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Economie

Ecoles privées: Les parents vont-ils payer?

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5731 Le 01/04/2020 | Partager
De l’incertitude pour les deux parties
Pour l’heure, tout le monde se concentre sur les cours à dis­tance
Des difficultés de trésorerie imminentes

La question est, pour l’heure, mise de côté. Ni parents ni écoles n’évoquent le règlement des frais de scolarité pour les mois de mars et avril, sur lesquels s’étale la durée du confinement. «Même si les écoles sont préoccupées par leur trésorerie, elles se concentrent sur l’urgence de gérer les cours à distance convenablement. C’est pour le moment notre priorité», relève Moulay Ahmed Lamrani, vice-président de l’Ittihad de l’enseignement et de la formation privés.

Pour l’instant, personne n’ose évo­quer le sujet, même si parmi les petites écoles, beaucoup s’attendent à une tem­pête financière. «Notre école ne nous a jamais contactés pour le règlement des frais. Le corps enseignant fait un travail formidable et reste joignable jusqu’à des heures tardives le soir», témoigne un pa­rent d’élève.

«Concernant d’éventuelles facilités, à mon avis tout dépendra de l’évolution de la situation. Si nous avons la possibilité de payer, il faut le faire. Si­non, un geste de la part de l’école serait le bienvenu. Mais ce qui est important, c’est qu’il n’y ait pas d’abus des deux côtés, en essayant de profiter de la situa­tion», poursuit-il.

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Le secteur attire les investisseurs. Le nombre d’établissements augmente rapidement. De 2010 à 2019, il a doublé passant à 5.828, dont 3.331 écoles primaires, 1.577 collèges et 920 lycées. Au total, le privé accueille plus d’un million d’élèves

Chez les parents, l’inquiétude com­mence à monter, puisque des milliers ne sont plus sûrs de la stabilité de leur situa­tion professionnelle. «Parmi les grands groupes scolaires, certains pensent même à ne pas demander de paiement durant toute cette période. Nous accueil­lons en grande partie des enfants issus de la classe moyenne, dont les familles pourraient être sérieusement impactées par la crise», confie Lamrani.

Néan­moins, tous les établissements n’ont pas la chance de compter sur une trésorerie solide. «Le souci des écoles privées en ce moment est de payer leurs employés, enseignants et administratifs, en prenant pour hypothèse que cette crise durera jusqu’a la fin de l’année scolaire. Si tous les parents décident de ne pas payer, non seule­ment les écoles ne pourront pas conti­nuer à offrir un enseignement à dis­tance, elles devront mettre la clé sous la porte», souligne un directeur d’école à Casablanca. Cer­taines sont d’ores et déjà en difficulté.

Les dépôts de de­mandes d’indem­nisation pour arrêt temporaire de tra­vail des salariés du secteur, auprès de la CNSS, permettra d’apprécier la gra­vité de la situation.

En parallèle, les écoles continuent leur campagne de dons pour le fonds spécial pour la gestion de la pandémie du Covid-19, chacune selon ses moyens. Elles ambitionnent d’atteindre 10 mil­lions de DH. Jusqu’à jeudi dernier, en fin de journée, presque 6 millions de DH avaient été récoltés auprès de 111 éta­blissements de plusieurs villes.

                                                                                      

Mission laïque française
Les frais maintenus, diminués des services non rendus

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Jean-Christophe Deberre, DG de l’Osui (Ph. F. Alnasser)

Parmi les parents d’élèves de l’enseignement français au Maroc aussi, l’inquiétude est palpable. «La continuité pédagogique exige que tous les profes­seurs travaillent, et l’enseignement à dis­tance leur demande beaucoup d’efforts, c’est un autre métier. Les établissements tournent comme d’habitude, même si c’est à distance», relève le DG de la mis­sion laïque française (Osui), Jean-Chris­tophe Deberre.

«Donc, les frais de sco­larité seront diminués des seuls éléments constituant des services qui ne sont plus rendus: le restaurant scolaire, les trans­ports scolaires, les activités péri-éduca­tives, les sorties pédagogiques et classes vertes...», poursuit-il. Cependant, le réseau pourrait offrir des facilités au cas par cas.

«Bien entendu, et autant que d’habitude, les chefs d’établissement savent qu’ils doivent porter toute leur attention sur les situations familiales les plus vulnérables, pour éviter une dés­colarisation. Ils sont disponibles pour étudier tout cas cri­tique», précise De­berre.

Dans le réseau de l’Agence publique, AEFE, les parents ont déjà adressé des courriers aux ministres français de l’Education natio­nale et de l’Europe et Affaires étrangères, réclamant des mesures urgentes, pour éviter des déscolarisations à la prochaine rentrée. Dans une lettre datée du 25 mars, la Fédération des associations des parents d’élèves des établissements de l’ensei­gnement français à l’étranger (FAPEE) propose plusieurs actions.

Parmi elles, le versement d’une aide urgente à l’AEFE, permettant aux établissements de proposer des aménagements financiers aux parents, l’augmentation de l’enveloppe dédiée aux bourses, le report des cotisations sociales et patronales de l’agence, et enfin, reporter le plan de développement pour concentrer toutes les ressources sur un plan de sortie de crise.

Ahlam NAZIH

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