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Economie

Le plan pour contrer la pénurie de masques

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5732 Le 02/04/2020 | Partager
Une dizaine d’usines de tissu se reconvertissent
500.000 masques par jour depuis une semaine
Dans les pharmacies, les masques sont introuvables

La pénurie actuelle de masques de protection est suivie par les plus hautes autorités du pays comme la disponibilité d’autres moyens de protection : blouses, casaques, gels hydro alcooliques... Une dizaine d’usines spécialisées dans la fa­brication de tissu se sont lancées dans la fabrication de masques de protection. Le tissu non tissé est cette matière à partir de laquelle sont fabriqués les sacs de caisse.

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Les masques sont conditionnés par 10 ou 50 unités (Ph. F. Alnasser)

Pour faire face à la pénurie des masques, l’Institut marocain de normalisation (Imanor) a dû publier une norme «ins­pirée des standards internationaux dont la norme française, publiée il y a une se­maine». Deux entreprises sont pour l’ins­tant certifiées par Imanor: Micagricol à Casablanca et IKS à Marrakech pour une durée d’un mois.

Le temps que la norme de fabrica­tion et que le processus de certification soient stabilisés. D’autres unités sont en cours de certification. Depuis le déclen­chement de la pandémie du coronavi­rus, les masques chirurgicaux classiques connaissent une sévère pénurie au niveau international. Il est quasiment impossible de s’en procurer actuellement en quanti­tés suffisantes. D’où le recours au tissu non tissé comme alternative dans la lutte contre la propagation du coronavirus, aujourd’hui considérée par tous les Etats comme «une guerre». Et, parfois, dans une guerre, tous les moyens sont bons pour protéger ses citoyens.

«Les masques barrières doivent répondre à un certain nombre de caractéristiques. Ils doivent d’abord être aptes à l’utilisation, limiter la projection de gouttelettes de l’usager potentiellement atteint de coronavirus sur son voisinage. Ils protègent contre toute attaque externe sans gêner la respiration», indique un haut cadre de l’Imanor.

Pour éviter l’irritation des utilisateurs, le tissu non tissé utilisé dans la fabrication des masques a fait l’objet d’analyses pour confirmer l’absence de métaux lourds tels que l’arsenic, le cadmium ou encore le plomb en teneur intolérable selon les normes internationales.

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L’objectif du gouvernement est d’atteindre une capacité de production de 2,5 millions de masques par jour (Ph. F. Alnasser)

La norme définit également le degré de perméabilité (au moins 100 millimètres Hg ou mercure) qui permet de retenir les charges et de laisser passer l’air pour la respiration. Elle fixe également entre 2 à 5 micromètres (1 millionième de mètre) les mailles de la couche intermédiaire du masque. Un paramètre qui permet de ne pas laisser s’échapper des gouttelettes à travers le masque. Les concepteurs de la norme estimant que la taille d’une gouttelette ne peut être inférieure à 2 micromètres. Les masques fabriqués en tissu non tissé sont une barrière contre le coronavirus. Ils protègent aussi bien les porteurs que leur entourage.

«Mais ils ne dispensent pas d’observer les règles de sécurité de base telles que la distanciation par rapport à son voisinage. Les masques sont desti­nés à diminuer les facteurs de risque d’in­fection», ajoute le responsable d’Imanor. Ils ont une durée d’utilisation optimum de quatre heures. Ils sont utilisables une fois. Le débat scientifique s’oriente à pré­sent vers la protection des populations via l’utilisation systématique des masques.

Parmi les deux usines certifiées par Ima­nor, Micagricol, située dans le quartier Sidi Maârouf à Casablanca. L’unité in­dustrielle fabrique déjà une large gamme de tissu non tissé utilisé pour la protection des cultures contre la grêle, les produits d’hygiène tels que le tissu utilisé dans la fabrication des couches bébés… Elle exporte en Tunisie, Amérique du Sud et en Europe… Après la publication de la norme, elle s’est lancée dans la fabrica­tion des masques moyennant quelques ajustements à ses machines.

«Cela fait à peine une semaine que nous avons dé­marré cette activité. Notre usine fabrique 500.000 masques par jour conformément à la norme Imanor. Nous pourrions pas­ser rapidement à 800.000 unités, mais nous sommes limités par l’amont qui ne peut produire en quantités suffisantes les bandes élastiques utilisées pour la fixation des masques», déclare Abdelaziz Alazraq, directeur de Micagricol. Les premières commandes pleuvent déjà. L’usine doit livrer un million de masques à une grande coopérative.

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La norme Imanor prévoit l’utilisation de trois couches dans la fabrication des masques (Ph. F. Alnasse)

Pour le moment, les plus gros clients sont des unités industrielles souhai­tant protéger leur personnel ou les offrir à leurs partenaires commerciaux. L’Atelier IKS de Marrakech a lancé la production depuis le début de la semaine. A terme, les producteurs tablent sur la fabrication de 80 millions de masques pour pou­voir exporter.

Tant que le Maroc n’aura pas atteint l’autosuffisance, les exporta­tions resteront soumises à licence. Selon nos informations, les masques seraient vendus autour d’un dirham, sous forme de paquets de 10 ou de 50 unités. Le ministère de l’Industrie devrait mettre à contribution les grandes surfaces pour la commercialisation.

Hassan EL ARIF

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