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Régions

Casa-Settat Le tissu économique mis à rude épreuve

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5752 Le 30/04/2020 | Partager
Les propositions des profes­sionnels pour une sortie de crise
Prorogation jusqu’à la fin de l’année du moratoire sur le remboursement des échéances du crédit
Révision des taux d’intérêt actuels des crédits Damane Oxygène

Le tissu économique de Casa-Settat subit une situation de vulnéra­bilité sans précédent. A l’exception du commerce alimentaire, l’en­semble des secteurs serait confronté à l’enjeu de la survie à court terme, et à la bataille de pérennisation à moyen terme.

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Dans la région Casa-Settat, les chantiers en cours sont ceux qui ont atteint la phase de finalisation des travaux et disposent encore de la main d’oeuvre (Ph. L’Economiste)

La région dispose du tissu économique et industriel le plus dense, localisé en grande partie à Casablanca qui accueille de grosses industries (cimenterie, raffinage de sucre, production d’électricité, sidé­rurgie, agroalimentaire…), en plus de nombreuses zones et plateformes industrielles Intégrées (P2I).

Pour mesurer l’impact de l’épi­démie, la Chambre de Commerce, d’Industrie et de Services de Casa­blanca-Settat (CCISCS) s’est rappro­chée des professionnels représentant le tissu économique local, afin de remonter la réalité du terrain et les recommandations des profession­nels de chaque secteur. Dans un rap­port, qui vient d’être édité, la CCIS recueille les principales propositions pour une sortie de crise.

A la tête de ce propositions, figurent la pro­rogation jusqu’à la fin de l’année du moratoire sur le remboursement des échéances de crédit ainsi que l’oc­troi de prêts sans intérêt ou avec un taux très faible, pour pouvoir payer les fournisseurs. Les professionnels demandent également une révision des taux d’intérêt actuels des crédits Damane Oxygène (fixé à 4%) et ap­pellent à mettre en place des méca­nismes capables d’assurer un niveau minimum de demande intérieure et de sauvegarder le pouvoir d’achat.

Il faudra en outre, toujours selon les professionnels de la région, instaurer des mécanismes de refinancement au profit des commerçants pour sauve­garder les chances de reprise d’acti­vité, les protéger de l’asphyxie finan­cière, honorer les divers engagements et surtout maintenir les emplois. Et bien évidemment les opérateurs éco­nomiques appellent à une accéléra­tion du règlement des créances par les administrations et établissements publics. Voici l’impact de la crise Covid-19, secteur par secteur, selon le rapport de la CCIS.

■ Services: Le secteur le plus touché
A l’exception des banques et tele­coms, les activités de services sont confrontées à une véritable récession dans la région Casa-Settat, mais les sé­quelles varient d’une branche à l’autre. Dans le tourisme, la situation est pour le moins alarmante. La majorité des activités de services sont à l’arrêt (hôtels, restaurants, cafés, loisirs, ci­némas, salles de sport, hammams…). Les projections sont catastrophiques avec une perte estimée, rien que pour 2020, de plus de 11,6 millions de nui­tées au niveau national, selon les esti­mations de la confédération nationale du tourisme (CNT). Pour sa part, le transport aérien souffre des mesures de précaution appliquées et de la baisse de la demande. En plus des em­plois menacés, les transports routier et ferroviaire n’échappent pas à la crise avec l’interdiction, dans l’ensemble du pays, de la circulation des véhicules de transport de voyageurs depuis le 24 mars. Pour atténuer l’impact, les professionnels du tourisme suggèrent, entre autres, la réduction du taux de la TVA à 5% sur les activités hôtelières pour faciliter la reprise et la baisse des taxes locales et communales.

■ Commerce non alimentaire: Stagnation à l’exception des GMS
L’état d’urgence sanitaire a eu un impact sur le cycle de distribution et le niveau de l’offre. Résultat: une quasi-stagnation des activités com­merciales à l’exception des GMS (Grandes et moyennes surfaces) et du commerce de proximité. Le chiffre d’affaires de la franchise, à titre d’exemple, a chuté de près de 90%, voire l’arrêt total de toute acti­vité pour certaines franchises, ce qui menace sérieusement de nombreuses enseignes et pourrait aboutir à une fermeture définitive des structures les plus fragiles. Les professionnels sou­lignent la nécessité de sauvegarder le réseau commercial et les créances entre communautés d’affaires respec­tives, entre créanciers et débiteurs, importateurs et utilisateurs finaux et ce, jusqu’à ce que les transactions économiques reviennent à leur cours normal.

■ Immobilier et BTP: Chute de la demande de 18%
Le secteur de la pierre n’est pas mieux loti. La crise sanitaire a bou­leversé le marché de l’immobilier, véritable vivier d’emplois au Maroc (1,1 million d’emplois). Avec le confinement, les transactions ont été du jour au lendemain mises en suspens. La situation du secteur est plus que préoccupante. De très nom­breux chantiers de construction ont été également interrompus. A l’heure actuelle, la quasi-totalité de l’activité est à l’arrêt, aussi bien au niveau de la production que de la commerciali­sation. Ce qui aura des conséquences néfastes sur l’emploi, sur la tréso­rerie des opérateurs et l’exposition à un risque systémique du secteur qui représente environ 63 milliards de DH annuellement. Il a également été constaté que la demande chute de 18% pour les appartements et de 10% pour les villas. Quant à l’évolution des prix dans les principales villes du Maroc, l’on remarque une grande stabilité au niveau de Casablanca par rapport aux autres villes. Après confinement et la reprise des travaux, il est difficile de prédire si les prix de l’immobilier subiront une hausse ou une baisse, estiment les profession­nels. La correction des prix dépendra, selon eux, des modalités de sortie de la crise sanitaire.

                                                                  

Industrie: Ralentissement au cas par cas

LE secteur industriel est parmi ceux touchés de plein fouet, par la crise sanitaire. Mais le ralentissement indus­triel est variable. La province de Settat est ainsi la plus concernée (90%), suivie par Mohammedia (60%) et le Grand Casablanca (40%).

Parmi les contraintes soulevées par les professionnels du secteur, figurent la réduction de la capacité de production et du nombre de travailleurs, l’augmentation des coûts supplémentaires de transport, le ralentissement des chaînes d’approvisionnement et les prix élevés des matières premières.

C’est le cas notamment pour le secteur du textile qui est frappé par une baisse des commandes de l’UE (notamment en provenance de l’Es­pagne et de l’Italie). La situation est similaire dans l’agroa­limentaire qui est impacté par une baisse de la demande des clients (commerce de gros, à savoir Korea, garage Allal et Derb Omar).

S’y ajoutent la perturbation de l’approvi­sionnement en ingrédients et additifs importés de l’étran­ger, l’annulation des commandes... Pour pouvoir faire face à ces chamboulements, les industriels recommandent de faciliter réellement l’accès aux emprunts à des taux d’inté­rêt réduits ne dépassant pas le taux directeur de 2% et ce, au moins pour le 2e semestre 2020.

Aziza EL AFFAS

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