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A distance, les étudiants ne comprennent pas les cours!

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5753 Le 04/05/2020 | Partager
Le ¼ ne saisissent pas les enseignements,et la ½ est confuse
Ils n’aiment pas travailler seuls
Les résultats d’une enquête de l’ENSAM Casablanca sondant 741 étudiants
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Suite au confinement, 41% des stages de fin d’études (dont le tiers réalisé à l’étranger) ont été suspendus, au grand dam des étudiants. Les entreprises n’étant, sans doute, pas en mesure d’offrir un encadrement adéquat. 55% des étudiants continuent, en revanche, leur activité en mode télétravail, mais plus de la moitié (54%) n’apprécient pas. Seuls 3% ont bien avancé dans leur projet de fin d’études (PFE), avec un taux de réalisation supérieur à 80%. La majorité peine à progresser. 43% ont achevé 10 à 30% de leur PFE, le quart en est entre 30 et 50%

Toutes les écoles et universités fonctionnent désormais en mode e-learning. Elles ont mis à disposition leurs ressources pédagogiques en ligne, enregistré des cours, et pour certaines, mis en place des classes virtuelles. Mais reste la grande question: La qualité du système proposé.

Car même les meilleures plateformes et connexions internet et les meilleurs outils informatiques ne garantissent pas forcément un bon enseignement. Surtout si la majorité des enseignants ne sont ni formés ni préparés à enseigner à distance, et si les étudiants ne sont pas familiarisés avec ce modèle pédagogique à part, disposant de ses propres règles et outils de travail. 

L’ENSAM Casablanca (université Hassan II) a sondé l’avis de ses étudiants (classes prépas, cycle ingénieur et master) quant au e-learning, à travers une enquête de satisfaction réalisée du  23 au 30 mars 2020. L’école d’ingénieurs a pu récolter les avis de 741 répondants. Les résultats sont édifiants. Les enseignements à tirer peuvent être utiles pour l’ensemble des établissements.

Pour commencer 8 étudiants sur 10 sont des «profanes du e-learning». Seuls 21% déclarent avoir déjà utilisé des plateformes de cours en ligne. «Ils se sont habitués depuis des années à suivre un enseignement transmissif en mode présentiel. Ils recourent simplement à des stratégies de mémorisation et de reproduction des connaissances, se retrouvent peu engagés et utilisent rarement les ressources dont ils disposent», relèvent les rédacteurs de l’enquête.

«Certains persistent à ne pas sortir de leur zone de confort, tandis que d’autres ont peur de l’inconnu, ce qui les incite à rester sur leurs gardes», expliquent-ils. Les étudiants, pourtant baignant depuis leur enfance dans les nouvelles technologies (digital natives) ne sont pas tentés de les utiliser, parce qu’en matière d’apprentissage, ils sont loin d’être autonomes.

56% se disent favorables au e-learning, car séduits par la liberté qu’il procure, malgré les difficultés techniques rencontrées (Chargement/téléchargement de documents, difficultés à comprendre le fonctionnement de la plateforme, à s’inscrire dans un cours…). Ils peuvent choisir librement leurs horaires et avancer à leur rythme. Cependant, il ne s’agit pas d’une majorité écrasante, puisque 44% ont fait part de leur insatisfaction.

En termes de compréhension des cours dispensés, près de la moitié (48%) sont restés indécis, hésitant entre le «oui» et le «non». Un quart, en revanche, avance comprendre parfaitement ses enseignements, tandis qu’un deuxième quart confie ne pas être en mesure de les assimiler.

1% travaille avec une tablette

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Difficile de suivre des cours à distance lorsqu’on n’est pas familiarisé avec ce mode d’apprentissage, et quand on manque d’autonomie. Dans les cursus techniques et scientifiques, la situation est d’autant plus dure

Pour travailler, presque les deux tiers (62%) préfèrent utiliser un ordinateur portable. Le smartphone arrive deuxième (34% des sondés), suivi de l’ordinateur fixe (24%). Uniquement 1% ont voté pour la tablette. Sur un choix de huit plateformes utilisées pour les cours, les étudiants ont plébiscité ZOOM.

«Ils sont satisfaits de sa simplicité d’utilisation et de son efficacité en communication vidéo directe. Ils la perçoivent comme un dispositif 100% collaboratif, surtout que le mode de travail en groupe et en réseau est jugé par les étudiants plus stimulant et plus motivant», précise l’enquête.

En matière d’activités collaboratives, ZOOM «détrône» ainsi toutes les autres. Elle est suivie par Microsoft Teams, Google Classroom et Edmodo. Sur le volet disponibilité des ressources, Google Classroom est la plateforme la plus appréciée. Moodle, ZOOM, Microsoft Teams, Edmodo et Schoology, ont également été relevés.

Cela dit, au-delà des plateformes, la qualité de l’encadrement en ligne reste décisive. «Tout devrait être minutieusement préparé et presque calculé pour permettre à l’apprenant d’acquérir les savoirs escomptés, et c’est dans ce sens que l’on parle de scénarisation ou de montage des cours en ligne», insiste Awatif Beggar, enseignante-chercheure en technologies éducatives à la faculté des sciences de Meknès.

Un enseignement à distance mal organisé pourrait pousser les étudiants, désemparés et démotivés, au décrochage.

Pour les TP à distance, l’ENSAM lance des e-lab

Réaliser des mesures sur des machines réelles mais à distance. L’ENSAM Casablanca vient d’ouvrir cette possibilité à ses étudiants à travers des e-lab. «Le concept est inédit au Maroc. Nous pensons à ouvrir nos e-lab à toutes les écoles d’ingénieurs», précise Ahmed Mouchtachi, directeur. Pour son e-learning, l’école a choisi un mode interactif, via des plateformes collaboratives. Les emplois du temps sont respectés et les absences continuent d’être comptabilisées. De son enquête, l’école est sortie avec plusieurs recommandations. Entre autres, doter les établissements universitaires de moyens technologiques adéquats pour mieux accompagner la transformation numérique, instaurer des TP à distance (Télé-TP), renforcer la formation du corps professoral en e-learning, réfléchir à la meilleure combinaison entre le présentiel et le distanciel et, enfin, favoriser le passage d’une société de consommation du savoir à une société qui le produit et le diffuse.

Ahlam NAZIH

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