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Economie

Déplafonnement de la dette extérieure: Le Maroc anticipe l’après-crise

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5735 Le 07/04/2020 | Partager
Il veut se prémunir contre un lourd déficit de la balance des paiements
Un décret-loi sur la table du Conseil de gouvernement

Le Maroc anticipe et passe à la relance économique de l’après-crise de la pandémie du Covid-19. Car, si l’heure est à la sauvegarde des vies humaines, demain, il faut s’atteler au redressement des fondamentaux. A commencer par les réserves exté­rieures pour s’assurer l’approvision­nement en intrants et produits ali­mentaires. Celles-ci affichent pour le moment un niveau satisfaisant: 5,5 mois d’importations. Mais il y a risque qu’elles fondent sous l’ef­fet de la contraction de la demande extérieure.

C’est dans ce contexte que le Conseil de gouvernement devait examiner hier lundi un projet de décret-loi relatif au déplafonnement des emprunts extérieurs. Auparavant, le ministre des Finances Mohamed Benchaâboun avait déjà annoncé la couleur, en estimant que le pays de­vrait recourir à tous les instruments financiers pour soutenir la reprise de l’économie nationale. A cet effet, il avait évoqué les emprunts sous toutes ses formes ainsi que le recours à la ligne de précaution du FMI.

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Les charges en principal réglées au titre de la dette du Trésor se sont élevées à 8,1 milliards de DH en 2018, soit une baisse de 5,2 milliards par rapport à 2017. Ce recul s’explique principalement par le remboursement en 2017 de l’Eurobond émis par le Trésor le 27 juin 2007 pour un montant de 500 millions d’euros

D’ailleurs, le Conseil de gouver­nement devait examiner, outre le projet de décret-loi, un exposé du ministre des Finances «sur le res­pect des dépenses du budget et des institutions publiques en liaison avec l’état d’urgence sanitaire». Coronavirus oblige, va-t-on rompre avec l’orthodoxie budgé­taire? Quitte à remettre en cause les acquis réalisés au niveau de l’endet­tement extérieur.

Ce n’est pas l’avis de Mohamed Benchaâboun. A ses yeux, le pays dispose encore de marge de ma­noeuvre substantielle. «La dette du Trésor est autour de 65%, ce qui est important à sou­ligner c’est que nous avons terminé l’année 2019 au même niveau, voire en léger recul de 0,1%» par rapport à l’année précédente, a déclaré le mi­nistre lors d’un point de presse tenu en présence de la directrice du FMI.

Pour l’argentier du pays, «la dette extérieure est soutenable et peut aller jusqu’à 70% sans aucun problème». Ceci a été établi sur la base d’études, réalisées en collabo­ration avec le FMI. Pour preuve, la confiance affichée aussi bien par les marchés privés que les investis­seurs vis-à-vis du Maroc. Une atti­tude qui se matérialise par l’octroi des taux d’intérêt les plus bas ainsi que la prime du risque. En clair, les indicateurs de la dette extérieure ne posent aucun problème pour conti­nuer à lever des capitaux à l’inter­national.

Selon le rapport accompagnant la loi de finances 2020, l’encours de la dette extérieure du Trésor s’est élevé à 151,4 milliards de DH en septembre 2019. Il ne représente plus que 14,5% du PIB sur les 3 dernières années.

La dette avait connu certes un rebond lors du deuxième trimestre 2019 (154,7 milliards de DH) pour se replier à 151,4 milliards lors du 3e trimestre de la même année. Par conséquent, l’encours global de la dette extérieure du Trésor a représenté, en moyenne, 14,5% du PIB sur les trois dernières années.

De quoi retrouver des niveaux de soutenabilité confortables, et ce dans un contexte où les Finances anticipent «une forte régression des charges aussi bien en principal qu’en intérêts entre 2020 et 2026». Par contre, le Trésor recourt de plus en plus au marché national. Ce qui fait dire à certains analystes que le pays reconvertit son endettement en monnaie locale.

A signaler également que les charges en principal sur les neuf mois de 2019 avaient atteint 2,15 milliards de DH, contre 8 milliards sur l’année 2018 et 13,2 milliards en 2017. Elles sont essentiellement versées aux créanciers bilatéraux et aux pays de l’Union européenne. Pour ce qui est des charges en inté­rêts, elles ont stagné depuis 2014 aux alentours de 3,7 milliards de DH.

Le plus gros des versements, dans ce cas, profite aussi aux créanciers bilatéraux et aux pays de l’UE. En prenant compte de la maturité, la totalité de la dette est contractée sur le moyen et long terme. Une part de 57,8% de la dette a été contractée auprès des institutions internationales, suivies du marché financier international (28,1%). La dette du Maroc est dé­sormais dominée à 63% par l’euro. Le dollar vient en deuxième posi­tion avec 28,5%.

A.G.

 

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