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Economie

L’export de médicaments bloqué

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5746 Le 22/04/2020 | Partager
Désormais soumis à une auto­risation préalable
Les commandes s’empilent à cause d’une procédure lourde
Les industriels réclament une liste négative des produits inter­dits à l’export
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Les exportations de médicaments sont en hausse depuis quelques années. Les industriels affirment être largement en autosuffisance, y compris pour le traitement du coronavirus

Les laboratoires pharma­ceutiques sont remontés contre les restrictions sur les exportations de médicaments instaurées depuis le début de l’état d’urgence sanitaire. Elles sont soumises à une «formalité lourde, répétitive et surtout incom­préhensible pour les industriels». «Les exportateurs doivent fournir une multitude de documents pour chaque opération ainsi que des in­formations hors sujet telles que le numéro de l’autorisation de mise sur le marché au Maroc.

Pourtant, les documents exigés sont ceux-là même qui sont fournis par la Direc­tion du médicament et de la pharma­cie. De plus, le numéro de l’AMM (Autorisation de mise sur le marché) ne concerne en rien le pays où nous exportons», tempête un industriel. Un autre se plaint en plus du fait que l’on exige aussi de dévoiler le mon­tant de la facture qui devrait rester confidentiel puisque les prix ne sont pas réglementés à l’international.

Depuis l’institution de nouvelles règles pour l’exportation de médica­ments, l’Association marocaine des industriels pharmaceutiques (AMIP) a saisi les ministres de la Santé et de l’Industrie à deux reprises au sujet des lourdeurs administratives insti­tuées au moment où le gouvernement a amorcé un vaste projet d’assouplis­sement des procédures. Mais l’initia­tive est restée sans réponse.

Au moment où ils s’attendaient à un allègement des démarches, ils ont été surpris par la circulaire de la Douane. Une circulaire datée du 20 avril qui confirme la procédure insti­tuée par le ministère de la Santé.

Sur un autre registre, le gouver­nement devrait lâcher du lest sur les exportations de médicaments. L’un des rares secteurs à pouvoir encore exporter et à drainer des devises au moment où les réserves sont sous tension. En 2019, les exportations ont atteint 1,27 milliard de DH.

La situation de blocage coïncide avec la pandémie du coronavirus qui se traduit par conjoncture mo­rose. En effet, avec la fermeture de cabinets médicaux, l’annulation des rendez-vous dans beaucoup de cli­niques, les ventes de médicaments ont connu une chute drastique.

«De­puis le début de l’état d’urgence, les pharmaciens se tournent les pouces. La plupart du temps, les clients viennent en pharmacie uniquement pour se renseigner sur les masques. Les personnes atteintes de maladies chroniques ont acheté leur stock de médicament au début de la crise», confie un pharmacien d’officine.

En amont, les industriels anticipent une baisse de 80% du chiffre d’affaires pour le mois d’avril en comparai­son avec le même mois de 2019. «La dernière semaine coïncide avec ramadan. Elle ne permettra donc pas de redresser la barre», souligne un industriel. En temps normal, les industriels exportent pour 1 milliard de DH par an de médicaments.

Les restrictions de l’export s’ex­pliquent par la volonté du gouverne­ment de sécuriser les besoins du Ma­roc pendant la pandémie. Une chose que beaucoup de pays appliquent pour les mêmes motifs. Sauf que pour les industriels, ces restrictions sont exagérées, d’abord par la lour­deur de la procédure.

Ensuite, par la généralisation de ces contraintes à tous les médicaments. Y compris ceux qui ne sont pas en rapport avec le traitement du coronavirus. C’est la raison pour laquelle les industriels proposent que le ministre publie une liste négative de médicaments interdits à l’export. Une disposi­tion qui permettrait d’exporter les produits pharmaceutiques autorisés de facto sans passer par une procé­dure bureaucratique.

Par ailleurs, les industriels affirment s’être engagés depuis quelques semaines dans un programme d’achat de matières pre­mières pour exporter en Afrique et dans les pays arabes et ce, sans péna­liser l’approvisionnement des hôpi­taux, des pharmacies d’officine et de l’armée. D’ailleurs, les industriels sont tenus d’adresser chaque se­maine à la direction du Médicament et de la Pharmacie l’état des stocks des produits finis, des en-cours et des matières premières.

Des commandes payées à l’avance

Chez les importateurs béninois, ivoiriens, sénégalais, congo­lais, pour ne citer que ceux-là, l’incompréhension est totale. Les industriels affirment que leurs clients se demandent pourquoi, bien qu’ayant payé à l’avance leurs commandes (notamment via lettres de crédit), ils n’ont toujours pas été livrés. Ce qui met leurs fournisseurs nationaux dans une situation inconfortable vis-à-vis de leurs partenaires commerciaux. «Nous sommes actuellement gênés de ne pouvoir donner suite aux relances de nos clients, d’autant plus que certains médicaments sont destinés à des mala­dies graves», ajoute un industriel. Un industriel n’hésite pas à rappeler les engagements du Maroc envers ses partenaires subsa­hariens, notamment dans le domaine de la santé.

Hassan EL ARIF

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