×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Politique

Congrès du PAM: Abdellatif Ouahbi se lance dans la bataille

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5683 Le 24/01/2020 | Partager
Il a annoncé jeudi 23 janvier sa candidature au secrétariat général
Son programme marque une rupture avec les pratiques du passé
Il et Cheikh Biadillah, les deux candidats en lice
abdellatif-ouahbi-083.jpg

Si Abdellatif Ouahbi est aux manettes du PAM, le rapprochement avec le PJD sera une simple formalité. Le député est connu par sa proximité avec les dirigeants islamistes. Sur la photo, il est avec Abdallah Bouanou et Abdelaziz Omari (à gauche) respectivement maires PJD de Meknès et de Casablanca (Ph. Bziouat)

Après une période d’hésitation et de consultations, Abdellatif Ouahbi a finalement décidé de se lancer dans la bataille pour décrocher le poste de secrétaire général du PAM lors du prochain congrès. Il devra affronter Mohamed Cheikh Biadillah qui a déjà annoncé sa candidature début janvier.

D’autres peuvent se déclarer. Le programme qu’il a présenté lors d’une conférence de presse donnée jeudi 23 janvier au siège du parti marque une rupture avec les anciens secrétaires généraux. Il veut aussi prendre ses distances avec l’image qu’inspire le PAM au sein de l’opinion publique.

En d’autres termes, le député et membre du bureau politique du PAM veut couper le cordon ombilical avec l’Etat. C’est une sorte de désengagement qu’il s’impose au point d’affirmer que les fondateurs du parti ont surestimé la gestion de l’Etat face à la demande pressante de démocratisation du paysage politique. En fait, il veut normaliser le PAM pour devenir un parti ordinaire comme tous les autres.

Si la compétition se limite à ces deux postulants, Abdellatif Ouahbi aura beaucoup de chances de l’emporter. Son adversaire est un revenant puisqu’il a occupé le poste de secrétaire général entre 2009 et 2012. En outre, Mohamed Cheikh Biadillah  a été gouverneur, ministre de la Santé et président de la Chambre des conseillers. Il fait donc partie de l’ancienne garde et a été aux premières loges lors de la création du Mouvement pour tous les démocrates, l’ancêtre du PAM.

Aux yeux de plusieurs responsables dans le parti, Abdellatif Ouahbi représente le renouveau et la relance d’une formation qui était encore il y a quelques semaines au bord de l’implosion. Les tentatives de réconciliation des deux clans ont fini par les convaincre d’enterrer la hache de guerre. Mais ce que certains ne disent pas ouvertement, c’est qu’ils ne comprennent plus cette détermination à camper dans l’opposition.

Avec Abdellatif Ouahbi à la tête du PAM, il y a des chances que le parti entre au gouvernement à la suite des élections législatives de 2021. Sinon, ceux qui veulent gouverner devront attendre les échéances suivantes de 2026 pour espérer réaliser leurs vœux. Les plus pressés peuvent passer le pas et pratiquer la transhumance vers le RNI.

En tout cas, la carte de Abdellatif Ouahbi tente beaucoup de congressistes. Ils veulent profiter des avantages d’être dans la coalition gouvernementale, faute de la conduire. Leurs cadres pourront facilement intégrer la haute administration, aujourd’hui prise d’assaut par les militants du PJD, du MP, du RNI… Surtout, ils ont été séduits par l’élection de la pamiste Fatima El Hassani, ancienne journaliste de la MAP, à la présidence de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, avec les voix du PJD.

C’est le clan de Ouahbi qui a été à la manœuvre. Cette nouvelle orientation politique pourrait être la ligne de démarcation du 4e congrès qui se tiendra à El Jadida. En tout cas, avec Abdellatif Ouahbi aux manettes du PAM, le rapprochement avec le PJD pour entrer au gouvernement, est une formalité.

Il est connu par sa proximité avec leurs dirigeants. Et donc, dans cette configuration, il risque de faire de l’ombre au RNI qui est dans la coalition gouvernementale dirigée par le secrétaire général du PJD. Ce dernier a tourné la page de l’alliance avec le PPS pour s’ouvrir vers la 2e force politique, qu’est le PAM. Benchamach n’était pas en mesure de le faire. Demain, pourquoi s’en priver, surtout que ce scénario permet au secrétariat général du PJD de ne pas dépendre en exclusivité du RNI. Du coup, il est preneur à 100 pour 100.

Une compétition entre le RNI et le PAM est sournoise. Le premier compte récupérer les notables qu’il a perdus en 2015-2016, attirés par les sirènes du PAM et sous l’impulsion des manœuvres d’Ilyas El Omari. Pourront-ils résister encore longtemps aux appels indirects de la nouvelle présidence du RNI? Si le PAM tombe dans les mains de Mohamed Cheikh Biadillah, c’est du pain béni pour Aziz Akhannouch.

Si au contraire Abdellatif Ouahbi en devient le secrétaire général, il croisera le fer avec l’état major du RNI. Un combat particulier. Comme ils chassent sur les mêmes terres, les éclats du baroud ne manqueront pas d’occuper la scène politique.

Pour les prochaines élections, le PAM n’a pas encore dit son dernier mot. Si sa santé se rétablit, en s’éloignant des brebis galeuses et des pratiques d’un passé récent, il peut encore jouer dans la cour des grands. Au niveau du nombre des élus locaux, le parti occupe une place de choix. S’ils lui sont restés fidèles et veulent travailler sur le terrain, ils peuvent encore réaliser des exploits. Car, une grande partie des élections législatives se jouent sur les élus locaux.

La gauche radicale en recul

Cette nouvelle ouverture politique n’arrange pas les affaires de la gauche radicale qui avait trouvé dans l’attaque des islamistes son fonds de commerce. Depuis sa création, le PAM les a considérés comme le punching-ball au point que plus le PJD recevait des coups, plus il se renforçait. Cette gauche radicale a été beaucoup plus incarnée par le clan du Rif, qui marque sa descente de la cabine de pilotage. Après la démission de Ilyas El Omari, le départ programmé de Hakim Benchamach et la disparition des radars de Aziz Benazzouz, c’est le clan des rifains qui est affaibli.

Mohamed CHAOUI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc