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Economie

Imanor: Le masque est adapté à la réalité marocaine

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5747 Le 23/04/2020 | Partager
Les normes basées sur un travail consensuel inspiré par les bonnes pratiques internationales
Plus de 40 entreprises ont été certifiées pour leur fabrication, une vingtaine en cours
La norme n’est pas figée, elle peut évoluer en fonction de l’apport de tout le monde
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«Les normes sont basées sur un travail consensuel entre l’institut et les professionnels», selon Abderrahim Taibi, directeur de l’Imanor (Ph A.T.)

Pour Abderrahim Taibi, directeur de l’Institut marocain de normalisation, Imanor, les normes élaborées pour la fabrication des masques de protection tissés ou non tissés sont le fruit d’un travail de concertation au sein des commissions spécialisées. Elles ne sont pas pour autant figées et sont ouvertes à toute  proposition.

- L’Economiste: Le Covid a accéléré le travail en matière de moyens de protection, dont les masques. Comment avez-vous accompagné cet élan?
- Abderrahim Taibi:
Nous avons travaillé sur deux normes. La première concerne les spécifications et caractéristiques des masques en tissu non tissé et la deuxième sur les masques en tissu réutilisable.

- Comment s’est déroulé le travail d’élaboration de ces normes?
- Comme pour toutes les normes, il y a des commissions spécialisées regroupant l’ensemble des parties concernées, auxquelles on propose des documents de travail et un échange s’établit par la suite selon une approche consensuelle et un objectif partagé de préserver l’intérêt général et l’intérêt de l’économie marocaine dans toute norme nationale. Le document de travail se base lui-même sur les normes et les bonnes pratiques internationales. C’est le cas pour les masques pour lesquels nous avons veillé à ce que les départements ministériels et les professionnels directement concernés expriment leur aval sur le contenu des documents. Nous nous sommes inspirés des normes internationales et européennes qui ne sont, d’ailleurs, pas très nombreuses. Le document final proposé et discuté à la commission de normalisation a permis d’aboutir à la fin du circuit, à une norme qui reflète l’esprit international et qui est adaptée au contexte marocain de manière globale et à la conjoncture actuelle causée par le Covid 19 qui implique aussi un travail plus agile.

- Effectuez-vous les mêmes opérations de contrôle en amont concernant le tissu?
- Lors de l’évaluation de la conformité des masques par rapport aux normes applicables, et pour pouvoir délivrer une certification, il faut s’assurer aussi de la qualité de la matière première. Elle doit, elle aussi, respecter un nombre de critères techniques normalisés et d’exigences de traçabilité. A noter que l’ensemble de ces informations concernant les normes, la certification, les entreprises certifiées et autres documents utiles pour la certification des masques sont consultables et tenues à jour sur le site de l’Institut.

- Beaucoup de citoyens se plaignent de la qualité des masques produits. Répondent-ils aux normes internationales en vigueur?
- La norme concernant les masques est fondée sur les normes européennes et internationales en la matière. Elle est adaptée au contexte marocain et à l’usage particulier qu’il est attendu de cet outil de protection. Comme je l’ai précisé au début, les performances et la qualité exigée dans ces normes sont équivalentes à celles prescrites dans le peu de normes étrangères publiées jusqu’à présent. Toutefois, ces normes élaborées avec l’appui et la contribution de tout le monde, sont soumises à un mécanisme d’actualisation leur permettant de s’adapter en permanence à leur contexte et à l’usage auxquels elles sont destinées, et demeurent toujours ouvertes à toute amélioration visant à renforcer leur exigence et leur faisabilité. 

- Plusieurs entreprises ont été certifiées pour la fabrication de ces masques. A quelles exigences doivent-elles répondre?
- Tout d’abord, c’est à l’entreprise d’exprimer la demande de certification. L’Institut supervise l’évaluation du site par des évaluateurs formés et accompagnés à cet effet. L’objectif est de s’assurer notamment que les conditions d’hygiène et les matières premières utilisées correspondent bien aux exigences de la norme et aux déclarations du fabricant. La visite d’évaluation permet également d’effectuer un prélèvement des échantillons nécessaires pour réaliser les essais par des laboratoires compétents habilités à cet effet. A la lumière du rapport d’essais et de celui d’évaluation, on délivre un certificat de conformité. Ce document est délivré pour un mois, au terme duquel on revient pour reprendre la même procédure d’évaluation et reconduire la certification. L’objectif est de parer à tout relâchement de l’entreprise, à une baisse de la qualité de la matière première, etc.

- Combien d’entreprises ont été certifiées à ce jour ?
- Plus des 40 entreprises sont déjà certifiées pour les deux masques, et une vingtaine de dossiers est en cours d’instruction. Il y a un réel intérêt pour la fabrication de ces masques. En plus des unités déjà certifiées ou en cours, beaucoup d’autres entreprises se mettent en conformité par rapport aux normes pour engager le processus de certification.

- Les tunnels de désinfection font-ils aussi partie de votre périmètre de compétences? Parce que les produits désinfectants sont très dangereux pour la peau, les yeux et peuvent causer de graves brûlures…
- Le processus de normalisation est, pour toute activité confondue, basé sur le besoin pour un produit donné avec la qualité et les conditions de sécurité requises, les propositions des opérateurs intéressés et les avis des experts dans le domaine. Une fois ces éléments sont réunis, la norme vient formaliser le résultat. C’est le cas aussi des tunnels de désinfection.

Attributions

L’Imanor est l’organisme national chargé de la normalisation. C’est un établissement public sous la tutelle du ministère de l’industrie avec un conseil d’administration. Il regroupe des représentants du secteur public, privé et de la société civile. L’Imanor travaille sur l’élaboration de normes pour tous les secteurs d’activité et la certification de conformité aux normes, la formation au profit des entreprises et des opérateurs d’une manière générale ainsi que l’information sur les normes. L’Imanor représente aussi le Royaume du Maroc devant les instances internationales et régionales de normalisation et auprès des organismes étrangers représentant leurs pays respectifs en matière de normalisation et activités associées.

Propos recueillis par Ali ABJIOU

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