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    Analyse

    Rabat entame la territorialisation de l’offre de soins

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5691 Le 05/02/2020 | Partager
    Plus d’une dizaine de projets d’hôpitaux prévus dans les préfectures et les provinces de la région
    Avec une capacité additionnelle de près de 880 lits
    Mais la maîtrise de la gestion de certains chantiers pose problème

    Depuis les années 60, Rabat qui abritait le premier CHU du Maroc, a été la destination privilégiée de milliers de malades arrivant de diverses zones du pays à la recherche des soins adaptés aux pathologies complexes dépassant les compétences des hôpitaux locaux. Une affluence qui a favorisé la concentration des structures hospitalières aussi bien publiques que privées faisant de la capitale, le premier pôle médical d’excellence du pays.

    L'offre de soins étant rassemblée à Rabat, a conduit, et ce jusqu’au début des années 2000, à un important déficit en infrastructures médicales au niveau du reste de la région particulièrement dans le rural qui abrite 30% de sa population, soit plus de 4,5 millions de personnes.

    Pour illustrer ce déséquilibre, l’exemple de la préfecture de Skhirat-Témara qui dispose d'à peine une soixantaine de lits pour une population de plus de 630.000 habitants, soit un lit pour plus de 10.000 personnes! Une incohérence que l'on retrouve aussi dans les autres provinces comme Sidi Kacem, Sidi Slimane, Khémisset ou encore Kénitra. 

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    Plus d’une dizaine de projets d’hôpitaux sont en cours de constructions dont la majorité hors Rabat, ce qui va permettre d’améliorer l’accès aux soins au profit des populations des autres provinces et préfectures de la région. Pour réussir ce challenge, il faut doter ces nouvelles structures du personnel nécessaire pour leur bon fonctionnement

    Pour remédier à ce déséquilibre inquiétant, une vraie politique de territorialisation de l’offre de soins au niveau de la région s’impose. Une réflexion est actuellement menée par le ministère de la Santé pour la réorganisation territoriale de l’offre de soins dans laquelle les CHU joueront un rôle primordial. «Avec la direction régionale de la santé, la tutelle va élaborer une feuille de route sous forme d’un programme médical régional», selon une source proche de ce dossier.

    Pour le déploiement de ce chantier, les CHU de Rabat et celui de Tanger pourront être choisis dans le cadre d’une expérience pilote. Mais en attendant la concrétisation de cette nouvelle réorganisation, la région de Rabat-Salé-Kénitra (R.S.K) s’est engagée, depuis quelques années, dans un programme ambitieux avec le soutien des pouvoirs publics en vue de renforcer les infrastructures hospitalières et les équipements médicaux au niveau de ses différentes préfectures et provinces. «Au total, près de 120 projets en cours ou programmés dont 61 projets prévus dans le cadre de six conventions signées devant le Souverain», précise Abdelmoula Boulamizat, directeur régional de la santé R.S.K.

    Parmi ces projets, une dizaine de grands chantiers avec une capacité supplémentaire de 880 lits. «L’offre de soins est actuellement assurée par 21 structures hospitalières dont dix relèvent du CHU pour une capacité globale de 4.578 lits qui devrait passer à 5.459 lits d’ici fin 2021», selon le directeur régional de la santé. Cela grâce à la création de six nouvelles structures et l’augmentation de la capacité de 4 autres établissements. Un premier projet en cours, celui de la construction de l’hôpital de psychiatrie à Kénitra d’une capacité de 160 lits dont les travaux sont bien avancés avec une livraison prévue avant la fin de cette année.

    A cela s’ajoutent trois hôpitaux de proximité d’une capacité de 45 lits pour chaque unité. Les travaux sont bien avancés pour deux chantiers à savoir celui de l’hôpital de la commune Jorf Al Malha (province de Sidi Kacem) dont l’achèvement des travaux est prévu avant la fin de 2020. Et de même pour le futur hôpital de Sidi Yahya dont la livraison est attendue courant 2021, selon la direction régionale de la santé. Par contre, pour le troisième projet concernant la ville de Tamesna, l’avancement du chantier enregistre du retard par rapport à l’échéance prévue initialement.

    Par ailleurs, 4 autres projets portent sur la reconstruction et le renforcement de capacité des hôpitaux dans les villes de Kénitra, Khémisset et Témara et Rabat. Le plus avancé est celui de l’hôpital régional de Rabat dont l’achèvement des travaux est prévu avant la fin de cette année. Il s’agit d’une nouvelle structure construite au sein de l’hôpital existant Moulay Youssef dotée d’une capacité de 300 lits, ce qui va contribuer à atténuer la charge sur le CHU de Rabat.

    Supervisé par la société Rabat région aménagement, ce chantier se déroule dans de bonnes conditions avec un avancement record en comparaison aux autres projets particulièrement celui de l’hôpital provincial de Témara (voir encadré). A noter que l'investissement mobilisé pour la réalisation de ce projet qui s’inscrit dans le cadre du programme de Rabat ville lumière avoisine 480 millions de DH, selon les premières estimations.

    A Kénitra, il est également prévu d'augmenter la capacité de l'hôpital provincial pour atteindre 450 lits. Le taux d’avancement de ce chantier avoisine 60% et tous les efforts seront déployés pour le livrer courant 2021. La même échéance est prévue pour le projet de reconstruction de l’hôpital provincial de Khémisset qui sera doté d’une capacité de 260 lits.

    Enfin, le projet de construction du nouveau CHU Ibn Sina qui sera d’une capacité avoisinant 850 lits pour un investissement global d’environ 2,6 milliards de DH.  

    «Grâce à ces projets, le problème de l’offre de soins ne se posera plus au niveau de notre région à partir de 2021, ce qui va contribuer à l’amélioration de la qualité du service et le travail des professionnels de santé», conclut le directeur régional de la santé.

                                                                                           

    L’hôpital «maudit»

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    Lancé en 2007, le projet de construction du nouvel hôpital provincial de Temara traîne encore. Un chantier qui a donné du fil à retordre aux différents responsables régionaux ainsi qu'aux deux derniers ministres de la santé. Depuis 2016, plusieurs dates de mise en service ont été avancées, mais en vain. «Il reste encore quelques retouches à effectuer avant une mise en service prévue début de l’été prochain», confie une source proche du dossier.

    L'énorme retard enregistré (plus d’une décennie), est dû à plusieurs facteurs à commencer par le choix du site pour sa réalisation. Ce dernier est situé en plein centre-ville niché juste derrière le siège de la préfecture, ce qui rend son accès difficile notamment pour les ambulances en cas d’urgence.

    Le site est également mitoyen à une usine et à la voie ferrée. Un impact direct sur les conditions d’hospitalisation des malades qui ont besoin de tranquillité dans un cadre convenable. Pourquoi le choix d’un tel site totalement inapproprié, alors qu’il était possible de mobiliser le foncier à Tamesna par exemple? Cela aurait permis de relancer cette ville nouvelle qui peine à quitter son statut.

    Autre dysfonctionnement à relever, la défaillance de la première entreprise chargée des travaux. Un premier marché résilié, une refonte du projet avec changement de capacité de 150 à 250 lits avec la démolition de l'existant, occasionnant ainsi un surcoût de 100 millions de DH par rapport aux 200 millions de DH prévus à l'origine, confie une source proche du projet.

    Un retard préjudiciable à la zone où l'offre de soins et les indicateurs de santé restent largement en dessous de la moyenne de la région. Depuis 1995, toute la préfecture de Skhirat Temara dispose d’un seul centre hospitalier à savoir l’hôpital Sidi Lahcen d’une capacité de 60 lits pour une population dépassant les 600.000 habitants. Soit un lit pour 10.000 personnes contre une moyenne au niveau de la région d’un lit pour 1.036 habitants et un lit pour 232 rbatis, sans tenir en compte l’offre des cliniques privées situées dans la capitale.

    Noureddine EL AISSI

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