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Enquête L’Economiste-Sunergia: Les vertus de la famille…

Par Nadia SALAH | Edition N°:5740 Le 14/04/2020 | Partager
Familles, je vous aime, surtout pendant ce Covid-19
Néanmoins, le virus a fait appa-raître des lignes de modifica-tions…
… qui réformeront, ou pas, la sociologie marocaine

Les rieurs ont inventé mille et une fables et dessins pour se divertir des couples et familles confinés. Ces plaisantins ont tort: les familles marocaines sont plus fusionnelles qu’on ne le croit… même si parfois les coups pleuvent… (voir l’enquête sur les violences contre les femmes d’hier lundi 13 avril 2020)

En effet, ce sont les couples qui apprécient le plus d’être les uns sur les autres, emprisonnés à la maison: 76% pour les hommes et 77% chez les femmes.  Autrement dit, il n’y a pas de grande différence: 1% ! Il n’y en a vraiment non plus si on regarde du côté des mécontents. 24% des hommes et 23% des femmes disent qu’ils vivent plus mal ou plutôt mal cette période. C’est moins d’un quart des gens. C’est néanmoins un score un peu haut, où quelques éléments plus brutaux que les autres peuvent provoquer des drames.

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Les histoires drôles circulant sur le confinement sont loin de la réalité. Globalement les Marocains ne se plaignent pas. Une grosse minorité trouve que la vie commune est mieux qu’avant.
Pas de différence significative entre les hommes et les femmes sur ce sujet. Seulement 11% des messieurs se plaignent et 10% des dames.
Les jeunes, à 64%, trouvent que c’est «comme avant»: On aurait plutôt attendu qu’ils rient dans les brancards. Mais non, sauf les «NI-NI » qui s’amusent à faire courir les agents de police…

Famille avec enfants

Voyons ce qui se passe avec les familles ayant des enfants, enfermés avec les parents, qui se font du souci pour leur gagne-pain ou qui ont besoin de tranquillité pour télé-travailler. L’enquête de Sunergia pour L’Economiste, révèle que les gens mariés

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Un tableau de Michel Ger, «Famille maghrébine», (où l’homme est absent !) en vente sur ebay. Dans cette pandémie, les familles ne sont pas mécontentes de se retrouver, en isolement, entre soi. Est-ce parce que cela retient les hommes au foyer ? Pas du tout. Epouses et époux à 77 et 76% respectivement, trouvent que c’est «bien» et «plutôt bien»

ont de meilleures relations avec leurs proches depuis le confinement (28%). Même réaction chez les veufs et divorcés (29%, qui sont très peu nombreux dans notre échantillon).

Les célibataires, en revanche, trouvent qu’avec leurs proches, la vie est devenue plus difficile: 15%. Cette part n’a pas l’air de pouvoir distendre les relations des familles avec les grands enfants, mais qui sait?  C’est aussi chez les célibataires que l’on rencontre le plus de gens sont impactés négativement par la crise.

Globalement, deux Marocains sur trois trouvent que la vie avec les proches est «pareille qu’avant». Les attitudes seront-elles encore les mêmes dans deux semaines? En tout cas c’est là que l’on voit la solidité des liens traditionnels.

Une blague disait que «si le confinement avec les enfants dure, les parents vont inventer le vaccin tout seuls».  Ce n’était que méchante langue. Que l’on ait ou pas des enfants jeunes à la maison (moins de 18 ans), ne change pas grand-chose. Les familles disent que cette période est plutôt bien, voire franchement bien. 79% affiche leur contentement d’avoir les enfants. Ceux qui n’en ont pas, sont aussi contents d’être chez eux. Peut-être que cela ne durera pas: on verra bien.

Pour résumer, un Marocain sur cinq (soit deux sur dix) trouve que le virus lui a permis d’être plus en harmonie avec ses proches.  Contre un sur dix affirmant que cela lui pourrit la vie. Pour les autres, majoritaires donc, le virus ne change pas grand-chose ou rien.

Corona « bénéfique»?!

Si on compare ces chiffres avec ceux du HCP, il y a des surprises. Le Haut-Commissariat au Plan, lui, avait trouvé que 7,6 millions de femmes avaient été maltraitées, entre février 2018 et février 2019. D’une manière ou d’une autre: violences physique, morale ou orale.

En effet, le HCP dit que 7,6 millions de femmes ont été violentées d’une manière ou d’une autre durant une année, de mars 2018 à février 2019. Et que la moitié des violences (morale, physique ou orale) a été perpétrée par les maris. Le coronavirus aurait-il, inversement à ce que l’on dit, calmé les violences en couple? Ou bien ces actes sont –ils devenus suffisamment honteux pour qu’on ne les avoue pas?

Quoi qu’il en soit, il n’est pas impossible que le coronavirus laisse des traces dans l’organisation de la vie entre proches. C’est-à-dire majoritairement au sein des familles mêmes. En effet, on sait, par les enquêtes sur les jeunes qu’au cours de la période 2006 à 2011 (en plein Printemps arabe), ces derniers ont évolué vers visions plus rigides et dogmatiques de leurs relations à la foi, aux parents, à la vie…

Ils sont plus rigides que leurs propres parents. Même s’il faut mobiliser une dose d’hypocrisie pour louvoyer sans risque. Ce qui n’est pas impossible…

N.S.

 

 

 

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