×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Enquête Sunergia-L’Economiste: Les restrictions de sortie commencent à peser

Par Nadia SALAH | Edition N°:5758 Le 11/05/2020 | Partager
Seule une petite majorité sou­tient encore le confinement
L’optimisme pour l’après-crise reste bon, voire très bon

Les Marocains sont moins in­quiets, mais ils commencent (un tout petit peu) à canarder dans les familles et à s’ennuyer dans le confinement. C’est ce que révèle la 5e enquête de Sunergia pour L’Economiste, sur le vécu de la crise du coronavirus au Maroc.

Au bout de la 5e semaine de confi­nement, on commence à sentir la fa­tigue. Certes elle n’est pas majoritaire. Mais elle s’est installée au fond du tableau. On notera bien qu’à part les interdictions de sortir, toutes les autres mesures sont largement approuvées, par plus de deux Marocains sur trois.

inquietude-sante-058.jpg

Bien que (ou parce que?), il n’y a pas vraiment de débats sur l’efficacité, sur les comparaisons avec d’autres pays… l’opinion approuve encore plus que fin mars 2020, les mesures prises «à temps». On est passé de 85% d’ap­probation à 90%. Avec un échantillon aussi grand, la marge d’erreur tombe à plus ou moins 3%.

Autant dire qu’il y a une quasi-unanimité pour approuver le gouvernement. Il ne faut pas croire que la société civile dort tranquillement. Il ne faut pas croire non plus que la socié­té civile a peur de l’autorité. Soutenue par les technologies, elle s’est levée comme un seul homme contre le projet de loi liberticide 22-20. Elle a entraîné avec elle l’opposition et aussi la majo­rité gouvernementale. Le projet n’est pas encore abandonné. Il n’est plus sur le programme immédiat.

Les Marocains, râleurs et optimistes

Pour ce qui les concerne directe­ment, 63% d’entre les répondants sont «inquiets» ou «très inquiets» pour leur propre santé. Ces craintes personnelles fonctionnant avec une totale confiance dans les choix gouvernementaux méri­teraient une investigation de la part des sociologues. Et ce d’autant plus que deux pas plus loin, le même échantil­lon écrase ceux qui sont pessimistes sur l’issue de la crise. Les pessimistes plafonnent à 17% tandis que les opti­mistes caracolent à 82%. Là encore la marge d’erreur est très petite.

En revanche, certains profils ont modifié leur perception. Chacun aura remarqué que les intellectuels ou les responsables à quel que niveau que ce soit, souhaitent que «l’après-virus» ne ressemble pas à avant. Certains jugent le libéralisme déjà mort, d’autres ne veulent pas de système autoritaire… Tous parlent de justice et de couverture sociale. Ces prises de positions existent partout. Au Maroc, elles font preuve d’un dynamisme étonnant, malgré ou grâce au confinement.

A l’entrée de la crise, un quart des plus de 65 ans et des personnes les plus riches redoutaient la sortie. Ils sont de­venus un peu plus confiants. Il s’agit sans doute de l’effet des soutiens finan­ciers. Ils ne sont pas personnellement concernés. Ils le sont par l’environne­ment politique que ces aides peuvent créer. Ou pas. De manière étonnante, le sentiment des plus pauvres, ceux qui gagnent moins de 2.000Dh, était pour l’optimisme à 81%, fin mars. Celui-ci a baissé. Puis il est revenu à la même place cette semaine.

Depuis trente ans que L’Economiste fait faire des enquêtes (le plus souvent avec Sunergia), toutes montrent que les Marocains forment un peuple opti­miste, même dans les moments diffi­ciles. Râleur mais largement optimiste.

A propos de grogner, les restric­tions de sorties perdent nettement de leur poids. Elles étaient à 66% de «oui, c’est une mesure capitale» pour la pre­mière semaine. Elles sont tombées à 55%. C’est la plus forte des modifica­tions d’opinion que donne l’enquête. Est-ce que cette baisse d’approbation peut donner des difficultés sociales? Peut-être pas jusque-là, mais des diffi­cultés pour le maintien de l’ordre dans les rues, certainement.

Nadia SALAH

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc