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Exclusif - Aït Taleb: «La situation épidémiologique est contrôlée»

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5740 Le 14/04/2020 | Partager
Mais le déconfinement sera difficile, pour éviter le risque de récurrence
Des résultats très encoura­geants pour la Chloroquine
47 hôpitaux et 1.826 lits mobi­lisés pour la PEC des malades Covid-19
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«La période de déconfinement sera tributaire de l’indice de reproduction du virus «R0» qui doit descendre en deçà de 1 pour conclure que le risque de contagion d’une personne à une autre est pratiquement très atténué», explique Khalid Aït Taleb, ministre de la Santé (Ph L’Economiste)

- L’Economiste: Le confinement se poursuivra-t-il, à votre avis, au-delà du 20 avril?
- Khalid Aït Taleb:
Autant le recours au confinement est une mesure drastique et facile à mettre en oeuvre, autant le pro­cessus de déconfinement reste difficile et complexe. Ceci, parce qu’il reste tribu­taire de la situation épidémiologique non pas nationale mais régionale et par localité, car le risque de récurrence est plausible. C’est en ce moment que le dépistage massif combinant les tests antigéniques et sérologiques serait d’un grand apport. Le Maroc a prévu une quantité suffisante pour accompagner ce processus. S’agis­sant du planning de livraison, pour vous rassurer, une quantité existe déjà et l’autre est en cours d’acheminement. Je salue ici l’effort fourni par le comité de sécurité nommé par SM le Roi, pour accompagner l’opération Covid-19. Par ailleurs, la pé­riode de déconfinement reste tributaire de la situation épidémiologique du Maroc et par rapport à l’indice de reproduction du virus «R0». Il faut que cet indice descende en deçà de 1 pour conclure que le risque de contagion d’une personne à une autre est pratiquement très atténué.

- Dans son combat contre la pandé­mie, le Maroc a opté pour des mesures barrières, le confinement et le traite­ment à la Chloroquine, très tôt. Quels sont les premiers retours concernant le protocole mis en oeuvre?
- Eu égard à l’évolution des premiers patients traités par la chloroquine, les résultats sont très encourageants. Ceci, surtout lorsque le traitement est démarré en début de maladie. Et c’est dans ce sens que le protocole actuel préconise une bithérapie à base de sulfate de chlo­roquine /hydroxychloroquine avec l’azi­thromycine qui permet de diminuer la charge virale dès le 5e -6e jour. Proto­cole qui a été, rappelons-le, validé par le comité national scientifique et technique. Là encore, grâce aux Hautes orientations Royales et l’anticipation du recours aux mesures drastiques en termes de ferme­ture des frontières marocaines, distan­ciation sociale, confinement, médication, mesures de protection et d’hygiène et surtout le niveau de conscience et forte adhésion de la population marocaine, le Maroc connaît une situation épidémiolo­gique contrôlée. En revanche, le risque persiste, nécessitant toujours de main­tenir un degré de vigilance élevé et de se conformer à l’ensemble des mesures prises.

- Des services dans les hôpitaux pu­blics seraient complètement déstabili­sés, et le personnel débordé. Comment les autres pathologies sont-elles suivies et dans quelles conditions?
- Actuellement, l’ensemble des hôpi­taux publics fonctionnent de façon nor­male, tout en appliquant l’ensemble des mesures préventives d’usage en cas de diagnostic positif parmi le personnel soi­gnant. Ces mesures induisent des inter­ruptions provisoires de l’activité pour une période qui ne dépasse pas 24 heures. A titre d’exemple, l’hôpital de Témara qui a été sujet de fermeture pendant 24 heures pour désinfection et tests des profession­nels à la suite de diagnostic d’un seul cas positif parmi le personnel soignant. Pour ce qui est de la protection du personnel, l’ensemble des régions ont été suffisam­ment dotées en équipements de protection individuelle et en solution hydro-alcoo­lique. En outre, pour ce qui est de la prise en charge, deux circuits différents ont été mis en place. Le premier est bien indi­vidualisé depuis l’entrée de la structure hospitalière pour les patients suspects Co­vid-19. Le deuxième circuit est dédié aux patients souffrant des autres pathologies habituelles et dont la prise en charge est assurée de façon normale. Pour le réseau des soins primaires, l’ensemble des pres­tations sont réalisées, comme à l’accou­tumée, avec les mesures de protections particulières suivant les recommandations d’usage dans ces conditions de pandémie.

- Quelle est la politique adoptée en matière de tests Covid-19?
- J’aimerais tout d’abord apporter un éclairage sur les tests de laboratoires Co­vid-19. Il faut savoir qu’en virologie le test de référence pour la confirmation dia­gnostique d’une affection virale est bien la PCR en temps réel. C’est-à-dire dépister une réaction en chaîne par polymérase qui permet de détecter l’ARN spécifique du virus concerné après son extraction. Cette technique chronophage s’étale de 4 à 6 heures. La même technique peut se faire par des automates Genexpert de ma­nière automatique et dure entre 1h15 à 2 heures. Il y a ensuite les tests rapides anti­géniques en fonction de la technique par immunofluorescence ou sur bandelettes qui peuvent fournir les résultats en 15 à 30 minutes. Puis, il existe aussi les tests sérologiques rapides en 10 à 15 minutes permettant de détecter l’existence ou non d’une immunisation et à quel stade.

- Quelle est leur disponibilité?
- Depuis le début de cette pandémie mondiale, le Maroc s’est conformé en tant que partenaire de l’OMS aux diffé­rentes recommandations, procédures et définitions de la maladie applicables sur le terrain et adaptées aux contextes. C’est pour cette raison que notre pays a prôné la réalisation des tests sur la base de cri­tères d’inclusion bien définis et validés par le comité scientifique et technique national en adéquation avec la situation épidémiologique nationale. Au moment où le monde vit une situation de pénurie, le Maroc, sur les hautes directives de SM le Roi, a créé un fonds de solidarité pour subvenir aux besoins impérieux en santé. Ce montant a servi notamment à l’acqui­sition des moyens de réanimation et de laboratoires y compris les tests rapides. Notons que notre pays dispose actuelle­ment d’une capacité en tests suffisante qui va lui assurer une autonomie de plus de 4 mois. Cette capacité sera revue à la hausse au fur et à mesure de la réception des différentes commandes déjà effec­tuées par le Royaume.

Chiffres clés

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■  Le réseau hospitalier au Maroc compte:
-160 hôpitaux avec une capacité litière d’environ 25.000 lits.

 

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■ Dans sa stratégie de lutte contre le Covid-19, le ministère de la Santé a identifié:
- 47 hôpitaux (parmi les 160 hôpitaux) avec une capacité litière de 1.826 lits dédiés exclusivement pour la PEC des malades Covid-19.

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■ Tests sérologiques gratuits: Pour le ministre de la santé, les tests sérologiques sont intéressants pour évaluer le degré d’immunisation, mais non pour poser le diagnostic de Covid-19. L’ensemble des tests qui sont réalisés, ou seront réalisés, seront gratuits.

Propos recueillis par Youness SAAD ALAMI

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