×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Régions

Essaouira: Kokiaj Mogador, la start-up qui mise sur la bave d’escargot

Par Ghizlaine BADRI | Edition N°:5703 Le 21/02/2020 | Partager
A 10.000 DH le litre de bave, le gastéropode représente un véri­table trésor
Ses vertus médicinales et cos­métiques ne sont plus à prouver
Sur les 15.000 T/an d'escar­gots produites au Maroc, 85% exportées vers la France
elevage-escargo-003.jpg

Les escargots sont élevés dans des serres dédiées, qui reproduisent leur habitat naturel. L'élevage en rideau, pratiqué par la start-up, permet une meilleure gestion de l’exploitation de la surface d'élevage ainsi que le maintien de l’hygiène dans les serres. Ainsi, les excréments des escargots tombent par terre sans entrer en contact avec les gastéropodes (Ph Kokiaj Mogador)

Le «petit gris», le gastéropode le plus célèbre du Royaume a le vent en poupe. Avec un marché mondial de pro­duction d’escargots qui a quadruplé en 10 ans passant de 42 milliards de dollars de CA en 2007 à 154 milliards de dol­lars en 2016, selon la Fédération inter­professionnelle de l’héliciculture (FIH), l’escargot est de plus en plus choyé par les marocains qui ont repéré le filon de ce nouveau marché porteur.

Selon Nadia Babrahim, présidente de la Fédération in­terprofessionnelle de l’héliciculture (FIH), au Maroc en 2016, la production d'escar­gots oscille entre 10.000 et 15.000 tonnes/an dont 80 à 85% sont dédiées à l’export. Kokiaj Mogador, la Start-up Souirie s’attaque au trésor caché du gastéropode (bave), qui vaudrait son pesant d’or.

En effet, le marché des cosmétiques mondial a des vues sur la bave produite par l’escargot, qui aurait des vertus mira­culeuses. «L’escargot appelé petit gris», possède en effet des propriétés médici­nales et renforcerait le système immu­nitaire grâce à ses effets antioxydants et anti-inflammatoires. Les sécrétions du gastéropode contiennent de l'allantoïne et de l'acide glycolique qui sont des prin­cipes actifs efficaces pour la protection de la peau selon la Food and Drug Adminis­tration (FDA)», explique Soumia Arrassa, directrice générale et co-fondatrice de Kokiaj Mogador.

Depuis 2018, la start-up travaille sur la production de la bave d’escargot après une activité d’élevage en 2015 au Douar El Maachat dans la Com­mune de Had Draa dans la région d’Es­saouira qui a échoué suite à des difficul­tés de commercialisation.

elevage-descargo-003.jpg

Les escargots sont récupérés dans la serre pour être stimulés à la main pour l'extraction de la bave. L’extraction de la bave se fait 3 fois/an avec 2 à 3 g de bave par escargot. De plus, ajoute Kokiaj Mogador, avec 70 pontes d’oeufs par escargot tous les 6 mois, 840.000 nouveaux escargots sont produits 2 fois par an (Ph. Kokiaj Mogador)

Avec son frère, Abdelilah Arrassa, licencié de l’École supérieure de technologie d'Essaouira en spécialité Modélisation et Gestion de l'En­vironnement en 2018, Soumia Arrassa se lance dans la valorisation de la bave à tra­vers la fabrication de savons cosmétiques et débute la production dans deux serres dont la surface est de 50 m2 chacune, soit 100 m2 au total et qui contiennent au total 150 kg d’escargots (15.000 escargots /100 de petit gris adultes ≈ 1 kilo).

«Nous pro­cédons à l’extraction de la bave 3 fois/an avec 2 à 3 g de bave par escargot. Avec 70 pontes d’oeufs par escargot tous les 6 mois, nous produisons 840000 nouveaux escargots 2 fois par an. D’ici 2021, nous prévoyons d’avoir 6 serres de 500 m2 afin de répondre aux besoins du marché à l’international», poursuit Soumia Arrassa.

Un marché juteux

Pour y répondre, Kokiaj Mogador prévoit l’extraction de 50 litres de bave d'escargot grâce à 8,5 tonnes de petit gris la première année, et 200 litres dans les 5 prochaines années, au prix de 10000 DH le litre « Nous avons décelé une demande très forte de bave d'escargot pur (sans eau et huile ajoutée), pour ne pas perdre les caractéristiques (l’allantoïne, l'acide gly­colique, le collagène, l'élastine...). Nous prévoyons de commercialiser nos produits à l'international en Espagne, France et Ita­lie via la Fédération interprofessionnelle de l’héliciculture, les fournisseurs d'escar­gots, les foires. Au Maroc, nous visons les pharmacies, les laboratoires cosmétiques et les centres esthétiques», précise pour sa part Abdelilah Arrassa co-fondateur de Kokiaj Mogador. «Nous avons investi 60000 DH. Actuellement nous avons be­soin de 650.000 DH pour développer le projet et atteindre un CA de 300.000 DH la première année. Nous aspirons à rajouter chaque année une serre et créer une source de revenus pour la population locale, pour­suit-il.

Lorsque les escargots seront adultes, la start-up prévoit de trier une quantité pour l'accouplement et la vente sur les marchés et l'autre quantité pour l'extraction de la bave et l'escargot. Celle-ci prévoit l'éle­vage des escargots à travers «la méthode de rideau» qui est une technique qui per­met une meilleure gestion de l’exploitation de la surface d'élevage ainsi que le main­tien de l’hygiène dans les serres. Avec cette technique, les excréments des escargots tombent par terre sans entrer en contact avec les gastéropodes. De plus, elle assure une ventilation satisfaisante pour éviter la propagation des maladies.

pots-003.jpg

Il s'agit là de la bave d'escargot après extraction. Celle-ci est ensuite stockée dans des boîtes stérilisées (Ph Kokiaj Mogador)

«Nous pré­voyons la construction de 3 unités pour l'accouplement, l’extraction de la bave et le stockage. Notre objectif est de produire 8,5 tonnes d'escargots chaque année pour l’extraction de 30 litres de bave pure», complète Samia Arrassa. La PME travaille sur la race Helix aspersa (le Petit-gris) qui est très répandue sur la façade atlantique française et aussi dans les pays méditer­ranéens (Europe et en Afrique du Nord).

C'est l’escargot le plus tendre, le plus savoureux et le plus recherché des gastro­nomes. Sa gestation dure une vingtaine de jours, le petit gris pond une moyenne de 85 oeufs en climat chaud et humide et peut pondre jusqu'à trois fois entre les mois de mars et octobre, les oeufs éclosent en deux semaines. Les jeunes escargots prennent un à deux ans pour atteindre la maturité.

«Pour l'accouplement et la ponte, les escar­gots sont très dépendants de la photopé­riode. L'accouplement débute lorsqu'il y a au moins dix heures de lumière par jour (soit vers la mi-février dans l'hémisphère nord) et s'arrête dès que la durée du jour repasse sous dix heures (soit vers la mi-novembre). Les zones où les journées dépassent dix heures mais avec des tempé­ratures froides peuvent perturber la repro­duction.», conclut Abdelilah Arrassa.

Vente garantie

elevage-descargo-003.jpg

Selon Jean-Claude Bonnet, l'auteur du livre «L'escargot helix aspersa: Biologie, élevage», la demande croissante d'escargots, en particulier en Europe, a créé des conditions de marché qui garantiront la vente de la quantité produite. La consommation française de l'escargot est estimée à 30.000 tonnes d'équivalent frais par an. Environ la moitié de ce marché (15.000 tonnes) est comblée par la récolte des escargots sauvages sur le terri­toire français. Le reste provient de l'import.

 

De notre correspondante permanente, Ghizlaine BADRI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc