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Economie

Efficacité de l’Hydroxychloroquine: Des craintes… et un débat scientifique très médiatisé

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5769 Le 27/05/2020 | Partager
«Par précaution», les essais cliniques suspendus temporairement par l’OMS
Une étude publiée dans la revue The Lancet suscite des doutes
Pour Didier Raoult, «l’étude est foireuse car réalisée par des gens qui n’ont pas vu de patients…»
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Par mesure de précaution, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé avoir suspendu «temporairement» les essais cliniques avec l’hydroxychloroquine qu’elle mène avec ses partenaires dans plusieurs pays (rappelons que le Maroc compte parmi ceux ayant recours à ce traitement).

Cette décision fait suite à la publication d’une étude dans la revue médicale The Lancet (https://www.thelancet.com). Celle-ci jugeant que «ni la chloroquine, ni son dérivé l’hydroxychloroquine ne se montrent efficaces contre la pandémie Covid-19 chez les malades hospitalisés et ces molécules augmenteraient même le risque de décès et d’arythmie cardiaque».

L’étude a analysé des données d’environ 96.000 patients infectés par le virus SARS-CoV-2 admis dans 671 hôpitaux entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020, sortis ou décédés depuis. Environ 15.000 d’entre eux ont reçu l’une des quatre combinaisons (chloroquine seule ou associée à l’antibiotique, hydroxychloroquine seule ou associée à ce même antibiotique), puis ces quatre groupes ont été comparés aux 81.000 malades du groupe témoin n’ayant pas reçu ce traitement.

Les essais seront «suspendus temporairement le temps que les données recueillies par les essais Solidarité soient examinées», a indiqué le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d’une conférence de presse virtuelle. Il a fait remarquer que ces «médicaments étaient toujours considérés comme ne présentant pas de danger pour les patients atteints de maladies auto-immunes et de paludisme».

L’OMS a lancé il y a plus de deux mois des essais cliniques portant notamment sur l’hydroxychloroquine, baptisés «Solidarité», dans le but de trouver un traitement efficace contre la Covid-19. Actuellement, «plus de 400 hôpitaux dans 35 pays recrutent activement des patients et près de 3.500 patients ont été recrutés dans 17 pays», a expliqué le patron de l’OMS cité par la presse étrangère.

Le sujet suscite un débat public et politique très médiatisé, suscitant de larges discussions dans le monde scientifique et dans les médias. L’hydroxychloroquine est un dérivé de la chloroquine, prescrite depuis plusieurs décennies contre le paludisme.

Connue en France sous le nom de Plaquénil, ce médicament est prescrit contre le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde. Il connaît depuis fin février une notoriété depuis que le professeur français Didier Raoult a rendu publiques plusieurs études, qui selon lui «montrent une efficacité de l’hydroxychloroquine associée à un antibiotique, l’azithromycine».

Il a d’ailleurs critiqué l’étude parue dans la revue The Lancet, la jugeant «foireuse car réalisée par des gens qui n’ont pas vu de patients…». «Je ne sais pas si ailleurs l’hydroxychloroquine tue mais ici elle a sauvé beaucoup de gens…», assure le Pr Didier Raoult. Et d’ajouter: «Comment voulez-vous qu’une étude faite avec les big data (masse de données) change ce que nous avons?...».

Pour ou contre

En dehors des essais cliniques, la France a restreint l’usage de l’hydroxychloroquine à l’hôpital uniquement et seulement pour les cas graves sur décision collégiale des médecins. L’agence française du médicament (ANSM) avait «particulièrement mis en garde contre les risques cardiaques liés à la combinaison HCQ et azithromycine».

Parce que les connaissances sont trop limitées, l’Agence européenne du médicament, notamment, estime, elle, que ces «médicaments ne devraient être utilisés que pour des essais cliniques ou des programmes d’urgence dans le cadre de protocoles stricts validés dans chaque pays». L’essai européen (Discovery) qui teste quatre traitements dont l’hydroxycholoroquine et qui suscitait beaucoup d’espoir se révèle plus compliqué que prévu, notamment faute de patients. Il ne livrera probablement pas de conclusions avant plusieurs semaines.

Aux Etats-Unis, l’agence du médicament (FDA) a «autorisé l’utilisation, mais uniquement à l’hôpital de manière adaptée, quand un essai clinique n’est pas disponible ou faisable». Le président américain, Donald Trump, qui «avait dit prendre ce médicament à titre préventif, a indiqué dimanche avoir arrêté». Le ministère brésilien de la Santé a annoncé d’autre part qu’il «maintiendrait sa recommandation d’utiliser l’hydroxychloroquine pour traiter le nouveau coronavirus, malgré la décision de l’OMS».

Deuxième vague?

Apparue fin décembre en Chine, la pandémie Covid-19 a fait près de 345.000 morts sur la planète. Alors qu’il n’existe aucun traitement, ni vaccin, de nombreux pays ont entamé leur déconfinement tout en maintenant les distances de sécurité et les gestes barrières pour éviter une possible deuxième vague. Interrogé sur cette hypothèse, Michael Ryan, chef du programme d’intervention d’urgence à l’OMS, «ne l’a pas écartée, tout en indiquant qu’elle pourrait être une réalité dans de nombreux pays dans un certain nombre de mois…».

F.Z. T.

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