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Maladie rénale chronique: Quel est ce lourd fardeau économique?

Par Amal BOURQUIA | Edition N°:5717 Le 12/03/2020 | Partager

Amal Bourquia est professeur de néphrologie et dialyse, experte en éthique et communication médicales. Elle est également présidente de l’Association marocaine de lutte contre les maladies rénales (Ph. AB)

La maladie rénale chronique (MRC) est progressive, longtemps silen­cieuse, qui peut évoluer vers un stade ter­minal nécessitant la mise en place d’un traitement de suppléance par dialyse (hémodialyse ou dialyse péritonéale) ou transplantation rénale (donneur décédé ou vivant). Elle est considérée comme la ma­ladie chronique la plus négligée sachant que ses risques spécifiques sont présents à tous les âges et dans l’ensemble des situa­tions socioéconomiques, en situation de pauvreté ou de richesse.

Diverses maladies transmissibles et non transmissibles entraînent des com­plications rénales. En effet la MRC est associée à d’autres maladies chroniques, notamment le diabète sucré, l’hyperten­sion artérielle, les maladies hépatiques chroniques, les maladies cardiovascu­laires ou le cancer.

Comme la survie mé­diane s’améliore pour toutes ces maladies chroniques, une proportion croissante de patients survivent jusqu’à ce qu’ils aient besoin de traitement par dialyse. Ainsi le coût total mondial augmentera en rai­son du vieillissement de la population, de l’augmentation de la fragilité et les coûts supplémentaires élevés de la MRC.

L’amélioration de l’accès à la transplanta­tion aurait des conséquences positives sur le coût social, en favorisant le retour ou le maintien de la productivité économique des patients en plus de l’amélioration de la qualité de vie.

Incidence sur la politique de santé des pays

D’un point de vue économique, la question de la prise en charge de la MRC au stade terminal illustre bien les tensions entre les objectifs médicaux, avec l’exi­gence de la préservation de la vie des patients et l’existence de contraintes éco­nomiques. L’évaluation de l’impact éco­nomique de la MRC est importante pour fournir des informations sur lesquelles les décisions concernant l’allocation des ressources de santé peuvent être basées.

En général, le coût total de la dialyse est composé de celui du traitement (produits jetables, les machines, hébergement, électricité, eau, ressources humaines, personnel médical) et des médicaments, transport, hospitalisations et interventions supplémentaires.

Ainsi, les causes, les conséquences et les coûts de la MRC ont une incidence sur la politique de santé dans tous les pays. La proportion de patients qui reçoivent une dialyse représente 0,15% de la popula­tion mondiale, pourtant, ce petit groupe absorbe 2 à 4% du budget des soins de santé de certains pays ce qui génère des problèmes de priorisation et de coûts d’opportunité. Il est à déplorer qu’en rai­son d’un manque de fonds, de nombreux patients ne sont pas traités dans différents pays.

Programme ambitieux de prévention

Pour faire face au fardeau économique croissant de la MRC, plusieurs solutions ont été proposées mais pas réellement d’approche mondiale concertée. Malheu­reusement, dans le domaine politique, les questions de santé sont souvent discu­tées en termes de réduction des coûts, et non de la manière dont la santé mondiale pourrait être améliorée avec l’adoption d’interventions efficaces et rentables.

Le nombre croissant de personnes nécessitant une suppléance augmente et va continuer à alourdir les coûts pour la santé publique. L’ONU, par les objectifs de développe­ment durable, souligne la nécessite d’une approche multisectorielle pour faire face à la charge mondiale de la maladie rénale.

Ces objectifs sont susceptibles d’amé­liorer la connaissance, la prévention et le traitement de la MRC dans toutes les tranches d’âge. Ces actions peuvent fa­voriser les innovations thérapeutiques et réduire la charge de cette affection pour les générations futures.

Le Maroc est un pays à ressources limitées, le poids financier des thérapies de suppléance rénale imposera au système de santé la maîtrise du flux des patients nécessitant la dialyse, ceci par un pro­gramme ambitieux de prévention de la MRC qui doit devenir une priorité pour les pouvoirs publics. Un retard ou une prévention de la progression peut entraî­ner des économies considérables.

Et les autres paramètres...

Le coût sociétal de la MRC augmente aussi avec la hausse des coûts des tech­nologies de la santé, des diagnostics et des médicaments de même que l’augmen­tation des revenus des professionnels de la santé. Les autres coûts, tels que les dépenses personnelles des patients, la perte de productivité due au chômage, les coûts du temps des patients et des soins non rémunérés par le plus proche parent, le stress psychologique et physique et les occasions perdues de voyage ou de contacts sociaux sont également à prendre en considération. Au Maroc, près de 27.000 patients sont en hémodialyse et seuls 490 d’entre eux ont bénéficié d’une greffe de rein. Cependant, l’absence d’un registre national de la MRC terminale ne permet pas d’avancer de réelles données épidémiologiques. Le coût d’une séance d’hémodialyse au Maroc se situe dans la moyenne africaine (30 - 100 dollars) plus bas que dans certains pays occidentaux.

 

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