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Economie

Maroc-Turquie: Le dumping d’Ankara vise des secteurs entiers

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5696 Le 12/02/2020 | Partager
La révision de l’accord de libre-échange est impérative
Les députés sont unanimes, à l’exception du PJD
Ce parti prend la défense de l’ALE en dépit de l'important déficit

Moulay Hafid Elalamy semble déterminé à défendre l’emploi dans le secteur du textile. Le nombre de chômeurs après la fermeture d’usines de textile est en progression. Ainsi, en 2014, ce secteur a perdu 19.000 emplois, en 2015, pas moins de 24.000 et l’année suivante, 35.000.

Cette dégradation de la situation dans ce secteur s’explique notamment par le dumping pratiqué par la Turquie. La situation s’est aggravée et en tant que ministre de tutelle de ce secteur, il n’a pas le droit de se taire, même si son collègue en charge du Travail et de la réinsertion professionnelle (PJD) semble regarder ailleurs. 

En tout cas, lors de cette séance des questions orales, le RNI a fait preuve de vigueur, face au PJD qui a pris la défense de la Turquie. Pourtant, le Maroc enregistre un déficit en sa défaveur estimé à 20 milliards de DH par an. En effet, Mustapha Baytass, député et directeur du RNI, n’a pas fait dans la dentelle. Selon lui, cette politique agressive d’Ankara vise le Maroc parmi 17 marchés internationaux.

«Je peux vous affirmer aujourd’hui que ce pays développe une politique économique hostile au Maroc. Le but est de détruire des secteurs entiers dans le commerce et les magasins de prêt-à-porter. Ce qui sape les fondements de l’économie nationale», a-t-il martelé.

Le Royaume a développé des marchés traditionnels d’où viennent des touristes, des transferts de devises, mais avec la Turquie, «que gagne-t-on et quelles recettes engrange le Maroc dans cette relation commerciale», s’est-il interrogé.

«Vous devez continuer dans cette voie afin de réviser cet accord qui consolide les bénéfices et les intérêts d’une seule partie. Les droits du Maroc sont piétinés. Le dumping est arrivé à un niveau inacceptable. Nous ne pouvons plus tolérer de constater la destruction de nos PME, dans le textile ou ailleurs, sans réagir», s’exclamait le député du RNI en direction de Moulay Hafid Elalamy, son camarade dans le parti.

Ces propos ont été une sorte de réponse à l’intervention de Driss Azami, député du PJD. Cet ancien ministre délégué en charge du Budget a finalement pris la défense de l’ALE avec la Turquie en la noyant dans un exposé emprunt de généralités.

Ainsi, pour lui, «si nous faisons un calcul étroit, le Maroc est perdant. Si au contraire, nous voyons large, le pays est le grand gagnant. Ces accords ont consolidé l’ouverture du Maroc, ce qui nous a permis d’affirmer aux investisseurs étrangers que le Maroc a un potentiel de 1 milliard de consommateurs. Ils ont également permis d’ouvrir le tissu industriel national, loin des protections et des rentes. C’est à cause de cela que les investissements étrangers viennent au Maroc. C’est le volet positif». Rien que cela?

En tout cas,  cette affaire de déficit en faveur de la Turquie montre une autre division au sein de la majorité. La plupart des groupes parlementaires se sont exprimés en faveur d’une révision impérative de l’accord. C’est le cas du RNI, du MP, de l’Istiqlal, du PAM et du PPS. Tous en chœur, ont répété, chacun à sa manière, que le Maroc était le grand perdant dans ces accords.

Pour un député des chambres professionnelles, BIM concurrence les petits commerçants. Et pourquoi la Turquie ne veut pas investir au Maroc alors qu’elle le fait dans d’autres pays, a-t-il ajouté. Un autre parlementaire est favorable à ce que le Maroc marque un arrêt pour évaluer ces accords et procéder aux amendements nécessaires pour qu’ils soient gagnant-gagnant. En tout cas, tout le monde affirme que l’accord avec la Turquie était préjudiciable à l’économie marocaine.

Par ailleurs, le ministre a précisé que dans cette révision de l’accord avec la Turquie, certains hommes d’affaires vont souffrir. «Mais on n’y peut rien car le Maroc perd 44.000 postes d’emplois. C’est très bien qu’une dizaine de personnes gagnent de l’argent, mais pas sur le dos de la destruction du pays.  Nous ne pouvons fermer les yeux», a-t-il tranché.

Dans ce dossier, Driss Azami s’est montré très virulent en allant botter en touche. «Nous ne devons pas mentir aux Marocains sur la provenance de ces produits», s’est-il exclamé.

Pour lui, la défense commerciale est une bonne chose, avec l’augmentation des taxes, mais la meilleure façon de défendre est l’attaque. Le maire de Fès a expliqué le surplus réalisé avec la France par la mise en place d’un écosystème industriel intégré dans le secteur de l’automobile au Maroc. «Si nous voulons que le textile soit relancé, nous avons besoin d’un système industriel intégré», a-t-il dit.

Le textile commence à récupérer

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Selon Driss Azami, les opérateurs du textile doivent se réveiller. La fermeture éclair est importée à un prix inférieur à celle fabriquée au Maroc. «Aujourd’hui, nous discutons du textile comme le fils orphelin du plan de l’accélération industrielle. Ce que nous avons fait pour l’automobile et l’aéronautique doit être reproduit pour ce secteur dont le prix de revient est élevé. Si nous avons réussi dans l’automobile, aéronautique, en toute franchise, nous avons échoué dans le textile. Nous devons préparer les marques pour les vendre au Maroc et à l’étranger», a-t-il souligné. Le ministre n’a pas laissé passer cette critique du PJD. Pour lui, le textile est doté d’un écosystème. Le plan d’accélération industrielle comprend une composante textile qui a commencé à donner ses résultats. Ces dernières années, le secteur commence à récupérer sa santé et ses parts de marché. Surtout que les opérateurs ont adhéré à ce système.

M.C.

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