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Economie

L’industrie automobile broie du noir

Par Amin RBOUB | Edition N°:5732 Le 02/04/2020 | Partager
Le premier secteur exporta­teur du made in Maroc est en crise
200.000 emplois en sursis!
Matières premières, com­mandes, export… Tous les moteurs au point mort…

C’est le retour de manivelle dans l’industrie automobile! Le secteur pilote des métiers mondiaux est victime de son succès. La crise du Coronavirus compro­met quasiment tous les indicateurs d’une filière au point mort: production, com­mandes, exportations, emplois, chômage technique de salariés par milliers, renvoi de temporaires, annulations de projets…

Contactés par L’Economiste, les repré­sentants des opérateurs sont tétanisés. Per­sonne n’ose faire une sortie «alarmiste» par crainte de s’attirer les foudres de la tutelle, tellement la situation est trauma­tisante pour l’ensemble des opérateurs.

«Nous avons mis en place une cellule de crise et des comités de veille pour évaluer l’impact sur l’ensemble des écosystèmes que ce soit à Tanger, Kénitra ou encore Casablanca. Effectivement, les premiers indices ne sont pas du tout rassurants. Mais pour remonter les vrais chiffres et les retombées de l’impact du Coronavi­rus sur la filière, nous sommes en train de mettre à plat l’ensemble des activités et écosystèmes», se contente de souligner un représentant des industriels qui requiert l’anonymat.

Pour l’heure, la quasi-totalité des usines sont à l’arrêt et ce, depuis au moins deux semaines. Si le confinement se poursuit encore tout au long du mois d’avril, voire au-delà, les conséquences seront lourdes en termes de trésorerie, de préservation d’emplois, de masse sala­riale, de ruptures en termes d’approvi­sionnement…

«Nous ne savons pas gérer ce genre de situations. Nous allons certai­nement laisser des plumes mais personne n’ose demander des aides à l’Etat pour sauver les emplois par milliers. Ceci dit, les opérateurs ont besoin de mesures spé­cifiques et d’aides conséquentes du Co­mité de veille économique préserver les emplois et pouvoir repartir sur de bonnes bases au moment de la reprise des com­mandes», confie un industriel dans la zone de Tanger. A présent, c’est le confinement général.

En fait, l’inquiétude des opérateurs a commencé depuis la suspension «tem­poraire» des activités de Renault Tanger et Somaca, suivis quelques jours plus tard par PSA Kénitra. Car il s’agit là des tout premiers et principaux donneurs d’ordre des équipementiers et fournisseurs maro­cains des composants automobiles.

Au départ, les constructeurs avaient annoncé une suspension d’une quinzaine de jours. Mais vu la triste évolution de la pandé­mie et les risques encore plus élevés de propagation du virus, les groupes PSA et Renault Maroc ne peuvent reprendre leur activité dans l’immédiat. Et c’est la déci­sion prise par les constructeurs du monde compte tenu des préconisations de l’OMS et des autorités sanitaires.

Certes, l’arrêt d’activité est une tendance mondiale, mais l’industrie automobile marocaine est plus exposée, car elle est érigée en tant que sec­teur stratégique à la fois pour l’export, les rentrées de devises et l’employabilité. Des enjeux hautement sensibles.

Au total, l’industrie automobile em­ploie quelque 200.000 personnes , soit autant de ménages. Ce qui représente au bas mot…1 million de personnes dont l’unique source de revenu provient des usines de composants et assemblage au­tomobiles! Sans oublier les prestataires, les sociétés de services et autres PME-PMI qui vivent indirectement de l’activité industrielle de l’automobile.

Le chiffre d’affaires à l’export dé­passe les 80 milliards de DH. Rien qu’au niveau de la zone franche de Kénitra, l’écosystème PSA emploie directement et indirectement plus de 30.000 personnes. Sur l’ensemble de la région du Gharb, les emplois liés à l’industrie auto dépassent les 47.000 postes.

Aujourd’hui, plus de 240 équipemen­tiers de renom installés au Maroc (1er et 2e rangs) sont au chômage technique. Car ils dépendent directement des com­mandes de leurs écosystèmes respectifs, lesquels sont tributaires du rythme de pro­duction des deux constructeurs français. La production des équipementiers étant synchronisée avec celle des filiales maro­caines des groupes Renault et PSA.

Sauf miracle, cette situation inédite de­vrait lourdement impacter les indicateurs de ce secteur jusque-là des plus perfor­mants au Maroc (1er secteur exportateur, loin devant les phosphates). A commencer par le volume de production en 2020, qui devrait revoir à la baisse l’objectif de 1 million de véhicules en 2022. Si la pro­duction décélère pendant longtemps, les volumes à l’export devront chuter, c’est mécanique.

Bien évidemment, la baisse de régime se traduira (et c’est déjà le cas!) inexora­blement par une baisse significative des investissements étrangers (IDE), lesquels avaient enregistré une forte baisse en 2019 déjà. Pour rappel, la part des IDE automobiles dans le secteur industriel était de l’ordre de 72% en 2018 (chiffres DEPF).

Mais où est passé le 3e constructeur?

Il va sans dire, si la situation actuelle d’arrêt d’activité se poursuit encore quelques mois de plus, elle se traduira inéluctablement par le gel de nouvelles implantations, l’annulation de projets d’extensions d’usines, la décélération des capacités de production, le gel des recrutements voire des plans de départs massifs, la baisse de revenus et par ricochet du pou­voir d’achat dans les principales villes et bassins d’emplois… Ce scénario implique inexorablement le report sine die, voire l’annulation de projets d’implantation de nouveaux constructeurs. D’ailleurs, cela fait au moins deux ans que la tutelle miroite l’arrivée imminente d’un 3e constructeur. Mais il n’en est toujours rien jusque-là… Wait and See!

Principaux indicateurs du secteur

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  • 1er secteur exportateur pour la 5e année successive
  • Plus de 80 milliards DH de chiffre d’affaires à l’export
  • 200.000 postes d’emplois
  • Intégration locale: 60% avec un objectif de 80% à terme
  • 1er hub de construction automobile sur le continent
  • Une capacité installée de 700.000 véhicules /an
  • Objectif: 1 million de véhicules made in Maroc assemblés à l’horizon 2022

Amin RBOUB

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