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Economie

Immobilier: Vivre avec zéro transaction

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5743 Le 17/04/2020 | Partager
Grosse menace pour un secteur qui pèse près de 63 milliards de DH par an
La profession craint un risque systémique
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Karim Amor, vice-président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers: «L’Etat doit mettre à profit cette période pour lever les difficultés administratives qui freinent la dynamique du secteur» (Ph. F. Alnassar)

- L’Economiste: L’immobilier n’était déjà pas en grande forme ces dernières années. Pourra-t-il se remettre des conséquences du coronavirus?

- Karim Amor: La situation du secteur est plus que préoccupante. Les chantiers sont arrêtés à 95%. Les bureaux de vente sont désertés. Même les promesses de vente conclues avant le confinement sont bloquées car comme la plupart d’activités non vitales, notaires et adouls ont également arrêté leur activité. Ceci ajoute des difficultés supplémentaires aux promoteurs et aux acquéreurs qui ne peuvent pas finaliser les transactions ni accéder aux logements qu’ils ont achetés. De plus, l’instruction de l’obtention des permis d’habiter, des réceptions et des différentes autorisations et attestations est suspendue… L’activité réduite du secteur avant la crise du Covid-19 s’est transformée en un arrêt de l’activité avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer sur l’emploi, sur la trésorerie des opérateurs et l’exposition à un risque systémique du secteur qui représente environ 63 milliards de dirhams annuellement.

- Les mesures d’aide décidées par le comité de veille économique permettent-elles d’atténuer l’impact de la crise?
- Notre secteur engendre la seule épargne pour tous les citoyens marocains. Il emploie plus d’un million de personnes à plein temps, et son exception d’être un secteur 100% à capitaux et travailleurs marocains mérite qu’il soit soutenu très fortement. Nous attendons des décisions dans ce sens.
De plus, même en cas de levée du confinement, la reprise sera très lente selon toutes les analyses internationales. Acheter un logement est un projet de vie et ne se fait que dans une projection dans un avenir.
Les banques ont clairement un rôle à jouer sur l’extension des crédits accordés à tous les intervenants avec le relèvement des montants alloués aux postulants.

- Quel est l’état du stock de logements et comment se décline-t-il par segment?
- Seule l’administration de tutelle peut en livrer les chiffres exacts avec un comparatif entre les autorisations de construire, les permis d’habiter et les ventes des logements neufs à la Conservation foncière.
Pour notre part, on parle plutôt d’une inadéquation entre logements disponibles et entre le pouvoir d’achat des citoyens et leur capacité de financement, d’où la difficulté des promoteurs à écouler leurs biens dans diverses régions du Royaume.

- Comment voyez-vous une sortie de crise?
- Dès que l’activité économique reprendra son cours normal et que le citoyen retrouvera son pouvoir d’achat. C’est la raison pour laquelle, pour éviter des faillites en cascades, un risque systémique bancaire et des centaines de milliers d’acquéreurs en déshérence, le secteur doit faire l’objet d’une attention particulière.

- La pandémie ne manquera pas de générer des milliers de pertes d’emplois et une baisse du pouvoir d’achat, conjuguées avec l’incertitude en l’avenir…
- Effectivement, ce scénario est vraiment à craindre, et ses effets les plus néfastes consisteront en des destructions d’emplois et en un chômage de masse d’autant plus que les recettes de l’Etat vont forcément souffrir de la baisse de l’activité économique.
Les investissements publics qui comptent pour près de 60% du total des investissements dans notre pays vont certainement être réduits. La relance de l’économie devra se faire par des investissements privés qui ne verront le jour que dans le cadre d’une bonne visibilité et de la confiance dans un Etat qui les aura soutenus.
Tout blocage, retard, difficultés administratives dans le cadre d’un quelconque investissement pour la création du moindre emploi pénalisera la relance.
L’implication concrète des banques dans la relance est fondamentale par des investissements et soutiens massifs à l’économie pour éviter toute défaillance et toute destruction d’emploi.
Une politique concrète de mise à jour des documents d’urbanisme visant à réduire au maximum les coûts du foncier et ainsi les coûts des logements doit être mise en place avec la plus grande diligence.
La Fédération nationale des promoteurs immobiliers dispose de nombreuses propositions concrètes (Voir encadré) allant dans ce sens. Chaque jour de retard est un jour de perdu et un risque de défaillance supplémentaire pour les entreprises.

- Le déstockage avec une révision des prix à la baisse est-il une piste pour relancer le secteur?
 - Les prix du marché avaient déjà considérablement baissé avant la crise. Aujourd’hui, les promoteurs réfléchissent à se dessaisir de leurs stocks à des prix concessionnels, pourvu que des assouplissements dans les conditions d’acquisition soient accordés aux citoyens. On peut imaginer également que des stocks de logements sociaux soient loués dans le cadre des conventions.

Propos recueillis par Hassan EL ARIF

                                                                               

Les propositions pour une relance

Accorder plus de facilités financières aux opérateurs et aux acquéreurs en augmentant les montants de financement et en réduisant au maximum les taux d’intérêt à l’instar de ce qui est pratiqué de par le monde en ces temps difficiles;

Remettre immédiatement en marche les études notariales et les adouls ainsi que les diverses administrations concernées par le secteur immobilier (conservation, agences urbaines, communes...) ne serait-ce que pour traiter les dossiers en instance, certes dans les meilleures conditions de sécurité sanitaires possibles;

Accorder des remises des droits d’enregistrement et de conservation foncière de 50% pour les acquéreurs durant cette période de crise, comme incitation à la poursuite des achats et à l’acquisition de biens immobiliers;

Abandonner la grille du référentiel qui met en berne la quasi-totalité des transactions sur le foncier et pénalise injustement les ventes de biens construits;

Accorder des reports des échéances financières et fiscales sans majorations ni pénalités de retard;

Accorder une augmentation des délais des 5 années pour les logements sociaux et pour les dépôts des autorisations de construire suite à l’obtention des conventions pour une année supplémentaire;

Autoriser les OPCI à dynamiser fortement le marché locatif résidentiel en prenant en charge la gestion de toute la chaîne de valeur;

Permettre aux banques de procéder à des dations en cas de grosses difficultés de remboursement pour les structures immobilières en extrêmes difficultés afin d’amortir le risque systémique;

Réaliser de vraies et concrètes simplifications administratives pour véritablement fluidifier les procédures et non procéder à des effets d’annonces médiatiques, suivies du principe de reddition des comptes pour les opérateurs administratifs de toutes les autorités.

 

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