’un nouveau type de coronavirus, caractérisé par une contagiosité élevée et une mortalité importante surtout pour nos aînés. La communauté médicale mondiale était aux aguets dans l’attente des rapports des autorités sanitaires chinoises afin de pouvoir se préparer à la riposte internationale en cas d’exportation du virus. En l’absence d’un traitement clairement efficace contre ce nouveau virus, les médecins chinois ont eu la brillante idée d’essayer de traiter les patients infectés par un ancien médicament qui a prouvé son efficacité dans d’autres pathologies : la chloroquine. Leurs premiers articles médicaux ont rapporté une efficacité concernant la réduction de la mortalité du Covid19. Prudence et crédibilité devaient être de mise. Aussi, une étude sur le plan méthodologique devait être démarrée pour pouvoir généraliser son utilisation à grande échelle. Sans plus attendre, le Maroc a réuni son comité scientifique et technique qui comprend d’éminents professeurs et a tranché en faveur du protocole basé sur la chloroquine. Ce traitement a aujourd’hui prouvé son efficacité thérapeutique.

- Le ministère de la Santé s’est aligné sur les convictions de l’infectiologue français Didier Raoult…
- Une des premières études menées en dehors de la Chine a été celle du professeur Didier Raoult. L’étude de cet éminent infectiologue marseillais, primé sur le plan international, a démontré une efficacité d’un protocole associant la chloroquine à un antibiotique (azithromycine) sur un petit nombre de patients. Cette étude préliminaire ouvrait la porte à d’autres de plus grande envergure avec une méthodologie plus stricte prospective en double aveugle. Cet espoir naissant a été rapidement pris pour cible par bon nombre de médecins d’une façon insensée et non fondée en se prévalant de nombre réduit des patients incriminés. En attendant d’y voir clair et en absence de médicaments efficaces, le monde a confiné la moitié de sa population avec arrêt de la roue économique, causant des pertes de 4.000 milliards de dollars, selon la banque asiatique de développement. Soit une baisse de 2,3 à 4,8% du PIB mondial selon ses meilleures estimations. Cela a transformé la pandémie virale en pandémie économique. Le Maroc n’a pas échappé à la règle et a décidé d’une façon précoce de lancer la riposte en confinant la population et en utilisant, faute de mieux, le protocole dit «Raoult». Les pertes économiques pour le Royaume sont estimées à près d’un milliard de DH par jour.

- Quelle est la valeur scientifique de l’article de la revue britannique?  
- Certains laboratoires pharmaceutiques voient dans cette crise sanitaire l’aubaine de faire des profits financiers soit en découvrant de nouveaux médicaments ou vaccins (domaine de recherche ne garantissant pas un résultat rapide et fructueux), soit en mettant en avance l’efficacité douteuse de certains médicaments onéreux grâce à des études financées par les mêmes laboratoires. Ce qui faisait exploser leurs bénéfices en bourse. Dans la suite de ce feuilleton sordide, apparaît une étude britannique rétrospective utilisant les «Big Data» dans la prestigieuse revue médicale «The Lancet» et qui fait ressortir comme conclusion, l’inefficacité de la chloroquine pour le traitement du Covid-19. Cette étude comporte plusieurs biais méthodologiques dont le principal est le caractère grave et évolué des patients traités par la chloroquine alors que cette dernière molécule est prescrite dans le protocole de référence dès le diagnostic suspecté et avant l’aggravation de l’état clinique des personnes infectées. Suite à cette parution, la pression du tout puissant lobbying des laboratoires et compagnies pharmaceutiques a obtenu la suspension des tests cliniques supervisés par l’OMS et l’arrêt de la seule étude multicentrique valable méthodologiquement qui comparait la chloroquine aux autres antiviraux (Etude Discovery). Devant cet amalgame et malgré les critiques qu’on peut porter sur la manière d’analyser la situation, surtout concernant les capacités de dépistage des personnes infectées, il reste néanmoins que les pays qui ont adopté un protocole uniformisé utilisant le protocole chloroquine ont une mortalité moindre mais qui reste à confirmer.

- Plusieurs contre-vérités entourent cette maladie au point d’engendrer un manque de confiance et de crédibilité chez le public. On ne sait plus qui croire…
- Les médecins et scientifiques marocains crient  au «ras-le-bol» du comportement avide des compagnies pharmaceutiques surpuissantes qui arrivent à tromper même les revues scientifiques les plus prestigieuses. A ce titre, il faut noter que le rédacteur en chef de la revue «The Lancet», Richard Horton, a rendu compte d’une réunion secrète qui a eu lieu en avril 2015 entre les différents rédacteurs en chef des meilleurs revues internationales s’occupant de la recherche médicale et a précisé notamment, je cite: «Une grande partie de la littérature scientifique, peut être la moitié, est peut être tout simplement fausse. Encombrée par des études portant sur des échantillons de petite taille, avec des effets minimes, des ridicules articles parlant des fumeurs de tabac et de cannabis qui seraient protégés contre l’infection au Covid19, des analyses exploratoires invalides et des conflits d’intérêts flagrants, polluée par l’obsession de suivre des tendances à la mode dont l’importance est douteuse, la science a pris un virage vers l’obscurantisme.

Responsabilité face aux générations futures

Comme le disent certains , «les mauvaises méthodes donnent des résultats». Face à ces enchaînements «chaotiques», l’humanité a besoin de panser ses souffrances et de se remettre en question. Et ce, en réalisant une réforme sérieuse et profonde des systèmes économiques influençant d’une façon néfaste la vie des milliards de personnes. Si on ne profite pas de cette occasion (pandémie du Coronavirus) pour le faire, des générations futures continueront à payer le prix et nous en serons responsables.

Propos recueillis par Youness SAAD ALAMI

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