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    Economie

    ALE Maroc/Turquie: Les textiliens noyés jusqu'au cou

    Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5688 Le 31/01/2020 | Partager
    Les commandes à l’export d’Inditex siphonnées
    Les 3 propositions formulées par l’Amith

    Pas moins de 60% des volumes écoulés par les enseignes étrangères sur le marché doivent être fabriqués localement. Encourager l’installation d’au moins cinq grands opérateurs turcs dans l’amont textile au Maroc, et instaurer un droit de douane commun de 30% sur les importations textiles de façon permanente.

    Telles sont les propositions des textiliens dans le cadre de la renégociation de l’ALE Maroc-Turquie. L’annonce a été faite par Mohammed Boubouh, président de l'Association marocaine des industries du textile et de l'habillement (AMITH), le mercredi 29 janvier, lors d’une conférence de presse organisée au siège de l’association. Le nouveau président a évoqué la situation du secteur et plus précisément le dossier de la concurrence turque.

    Essayer d’instaurer des droits de douane de 30% dans le cadre d’accords de libre-échange pourrait interloquer plus d’un. Surtout que de tels accords sont supposés éliminer les obstacles au commerce, avec des droits de douane faibles ou quasi inexistants. «Protectionnisme!», pourrait-on dire. Le porte-parole des textiliens n’est pas du même avis.

    «Nous avons beaucoup de mal à survivre. Ce que nous demandons est légitime. S’il y a des marques étrangères qui veulent vendre sur notre marché local, elles sont les bienvenues, mais il faut des conditions», argumente le président de l'Amith, qui soutient mordicus qu’instaurer des droits de douane permettra la création et le développement de marques marocaines orientées vers le marché local.

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    Les importations textiles en provenance de Turquie ont connu une croissance soutenue depuis la signature de l’Accord de libre-échange (ALE) entre les deux pays. L’import d’articles et étoffes de bonneterie, vêtements confectionnés, tissus et fils en coton sont passés de 7,8 milliards de DH en 2015 à 9,6 milliards de DH en 2018, soit 22% de croissance

    L’objectif des textiliens est de se réapproprier le marché local. Longtemps délaissé en raison de la faiblesse du pouvoir d’achat de la masse market locale, le consommateur marocain redevient attrayant. L’essentiel des acteurs du secteur s’étant tourné vers l’export surtout à destination de l’Europe et les Etats-Unis, délaissant le marché local aux Turques, grossistes, importateurs et l’informel.

    Certaines marques marocaines ont, tout de même, réussi à se frayer une place sur le marché local et développer leur réseau de distribution, notamment Diamantine, Marwa, Anaé,… Cependant, leurs ventes ne représentent même pas 10% d’un marché local estimé entre 40 et 50 milliards de DH. «Nous vendons en Europe. Cela veut dire que nous avons le savoir-faire, la qualité et les prix pour être compétitif sur notre propre marché», fait valoir le président de l’Amith.

    «Les importations massives en provenance de la Turquie constituent un frein pour la production locale. Les destructions d’emplois se comptent par milliers. Beaucoup de nos confrères ont fermé. Des centaines d’entreprises ont fermé entre 2016 et 2019», insiste Mohammed Boubouh, pour contextualiser les exigences des professionnels du textile dans le cadre de la renégociation de l’ALE Maroc-Turquie.

    Les discussions menées actuellement concernent l’accord dans sa globalité. Mais avons-nous tiré les bonnes leçons afin qu’une énième décision ne soit prise à la hâte, sans études approfondies ni actions visant à préparer le marché local aux changements qui pourraient en découler. Pour rappel, des mesures de sauvegarde ont été instaurées jusqu’au 31 décembre 2021 pour protéger le marché local contre les importations massives.

    Les choses ne s’améliorent pas quand les responsables en charge de sourcing de grands donneurs d’ordres comme Inditex, qui représentent entre 55 et 60% des commandes réalisées au Maroc (exportations), se tournent de plus en plus vers les textiliens turcs.

    «Il est faux de croire que la Turquie nous fait souffrir uniquement sur le marché local. C'est aussi le cas à l’export. Une bonne partie des commandes adressées au Maroc est réorientée vers la Turquie». La cause: les opérateurs marocains sont plus chers que les Turques, qui du fait de la dévaluation de leur monnaie, parviennent à baisser les prix de 1 à 1,60 euro par rapport aux propres plateformes d’Inditex. Le phénomène dure depuis 2018.

    Reconquérir le marché local

    «Si jamais on veut encourager des industriels qui sont orientés vers l’export aujourd’hui et qui font de la bonne qualité, il faut les encourager à créer des marques pour s’implanter sur le marché local», soutient Mohammed Boubouh, président de l’Amith. Il affirme que l’association est en discussion, depuis deux mois, avec les pouvoirs publics pour étudier la possibilité de créer des grossistes marocains. «C’est-à-dire qu’au lieu que les commerçants de souk Korea aillent vers la Turquie pour importer, nous pouvons fabriquer des produits de bonne qualité et les écouler à travers eux». Ce modèle est d’ailleurs l’une des forces de l’industrie turque. Pourquoi ne pas s’en inspirer? Pour ce faire, les textiliens demandent des aides pour la création d’enseignes, la location des points de vente et l’aménagement.

    M.Ko.

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