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International

La bataille de l'après-Brexit

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5690 Le 04/02/2020 | Partager
Le volet commercial se veut le noyau dur des discussions
La pêche, vitale pour plusieurs Etats
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«Nous sommes prêts à proposer un accord commercial très ambitieux comme pilier central du partenariat», a indiqué le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, Michel Barnier, lors de la présentation à Bruxelles de la position de l'Union sur la future relation (Ph: AFP)

L'Union européenne et le Royaume-Uni se sont lancés, lundi 3 février, dans la bataille de l'après-Brexit. Les deux parties doivent se mettre d’accord sur la nouvelle architecture de cette relation. Le volet commercial se veut le noyau dur des discussions. «Les Européens étaient prêts à négocier avec le Royaume-Uni un accord commercial très ambitieux», a indiqué Michel Barnier, le négociateur en chef de l'Union européenne sur le Brexit.

Cet accord constituera «le pilier central du partenariat avec Londres et vise notamment à éliminer tous les droits de douanes et tous les quotas sur les biens échangés avec le continent», a-t-il expliqué en présentant hier lundi à Bruxelles la position de l'UE sur la future relation. Et d’ajouter que l'Union n'accepterait pas de voir émerger une économie dérégulée à sa porte, qui profiterait «d'avantages concurrentiels déloyaux».

En écho, le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est empressé de souligner que «le Royaume-Uni s'engageait à ne pas faire de concurrence déloyale à l'UE». Il a rejeté également tout alignement sur les règles de l'Union après le Brexit comme «prix du libre-échange», comme le souhaite le bloc des 27 en abordant les négociations commerciales à venir.

«Nous allons restaurer notre pleine souveraineté sur nos frontières, l'immigration, la concurrence, les règles encadrant les subventions, les approvisionnements, la protection des données», a-t-il insisté.

Les négociations porteront principalement sur le partenariat économique, en particulier l'accord de libre-échange, les questions de sécurité et le dispositif juridique prévu pour régler les litiges. Pour les Européens, l'accès au marché unique du continent, fort de ses quelque 440 millions de consommateurs, sera conditionné par le respect des normes sanitaires, environnementales, sociales et fiscales, sans oublier celles sur les aides d'Etat aux entreprises. Ce marché est crucial pour Londres puisque l'UE reste son premier partenaire commercial.

Les Européens veulent mener les négociations en parallèle sur tous les sujets afin de limiter le risque de divisions, duquel les Britanniques pourraient tirer profit. La pêche, sur laquelle les deux parties ont promis de s'entendre avant le 1er juillet, sera l'un des sujets ultra-sensibles de la négociation. Les pêcheurs de plusieurs Etats membres, comme la France et le Danemark, sont dépendants des eaux britanniques. Ces dernières représentent 30% du chiffre d'affaires des pêcheurs français.

La pêche pourrait constituer une monnaie d'échange dans ces discussions, par exemple pour l'accès au continent des services financiers britanniques, cruciaux pour la City de Londres. Un premier bilan sera dressé fin juin. Ce qui devrait permettre d'évaluer le risque d'un «no deal», un spectre qui va continuer à planer, avec ses conséquences désastreuses, sur les discussions.

Alors qu'il s'engage dans un nouveau bras de fer avec l'UE, le Royaume-Uni cherche de nouveaux partenaires, du côté de son allié historique américain mais aussi en Asie-Pacifique.

Des opportunités s’ouvrent aussi pour le Maroc. Au cours des deux dernières années, ses relations avec le Royaume-Uni ont été renforcées, d'abord à travers un accord stratégique signé en 2018, puis par un accord de partenariat en 2019, à l’instar de celui conclu avec l'UE.

Impact sur la livre sterling

La livre sterling a baissé nettement face aux principales devises et notamment face au dollar. Hier dans la matinée, elle a perdu 1,04% face au billet vert, à 1,3069 dollar, et 0,82% face à la devise européenne, à 84,69 pence pour un euro. La devise britannique est pénalisée par les craintes d’un échec des négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l'UE, qui affichent d'ores et déjà leurs lignes rouges. En 2019, le cours de la livre a en effet eu des airs de montagnes russes et a chuté à chaque fois que les craintes d'une sortie sans accord semblaient se matérialiser. Depuis le référendum sur le Brexit en juin 2016, la livre a perdu environ 10% face au dollar et à l'euro.

F. Z. T.

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