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Economie

Freight forwarders: Touchés, mais pas coulés

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5738 Le 10/04/2020 | Partager
La profession garde ses effec­tifs pour anticiper l’après-crise
Les mesures d’aides publiques «insuffisantes»

Parmi ceux qui luttent contre vents et marées pour passer au tra­vers de la crise du coronavirus, figurent les commissionnaires de transport. De par leur fonction, ces prestataires sont sur plusieurs fronts. Ils interviennent depuis l’usine jusqu’à la livraison à l’international, en passant par le stockage, l’appro­visionnement des clients, l’organi­sation de la logistique et le transit.

Mais, «depuis l’arrêt des liaisons aé­riennes ceux qui opèrent au niveau du transport routier international pour l’industrie du textile, l’auto­mobile, l’aéronautique, ont vu leur activité plonger entre 60 et 75%. Les sociétés spécialisées dans le fret maritime depuis la Chine sont tout simplement paralysées», explique Rachid Tahri, président de l’Associa­tion des Freight Forwarders du Ma­roc (AFFM).

Étranglés, ces profes­sionnels doivent composer avec les charges représentées par les maga­sins sous douane avec leur personnel, sans oublier les sous-traitants. «Mal­gré le contexte de crise, nous gardons tout le monde et nous payons tout le monde. Mais aujourd’hui, l’activité commence à devenir sinistrée, sur­tout que nous n’avons aucune visi­bilité», affirme un commissionnaire.

Pour certaines multinationales implantées au Maroc, l’effort doit être redoublé puisqu’elles doivent même supporter les filiales en Afrique subsaharienne, «où, pour le moment, aucune aide n’est prévue par les gouvernements».

Pour l’opérateur, la réouverture de la ligne par Royal Air Maroc avec Bruxelles, fermée le 16 mars, constitue une fenêtre de tir à partir de laquelle il sera possible de tou­cher d’autres destinations. Mais «ce sera bien évidemment trop timide par rapport à l’activité d’avant la crise parce que pour optimiser ces connexions aériennes, il faudrait que les usines rouvrent, notamment celles opérant dans l’automobile, l’aéronautique, le textile…».

En matière de transport routier, la massification des flux permet aux commissionnaires d’optimiser le fret. Une chose qui n’est plus pos­sible puisque la majorité des expor­tateurs sont à l’arrêt. Ce qui se tra­duit par une baisse de productivité chez les commissionnaires puisque les remorques quittent le Maroc «à moitié vide. Aujourd’hui, 40 à 50% du trafic de remorques sont effec­tués à perte».

Cependant, les quatre opérateurs interrogés font un point d’honneur de maintenir ces lignes ouvertes «pour permettre au Maroc de s’approvisionner en produits de toutes natures et continuer à travail­ler avec les rares clients qui restent encore ouverts et qui exportent dans l’aéronautique, le textile pro­fessionnel et d’autres produits de textile…».

Depuis que le coronavirus a été déclaré pandémie par l’OMS, le gouvernement a pris des mesures pour aider les entreprises à traver­ser cette phase sans trop de dégâts. Parmi elles, figurent le report des échéances fiscales, la suspension du paiement des cotisations sociales, des mensualités bancaires, le déblo­cage d’une ligne de financement des charges courantes liées à l’exploita­tion… Certains secteurs pourraient considérer être exclus de ces me­sures d’appui.

«Les mesures prises par le gouvernement pour soutenir les entreprises et préparer la sor­tie de crise sont positives. Mais il devrait considérer le transport et la logistique comme étant des secteurs en difficulté. Ce qui nous permet­trait de bénéficier de certains dis­positifs d’appui tels que le report du paiement des échéances fiscales.

Le découvert exceptionnel de 5 millions de DH reste insuffisant même pour les petits organisateurs de transport. En effet, nous devons faire face à beaucoup de débours qui ne sont remboursés par les clients que plusieurs mois plus tard», sug­gère un opérateur.

Les commissionnaires sont au nombre de 360 sociétés opérant à l’international. Chaque entreprise emploie 10 à 300 salariés à plein temps, mais les emplois indirects sont plus nombreux. Beaucoup d’entre ces PME ont basculé au télé­travail afin de prévenir la propaga­tion du coronavirus.

Pas d’impact de la chute du cours du pétrole

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La pandémie du co­ronavirus a eu pour consé­quence, la chute inédite des cours du baril de pétrole, sans pour autant avoir un impact positif pour toutes les activités. «Pour une fois que le prix des carburants a enre­gistré une forte baisse, elle ne profite pas à notre activité puisqu’il n’y a pas d’activité. Par ailleurs, le prix des prestations, dont le transport maritime, n’a pas baissé. Il risque même d’augmenter puisque les compagnies maritimes ont même supprimé quelques départs faute de clients», affirme Rachid Tahri, président de l’Association des Freight Forwarders du Maroc (AFFM). A cela s’ajoutent les difficultés pour expédier une remorque du fait que beaucoup de chauffeurs refusent depuis quelque temps à partir en Europe. «Ce qui se traduit par un léger ajustement des tarifs car il faut compter une prime de risque pour les chauffeurs», souligne un commissionnaire.

Hassan EL ARIF

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