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Economie

Coronavirus: Pourquoi pas une ligne de crédit dédiée!

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5728 Le 27/03/2020 | Partager
Des avances bancaires pour payer les salaires et les fournisseurs
Les mesures de soutien du comité de veille jugées insuffisantes
La CGEM sonde les opérateurs impactés par la crise

Devant la crise du coronavirus, les secteurs de l’économie nationale ne sont pas tous logés à la même enseigne. S’il y en a un qui s’en sort plutôt bien, c’est celui de l’agro-industrie. En effet, en temps de confinement, la priorité est de faire face aux besoins alimentaires. Sauf que cet intérêt ne concerne que les produits de base.

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L’agro-industrie est l’un des rares secteurs qui se frottent les mains pendant la période de la crise du coronavirus (Ph. Jarfi)

«La plupart de nos salariés, surtout les commerciaux, refusent de travailler par peur du coronavirus. De plus, les grossistes qui constituent notre principal débouché, ont fermé et les clients sont confinés. Du coup, nous réalisons actuellement à peine 20% de notre chiffre d’affaires habituel. Nous demandons que le système bancaire mette en place une ligne de crédit dédié au financement des entreprises impactées par la crise, avec la garantie de l’Etat, qui pourrait également consentir un report des échéances fiscales. Sinon, elles ne seront plus là pour la reprise», prévient Ibrahim Belkora, DG de AJP, usine de fabrication des jus Valencia. Les banques refusent d’accorder des crédits en dépit des garanties personnelles. Bien souvent ces facilités de caisse servent à payer les salaires et les fournisseurs.

Dans les activités dépendant de l’international, l’inquiétude est à son paroxysme: «L’écrasante majorité de nos hôtels sont fermés parce qu’il n’y a plus de clients. Et même à l’arrêt total, les hôteliers doivent payer les salaires du personnel. Pour pouvoir supporter ces charges, la plupart des entreprises du secteur recourent au crédit bancaire», explique Abdellatif Kabbaj, président de la Confédération nationale du tourisme.

A l’image de beaucoup d’autres opérateurs, il se demande comment les salariés peuvent s’en sortir avec une indemnité de 2.000 DH par mois, surtout ceux qui ont une famille à leur charge ainsi que des crédits à régler. «Le report du paiement charges sociales ne résout pas le problème car il va falloir les payer plus tard», relève le président de la CNT.

Faute d’activité, plusieurs hôteliers ont mis leur établissement à la disposition des médecins pour héberger les patients, notamment à Agadir et Marrakech.

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Le textile-habillement est l’un des secteurs les plus touchés par la crise en raison des perturbations au niveau des approvisionnements (Ph. AK)

L’épidémie de la crise n’a pas épargné non plus le textile. «Les usines ferment les unes après les autres. Depuis la mi-février, l’activité fait face à la fermeture des magasins tant dans nos principaux débouchés que sont la France et l’Espagne qu’au Maroc et au problème de l’approvisionnement en intrants en raison de la fermeture des usines en Chine et à la forte pression sur la Turquie», souligne Fatima-Zahra Alaoui, directrice de l’Amith.

Dans le secteur l’on ne parle pas de licenciements, mais «d’arrêt temporaire du travail». Les employés du secteur restent éligibles à l’indemnité de 2.000 DH instituée par le comité de veille économique. «Nous attendons toujours la circulaire sur le report des échéances sociales», précise la déléguée de l’Amith.

Dans l’ensemble, les chefs d’entreprise jugent insuffisantes le paquet de mesures anticrise, observe Mohamadi R. El Yacoubi, président des Commissions juridique et investissements à la CGEM Marrakech Safi. Chakib Alj, président de la CGEM, a demandé  à l’ensemble des antennes régionales et fédérations sectorielles de lui faire part de propositions concrètes complémentaires qui seront défendues lors des prochaines réunions du comité de veille économique.

Dans le commerce et les services, les opérateurs sont exhortés à faire preuve de solidarité pour traverser cette mauvaise passe. «La solidarité se manifeste à travers la réorganisation du temps de travail dans le but de garantir aux salariés un minimum de revenus. Par ailleurs, nous avons lancé un appel à nos 1.980 membres pour accélérer le paiement de leurs fournisseurs, particulièrement les PME et les TPE et à reporter dans la mesure du possible leurs actions et commandes plutôt que de les annuler.

                                                                            

Le transport, toutes les branches impactées

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Dépendant largement du tourisme, le transport touristique est aujourd’hui sinistré (Ph. Bziouat)

Le secteur du transport à travers toutes ses branches est celui qui a été le plus touché. «La suspension des activités de Renault et de PSA est un coup dur pour les transporteurs, surtout pour celle dont Renault représente 50% du chiffre d’affaires. Le transport de marchandises a subi la crise qui sévit dans le secteur du textile où la plupart des opérateurs sont à l’arrêt. Le transport touristique, la location de voitures, du personnel, le transport aérien, maritime, sont tous dans la même situation», signale Abdelilah Hifdi, président de la Fédération du transport et de la logistique.

Dans certains segments, les pertes du chiffre d’affaires peuvent aller jusqu’à 100% telles que le transport touristique. Les pertes n’ont pas encore été évaluées pour la totalité des branches, mais pour le transport du personnel, des instructions ont été données pour diviser par deux le nombre de personnes transportées, de multiplier les navettes et d’éviter de desservir plusieurs entreprises à la fois. Ce qui ne risque pas d’arranger les affaires des opérateurs.

Hassan EL ARIF

 

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