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Economie

Comment le Covid-19 réveille la recherche scientifique

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5739 Le 13/04/2020 | Partager
Un programme avec une enveloppe de 10 millions de DH
Les travaux entièrement liés à la pandémie
Un calendrier de livrable fixé
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«L’objectif est de créer un écosystème multidisciplinaire, capable de répondre à toutes les questions de l’heure», a souligné Saaid Amzazi, ministre de l’Education nationale et porte-parole du gouvernement (Ph. F. Alnasser)

Saaid Amzazi est réactif. Après l’enseignement à distance, le ministre de l’Education nationale et porte-parole du gouvernement a in­vesti le champ de la recherche scien­tifique. Il a lancé un programme de recherche scientifique multidiscipli­naire en relation avec la pandémie du Covid-19. Le montant prévu est de 10 millions de DH. Pour le ministre, deux choses ont motivé le lancement du programme de soutien.

D’abord, «le potentiel considérable que nous avons au sein de l’université maro­caine, avec des chercheurs et des spé­cialistes dans différents domaines». Après l’apparition de cette pandémie, chacun dans son coin a initié des études. Les mathématiciens ont com­mencé à modéliser, les économistes à faire des prévisions sur l’impact économique,… «Compte tenu de l’effervescence de ces compétences et cette volonté de se pencher sur ces questions, autant organiser ce travail», s’est-il dit.

Ainsi, le ministre a réuni les prési­dents des universités et leur a proposé de constituer des groupes de cher­cheurs qui veulent travailler durant cette période cruciale. Son départe­ment les soutiendra financièrement. L’objectif de Saaid Amzazi est de «créer un écosystème multidiscipli­naire, capable de répondre à un cer­tain nombre de questions».

La pre­mière est d’analyser et de comprendre la pénétration et la propagation de ce virus, sous ses différents aspects. La deuxième question porte sur com­ment gérer cette période transitoire entre confinement, dé-confinement et retour à la situation normale, ainsi que la relance de l’économie,... La dernière consiste à tirer les enseigne­ments de ce type d’épreuve. «Car nous ne sommes pas à l’abri d’une autre pandémie mondiale dans les années à venir. Il s’agit d’avoir des mécanismes de veille, de surveillance et de réacti­vité par rapport à ce type de pandé­mie», souligne le ministre.

Saaid Amzazi n’a rien laissé au hasard. Ainsi, il a organisé cette opé­ration de bout en bout. Pour le pilo­tage de ce travail multidisciplinaire, il a mis en place 4 pôles universitaires. Chaque pôle va désigner un pré­sident d’université qui aura la charge de coordonner la mobilisation des chercheurs et la réception du projet. Une commission d’évaluation a pour mission d’expertiser ce travail avant de donner le feu vert pour le finance­ment.

De même un calendrier est fixé. Ainsi, pour l’aspect scientifique, mé­dical et technologique, le délai pour livrer le produit est d’une année. Les présidents d’université ont jusqu’au 30 avril pour la soumission des pro­jets pour que le résultat de l’évaluation soit donné le 15 mai. Pour l’aspect des sciences sociales et économiques, ils ont un délai de 6 mois pour le livrable, sachant que les dates de soumission et des résultats de l’évaluation sont les mêmes.

Par ailleurs, sur le plan social et psychologique, il est nécessaire d’aborder d’autres aspects comme notamment le confinement sanitaire, la dépression et la perte d’emploi. Le dernier niveau est d’ordre politique. Il faudra se pencher sur les mesures de l’état de siège et la continuité des prestations et des services publics.

Ce programme de recherche comporte surtout une grande part de la modéli­sation mathématique, de l’intelligence artificielle et des big data,… L’aspect technologique doit s’attacher à mettre en avant la conception et la production d’équipements médicaux ou d’autres appareils utiles.

Synergie

Le ministère ne dissimule pas sa volonté d’impliquer les diffé­rents opérateurs marocains dans le domaine de la recherche. Ainsi, pour une meilleure synergie des ressources humaines, financières et logistiques sur des projets de recherches multidimensionnelles, le département a opté pour une méthodologie consistant à faire parti­ciper toutes les universités et des centres de recherche dans des pôles régionaux. Le premier concerne les structures dans les régions de Rabat-Salé-Kénitra et celle de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Si le 2e pôle porte sur les universités et centres de recherche de Casablanca-Settat, le 3e englobe les structures de 6 régions (Beni-Mellal-Khénifra, Marrakech-Safi, Souss-Massa, Guelmim-Oued Noun, Laâyoune Sakia Al-Hamra et Dakhla Oued Eddahab). Le dernier pôle réunit les uni­versités et les centres de recherche dans les régions de Fès-Meknès, l’Oriental et Drâa-Tafilalet.

                                                                                         

Dispersion de la recherche

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Pour beaucoup de spécialistes, la recherche scientifique dispose de budgets qui représentent près de 0,8% du PIB, soit entre 800 millions de DH et 1 milliard de DH. Cela concerne tous les secteurs, y compris le Fonds de recherche scientifique de l’ANRT.

Toutefois, les efforts dans ce domaine sont confrontés à une dispersion sans commune mesure. En effet, la re­cherche scientifique se pratique dans des laboratoires universitaires. Elle est gérée par le département de l’Ensei­gnement supérieur, à travers la Direc­tion de la recherche scientifique.

A cela s’ajoute le Centre national de recherche scientifique et technique (CNRST), qui dépend également du ministère de l’Enseignement supérieur mais il jouit de l’autonomie en tant qu’éta­blissement public. C’est cet organisme qui lance les appels à projets pour les grands chantiers de recherches au Maroc. Il assure également la mutua­lisation des ressources humaines et les moyens financiers. Il travaille sur les priorités de la recherche scientifique au niveau national.Sauf que toutes ces structures coexistent avec des instituts de recherche qui dépendent d’autres ministères. En effet, il y a des labora­toires qui relèvent des départements de l’Agriculture, de la Santé,…

Par ailleurs, cette multitude de centres de recherche estimée par la problématique de la gouvernance et de la convergence. Même si la Commission interministé­rielle permanente, présidée par le chef du gouvernement, se concentre sur la convergence des projets de recherche, elle n’y arrive pas. Pour un ancien ministre, l’évaluation de la situation a montré la nécessité de la mise en place du Conseil national de la recherche scientifique.

M.C.

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