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Economie

Pas moyen d’éviter la «corona-récession»!

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5739 Le 13/04/2020 | Partager
Le PIB devrait enregistrer une régression de -1,7% en 2020, selon la BM
Nouvelle alerte sur les finances
Bénéficiant de l’appui, le Maroc affronte l’urgence sani­taire

Il fallait s’y attendre, la Banque mondiale prévoit aussi une croissance en berne pour le Maroc dans ses nou­velles projections. De 2,3% en 2019, le taux devrait régresser de -1,7% en 2020. Si tout va pour le mieux, il fau­drait s’attendre à une remontée de la courbe de 5,5% en 2021 puis prévoir 4,2% en 2022.

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Comme attendu, la Banque mondiale anticipe une faible croissance de l’économie marocaine cette année. Deux causes: la crise sanitaire accentuée par d’autres effets comme la sécheresse. C’est grâce aux mesures adoptées et des réformes à mettre en place que le pays pourra remonter la pente

En attendant, «les effets de la pandémie Covid-19 sur l’économie mondiale et marocaine, combinés à la sécheresse qu’a connue le pays, annoncent une récession, la première depuis plus de deux décennies», indique Eric Le Borgne, chef de la division des études économiques, Afrique du Nord et Moyen-Orient-Banque mondiale. «Le double déficit se détériorera, augmentant considéra­blement les déficits de financement.

Les demandes de financement exté­rieur se sont accrues, ce qui nécessi­tera une consolidation des réserves de changes. Tant la dette publique que la dette extérieure augmenteront, mais resteront viables. Les perspectives sont sujettes à d’importants risques baissiers, dont l’intensité dépendra de l’étendue et de la durée de la pandé­mie», précise-t-il.

Le ralentissement de la crois­sance marocaine est aussi le scé­nario anticipé par la majorité des institutions aussi bien nationales qu’internationales. Ainsi, pour le HCP, le PIB se contracterait de 1,8% durant les deux premiers trimestres.

La prévision initiale (sans ef­fet coronavirus) était de 1,9% au premier trimestre et 2,1% au deu­xième (cf. notre édition N° 5737 du 09/04/2020). Techniquement, en en­chaînant deux trimestres consécutifs de croissance négative, l’économie marocaine entrerait en récession. Le Haut Commissariat au Plan se garde bien d’avancer des prévisions sur toute l’année à cause des incertitudes qui entourent la durée de la crise sani­taire et à l’effet du confinement sur l’activité.

Comme plusieurs pays de la ré­gion Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena), le Maroc fait partie de ceux qui ont bénéficié de l’appui de la Banque mondiale pour affron­ter l’urgence sanitaire. A cette fin, l’institution internationale a procédé à la restructuration d’un prêt de 275 millions de dollars à l’appui des poli­tiques de développement pour la ges­tion des risques de catastrophe, as­sorti d’une option de tirage différé en cas de catastrophe (ou Cat DDO).

La restructuration intègre un objectif re­latif à l’aide sanitaire pour permettre le déblocage immédiat de fonds dans le cadre du programme et répondre aux mesures d’urgence. Le sujet ne manquera pas d’être soulevé lors des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale qui auront lieu virtuellement du 14 au 17 avril 2020, avec au menu la riposte à la crise.

Le FMI reste aussi sur ses gardes

«Bien que les autorités aient pris une série de mesures pour accroître les dépenses de santé et soutenir les entreprises et les ménages, le Maroc risque de connaître une récession cette année», c’est ce que prédit également le FMI(1). Et ce, en raison d’un net recul des exportations, du tourisme et des envois de fonds, ainsi que d’un gel temporaire de l’activité économique. Même si le défi­cit des transactions courantes va se creuser et que les entrées de capitaux devraient diminuer en 2020, le Royaume devrait conser­ver un niveau adéquat de réserves officielles à la suite du tirage au titre de la Ligne de précaution et de liquidité. En effet, le pays a tiré 3 milliards de dollars (près de 30 milliards de DH), mardi 7 avril, sur la LPL. Un montant remboursable sur 5 ans assortis d’une période de grâce de 3 ans. Les fonds serviront à faire face aux répercussions sociales et économiques de la Covid-19 et pour conserver de solides réserves extérieures dans un contexte d’incertitudes accrues. Pour l’équipe du Fonds monétaire, les autorités marocaines doivent faire face au choc que représente cette crise notamment à travers ses effets sur le plan interne et aux répercussions d’une récession mondiale.

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(1) Le FMI avait publié ses perspectives pour la région Mena il y a quelques jours
(cf. notre édition N° 5728 du 27/03/2020)

                                                                                            

Alerte, manque de transparence des données

LE besoin d’une plus grande transparence sur plusieurs questions économiques survient alors que la région Mena est confrontée à un double choc. Le premier est asso­cié à la pandémie de coronavirus et le second à l’effondrement des prix du pétrole.

Un constat relevé par la Banque mondiale dans son nouveau rapport intitulé «Impor­tance de la transparence pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord». Le manque de transpa­rence empêche la réalisation d’ana­lyses crédibles notamment sur la viabilité de la dette de la région.

Plusieurs pays utilisent diverses définitions de l’emploi, qui laissent planer un doute sur les indicateurs du chômage et de l’emploi infor­mel. Et ne sont guère harmonisées entre ces pays et avec les normes internationales, ce qui complique les analyses. Les pays sont invités à adopter des réformes notamment en ce qui concerne la transparence de la dette et la restructuration des entreprises publiques.

Détérioration de la santé pu­blique, baisse de la demande mon­diale de biens et services, recul de l’offre et la demande intérieures en raison de l’application de mesures de distanciation sociale et surtout, chute des prix du pétrole… la crise sanitaire plombe les économies de la région de plusieurs manières.

L’effondrement des cours du pé­trole est ressenti directement par les exportateurs et indirectement par les importateurs de ce produit en raison de la réduction des envois de fonds, des investissements et des flux de capitaux dans la région.

Fatim-Zahra TOHRY

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