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Economie

Les disparités territoriales se creusent dans la région Mena

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5697 Le 13/02/2020 | Partager
Les résultats du dernier rapport de la Banque mondiale présentés au forum mondial urbain
«Le destin d’une personne dépend de façon déterminante de son lieu de naissance»
Enorme impact sur la mobilité du travail y compris celle des diplômés
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Selon Ayat Soliman, directrice régionale développement durable à la Banque mondiale, la moyenne de la mobilité est très faible au niveau de la région Mena et elle n’augmente pas avec le niveau d’étude (Ph. BM)

- L’Economiste: Selon le dernier rapport de la Banque mondiale sur les disparités territoriales dévoilé au forum mondial urbain à Abu Dhabi, la région Mena se distingue par un développement spatial différent du reste du monde. Comment peut-on expliquer cette situation?

- Ayat Soliman: Le rapport observe qu’au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (Mena), le destin d’une personne dépend de façon déterminante de son lieu de naissance comparativement à toute autre région du monde. Ce poids des disparités territoriales dans la vie et la trajectoire des populations de la région tire son origine de certaines particularités du développement spatial de la région. En effet, les disparités territoriales sont plus fortes dans cette région que dans le reste du monde tandis que la mobilité du travail est la plus faible. Par ailleurs, les villes de la région Mena ne semblent pas produire les mêmes gains de productivité et la région reste marquée par un manque de connectivité et d’intégration économique au niveau national et régional qui nuit à la spécialisation des économies, aux échanges et à la croissance.

- La formation du capital humain fait également office de parent pauvre dans la région, selon le rapport. Quel est l'impact de ce phénomène?
- On observe en effet que les territoires défavorisés, c’est-à-dire les zones enclavées ou les zones touchées par des niveaux importants de pauvreté, présentent également des indices de développement du capital humain, que cela soit en termes de santé ou d’éducation, plus faibles que dans les zones les plus prospères. Bien que ce phénomène soit observé dans tous les pays du monde, il est particulièrement marqué dans la région Mena. Un des messages principaux du rapport est que, si l’activité économique est nécessairement concentrée géographiquement, les gouvernements devraient garantir à leurs citoyens un accès généralisé à des services de base qui puissent garantir un niveau de capital humain et donc un accès équitable aux opportunités sur l’ensemble de leurs territoires. Le rapport constate aussi le faible impact du niveau de qualification sur la mobilité géographique. En général, celui-ci devrait être un facteur moteur pouvant favoriser la mobilité. Plus une personne est diplômée, plus elle est susceptible de changer de ville ou de région.

- Comment ces disparités se présentent au Maroc?
- Sur la base des données qui ont été utilisées dans le rapport (qui date de 2006 dans le cas du Maroc), il apparaît que les disparités entre régions sont relativement moins marquées au Maroc que dans les autres pays de la région Mena. Il serait cependant pertinent de confirmer cette observation sur la base de données plus récentes. Une autre observation qui invite à la réflexion concerne la mobilité géographique particulièrement faible au Maroc que nous analysons sur la base des données de l’enquête «Arab Barometer».  Cette faible mobilité a un impact fort sur le potentiel de développement des pays puisqu’elle limite la capacité des personnes à tirer profit des opportunités de travail offertes par les territoires les plus dynamiques.

- Y a-t-il des exemples en matière de convergence régionale au niveau de la zone Mena?
- Il n’y a pas un exemple unique de réussite dans les différentes dimensions qui sont évoquées dans le rapport. Il y a des succès mais également des échecs. En termes de coordination et complémentarité des investissements, par exemple, Dubaï et Tanger constituent des exemples de réussite fondés sur la combinaison de réformes institutionnelles et d’investissements complémentaires qui ont permis de tirer profit des avantages géographiques inhérents à ces territoires.

Recommandations

Pour réduire ces disparités territoriales dans la région Mena, 5 recommandations ont été avancées dans le rapport de la Banque mondiale à commencer par le renforcement de la coordination et la complémentarité des investissements. Il faut responsabiliser et renforcer les collectivités locales pour une fourniture de services plus efficace. Et développer des compétences adaptées au marché du travail pour un meilleur accès aux opportunités. On recommande aussi de construire des villes denses et connectées sans oublier de renforcer l´accès au marché au niveau régional et national.

Propos recueillis par Noureddine EL AISSI

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