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Culture

«Gnawa Soul» mixe avec le chant des baleines

Par Ghizlaine BADRI | Edition N°:5710 Le 03/03/2020 | Partager
Le Groupe souiri signe une collaboration avec l’un des plus grands spécialistes des baleines à bosse au monde
Des sons à vocation thérapeutique

C’est une collaboration inédite qui se dessine entre Pierre Lavagne de Castellan, l’un des plus grands scientifiques spécialisés dans le son des baleines au monde et le Groupe souiri «Gnawa Soul». Le «Bioacousticien» marin, éthologue et directeur de recherche du «Shelltone Whale Project» a rencontré sa première baleine à bosse et écouté son chant à Hawaï en 1981.

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 La collaboration du premier groupe marocain labellisé «Universal Music Mena», avec le scientifique aura pour objectif de créer une ligne mélodique du chant des baleines, qui viendra s’intégrer aux sonorités de la musique Gnawa (Ph. PL)

Depuis, il a voyagé autour de la planète et navigué dans toutes les mers. Pour établir un contact et initialiser une communication interespèce avec les baleines à bosse, la musique est vite devenue une voie évidente.

«Nous nous sommes rencontrés un peu par hasard avec les musiciens du groupe, et le projet a très vite pris forme. C’est une aventure exceptionnelle que nous nous apprêtons à vivre grâce à la communion des sons réalisés par l’homme et l’animal», se réjouit Pierre Lavagne de Castellan.

Pour Anouar, le guitariste du premier groupe marocain labellisé «Universal Music Mena», la collaboration avec le scientifique aura pour objectif de créer une ligne mélodique du chant des baleines, qui viendra s’intégrer aux sonorités de la musique gnawa.

«Les lignes mélodiques de la musique Gnawa sont complexes car celles-ci sont répétitives sur certaines notes et intenses et irrégulières sur d’autres. Il s’agira de trouver un rythme et une cadence rythmique compatible entre le chant des baleines et la musique tribale», ajoute le musicien.

Pierre Lavagne de Castellan est arrivé à Essaouira en moto depuis l’Hexagone, pour découvrir la cité des Alizés. Ce spécialiste des baleines à bosse, qui vit entre Paris et la Guadeloupe, travaille depuis 35 ans sur le mammifère marin, et note qu’il y a des similitudes entre le chant des baleines qui ont amélioré leurs chants depuis 30 millions d’années et la musique gnawa.

«Le chant des baleines a un sens et une utilité. Les baleines forment un cercle de soin de baleines «Males», où se trouve un individu malade seul qui reçoit le soin «le Chant», un rituel que l’on retrouve dans les rites chamaniques», explique Pierre Lavagne de Castellan. «Les baleines sont dans des modes de fréquences et des modes vibratoires qui vont soigner des cellules malades et qui vont réaligner des chaînes d’acides aminés», poursuit le scientifique.

Pour le chanteur du Groupe, Yacine Benali, il y a incontestablement une dimension spirituelle et mystique dans la musique Gnawa, qui a des vertus thérapeutiques. «Les baleines se soignent avec le son, et les humains aussi. Nous avons eu depuis plusieurs années des témoignages de personnes du monde entier, qui ont été profondément touchées par la musique Gnawa. Nous savons à présent que cet outil est également utilisé par les animaux pour atteindre le même résultat».

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«Je vis dans les Caraïbes où les peuples du Venezuela qui sont arrivés dans ces îles il y a 5000 ans et qui ont été décimés en 1492 avaient décelé les capacités incroyables de ces animaux aquatiques, pour preuve les gravures retrouvées dans ces îles. Les peuples anciens ont utilisé le son comme outil de nettoyage spirituel par l’accès à des états de conscience modifiés», ajoute pour sa part Pierre de Lavagne de Castellan.

Le Groupe «Gnawa Soul» travaille sur ce projet en cours, après avoir enregistré en 2019 au studio Planet Essaouira, l’album du même nom «Gnawa Soul» qui se compose d’une douzaine de titres basés sur la tradition gnaouie et  l’ouverture la plus contemporaine.

Un album réalisé avec le Maâlem Mokhtar Gania, frère cadet du regretté Mahmoud Gania. Le nouvel album du groupe repose sur l’alchimie créée entre l’auteur compositeur Mokhtar Gania (guembri + voix), le compositeur, arrangeur et guitariste Anouar Benbrahim et du percussionniste arrangeur Yacine Benali.

D’autres musiciens avaient participé à l’enregistrement: la jazz women Géraldine Laurent (saxophone) et Jean-Marie Ecay (guitare électrique) ainsi que  la chanteuse juive marocaine Neta Elkayam. Le mixage a été réalisé à Austin par l’Américain Chris Shaw (4 Grammy Awards à son actif) et le mastering, finalisé à Londres au Studio Metropolis par Tony Cousins.

Shelltone Whale Project

En 2005, Pierre de Lavagne de Castellan crée le «Shelltone Whale Project» et obtient la reconnaissance d’intérêt général. Il met au point en deux ans, au laboratoire de recherches acoustique de l’Ecole centrale de Nantes et à l’université de Stanford en Californie, un instrument de musique à vent qui lui permet de jouer de la musique sous l’eau dans les fréquences des baleines à bosse avec la même tessiture. De 2008 à 2012, il a testé cet instrument entre le nord de la Californie et l’archipel hawaïen, avec les baleines à bosse. Les premiers échanges musicaux entre l’homme et les cétacés, sous l’eau, sont nés de ces expériences. Depuis 2013, il étudie le chant des baleines et contribue à la mise en place d’une banque de données acoustique et photographique des cétacés du jeune sanctuaire Agoa, une aire marine protégée de Guadeloupe, où se reproduisent les baleines à bosse. Il est venu s’installer dans les Caraïbes pour tenter de renouer le «Lien perdu», c’est désormais la mission principale du Shelltone Whale Project.

Ghizlaine BADRI

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