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Economie

Transformation structurelle de l’économie: Eviter le modèle «Maquiladoras»

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5686 Le 29/01/2020 | Partager
Et ainsi de développer un système à deux vitesses
Insuffisance des gains de productivité, lenteur des réformes... encore et encore
La CDG convie des experts pour réfléchir sur cette nouvelle donne

Avec la conférence consacrée à la «transformation structurelle de l’économie marocaine, pour une croissance durable et inclusive», Abdellatif Zaghnoun met la main à la pâte. Le DG du groupe CDG, sans le dire directement, veut apporter sa pierre à l’édifice en construction, qu’est le nouveau modèle de développement.

Pour se pencher sur cette question, il a convié d’éminents experts étrangers et marocains dont notamment Elie Cohen, économiste et directeur de recherche au CNRS français qui a fait part de son émotion en revenant sur «les terres de son enfance» (il est né à Meknès).

Au programme également, Jesko Hentschel directeur département Maghreb et Malte, Yassir Zououi, partner, Mckinsey & Company, Youssef Saâdani, directeur des études économiques de la CDG,… Plusieurs questions ont été abordées comme celle de savoir s’il faut renoncer au schéma de développement des économies asiatiques et quel rôle de l’Etat dans une telle transformation.

Sur ce dernier point, Latifa Chihabi a été catégorique: «ce qui manque est la vitesse de réalisation des réformes». Pour convaincre, la secrétaire générale du groupe CDG donne  «l’exemple de la charte d’investissement. En effet, depuis 3 ans, nous y travaillons mais rien n’est encore venu».

Auparavant, Abdellatif Zaghnoun a planté le décor: «si les transformations structurelles au niveau sectoriel, déployées depuis le début de cette décennie sont significatives, elles n’ont pas encore atteint le niveau escompté». La composition du PIB est restée marquée par l’importante domination des services, à 57%, suivis du secteur industriel (29%) et l’agricole (à 14%). Pour lui, durant cette même période, «le secteur tertiaire a connu une croissance supérieure à celle de l’industrie. Sa contribution au PIB est en moyenne près de deux fois et demie supérieure à celle du secteur industriel».

Il faut dire que le PIB hors agriculture n’a progressé que de 3% par an, soit un rythme nettement inférieur à la moyenne des pays à revenu intermédiaire qui s’est établi à 5% durant cette décennie. Pour le patron du groupe CDG, la faiblesse de la croissance marocaine est due principalement à «l’insuffisance des gains de productivité». Elle s’explique également par la lenteur de la transformation structurelle de son tissu productif.

«Si le Maroc a réussi à faire émerger de nouvelles filières exportatrices, avec des percées notamment dans l’automobile et l’aéronautique, ces dynamiques restent localisées. Elles n’ont pas encore pris une dimension systémique à l’échelle du pays», dit-il. Selon lui, elles sont limitées à quelques secteurs, avec une valeur ajoutée locale relativement faible. Elles sont portées majoritairement par des entreprises étrangères.

Pendant ce temps, l’entrepreneuriat local continue de s’orienter vers les secteurs protégés de la concurrence internationale. Le défi du Maroc est d’éviter de s’enfermer dans un modèle productif de type «Maquiladoras», en développant une économie à deux vitesses.

L’effort d’investissement du Maroc est l’un des plus élevés du monde, avec une FBCF supérieure à 30% du PIB. Cette accumulation de capital explique l’essentiel de la croissance économique, tandis que la productivité globale des facteurs n’y contribue que faiblement, à hauteur de 0,5 point par an.

Or, l’expérience internationale montre que les gains de productivité sont le véritable moteur de croissance à long terme, expliquent les experts. Dans ce contexte, les pouvoirs publics ont pris conscience de la nécessité de rééquilibrer le modèle de développement du Maroc en passant d’une logique d’accumulation à une logique de productivité des facteurs de production.

Pour le président de CDG invest, Abdellatif Zaghnoun, «la transformation structurelle de l’économie marocaine nous donne l’impression de contourner  le secteur secondaire en passant d’une économie à prédominance agricole vers une économie de services. C’est un schéma de changement structurel différent de celui, souvent cité en modèle, de la transformation impulsée par le secteur manufacturier rencontré en Asie du Sud-Est».

Ainsi, des transformations au niveau du tissu industriel s’opèrent, donnant lieu à des rythmes d’évolution différenciés qui se distinguent par un repli de la part des secteurs traditionnels en faveur des nouveaux métiers mondiaux, à plus fort potentiel. Cette nouvelle configuration a ouvert de grandes opportunités en matière d’insertion dans les chaînes de valeur mondiales et lui a permis de consolider ses exportations hors phosphates.

Concept mexicain

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Le concept de «Maquiladoras» est l’équivalent mexicain des zones de traitement pour l’exportation. Ce terme désigne une usine qui bénéficie d’une exonération des droits de douane pour pouvoir produire à un moindre coût des marchandises assemblées, transformées, réparées ou élaborées à partir de composants importés. A la fin des années 90, le Mexique était largement axé sur «les Maquilas». Mais depuis les délocalisations massives vers la Chine, l’économie mexicaine a souffert de cette réorientation de la production, mais cela a permis au pays de passer d’une économie de manufacture basique axée sur le textile à des centres d’ingénierie, de design et de R&D en aéronautique (Safran y est implanté) et l’automobile (95% des constructeurs sont présents au Mexique). Le Maroc s'est beaucoup intéressé à ce concept. En 2007, une délégation marocaine, présidée par Salaheddine Mezouar, à l'époque ministre du Commerce et de l’Industrie avait effectué une visite au Mexique. L'objectif était de s’enquérir de l’expérience de ce pays. Pour un grand nombre d'experts, ce modèle s'épuise de plus en plus.

                                                                                   

Le rôle des financeurs à long terme

Un panel a été consacré au rôle des investisseurs et financeurs de long terme dans l’accélération de la transformation sectorielle. Les organisateurs voulaient tirer les enseignements de l’expérience internationale en matière de contribution des banques de développement et des institutions financières publiques dans la montée en gamme, de l’innovation et de la diversification productive. Lotfi Sekkat, PDG du CIH Bank, a dû remettre les pendules à l’heure: «ne croyez pas que la banque croule sous les demandes de financement de PME et de PMI et que nous disons non! La demande n’est pas là». Le CIH a essayé d’impulser des startups pour les accompagner dans le financement. Cela a abouti à une sélection de certaines, orientées vers les services. Dans l’aéronautique, l'établissement bancaire est en train d’organiser «un séminaire pour sélectionner des industriels pour leur présenter nos offres du CIH et espérer obtenir quelques demandes de financement», a noté le président du CIH Bank.

M.C.

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