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    Economie

    CGEM: Et maintenant, au travail!

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5683 Le 24/01/2020 | Partager
    Chakib Alj et Mehdi Tazi, élus président et vice-président général
    Prochaine étape: la formation du gouvernement du patron des patrons
    Nouveau modèle de développement, élections générales…
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    Le mandat 2020-2023 du nouveau patron des patrons coïncidera avec une période riche en événements au niveau national: adoption d’un nouveau modèle de développement, élections générales, avènement d’un nouveau gouvernement… (Ph. Jarfi)

    C’est par un score de 96,18% que le binôme Chakib Alj et Mehdi Tazi ont été élus, mercredi 22 janvier, respectivement aux postes de président et de vice-président général de la CGEM pour le mandat 2020-2023. Soit 4.112 voix sur un total de 4.275 voix exprimées.

    Une élection sans surprise, le tandem n’ayant pas d’adversaire, mais l’enjeu était surtout le taux de participation et le nombre de voix obtenues. Nous sommes loin du suspense qui avait marqué l’élection de Salaheddine Mezouar, opposé à Hakim Marrakchi.

    Le mandat du nouveau patron des patrons ne sera pas de tout repos. Il coïncide avec le chantier amorcé par la Commission spéciale pour le nouveau modèle de développement qui devrait rendre sa copie l’été prochain. Sur ce point, à l’image d’autres associations politiques, syndicales, de représentants de la société civile, le patronat a déjà sa vision.

    «Il faut lever les freins au développement de nos entreprises, à savoir, l’accès au financement, les délais de paiement, l’ouverture à l’international, la mise à niveau de nos entreprises. Il faut intégrer la révolution numérique, tendre vers une économie plus solidaire, économiquement efficace, sans oublier la parité», a déclaré le président lors de son allocution devant un parterre de plus de 700 femmes et hommes d’affaires.

    Le nouveau binôme se veut fédérateur en promettant de défendre les intérêts de toutes les entreprises quelles que soient leur taille, leur région ou leur secteur d’activité. «Une priorité sera donnée à nos PME-PMI qui représentent plus de 95% du tissu économique. Priorité également au secteur industriel, créateur d’emplois dans la durée», a annoncé Alj.

    Pour arrêter son programme, le binôme avait effectué une cinquantaine de rencontres pour sonder les attentes des fédérations sectorielles et les antennes régionales de la CGEM. La feuille de route portée par le tandem Alj-Tazi s’articule autour de quatre blocs: levée des contraintes pesant sur les entreprises, ouverture de nouveaux marchés,  renforcement de la compétitivité des entreprises, amélioration de l’efficacité de la CGEM.

    «Nous militons pour que les industriels reconquièrent le marché marocain et pour cela, il faut relever trois défis: les marchés publics sont un levier de croissance pour nos entreprises. C’est à travers ces marchés qu’elles accèdent à l’expertise nécessaire pour se développer ensuite sur un marché bien plus grand: le marché mondial», souligne Mehdi Tazi, déclinant le programme.

    Le challenge sera maintenant d’activer la préférence nationale au profit de l’entreprise marocaine et de veiller à ce que les 30% de la commande publique promis par le gouvernement soient effectivement réservés à la PME, aux auto-entrepreneurs et aux coopératives. Il s’agit également d’utiliser les mêmes outils que les pays concurrents.

    «Nous avons besoin d’un fonds de soutien à nos exportations. Nos concurrents proposent systématiquement des solutions de financement, alors que nous ne nous défendons qu’avec nos compétences techniques. C’est le cas de la Turquie avec Tika, de la France avec l’AFD, de la Chine avec Eximbank pour ne citer qu’elles et je suis loin d’être exhaustif», a rappelé Mehdi Tazi.

    Plusieurs chantiers attendent le nouveau président de la CGEM: la révision du code du travail dans le sens d’une plus grande flexibilisation, l’adoption du projet de loi sur la grève, la refonte des contrats spéciaux de formation, la mise en œuvre de nouveaux instruments de financement de l’entreprise, l’intégration de l’informel… Autant de priorités qu’il faudra accélérer avant 2021.

    En effet, pour la première fois au Maroc, toutes les élections auront lieu en même temps: renouvellement des deux chambres du Parlement, élections territoriales (communes, conseils de regions). Par conséquent, tous les interlocuteurs du patronat risquent d’être pris par les préparatifs des élections qui devraient avoir lieu en octobre 2021.

    Mais avant cette échéance, le nouveau président est attendu sur la formation de son gouvernement. En effet, il s’agit de désigner les personnes qui formeront le prochain bureau de la CGEM aux côtés des présidents de fédérations et d’unions régionales (43 personnes, en plus de 2 femmes entrepreneurs et 2 jeunes entrepreneurs qui sont tous des membres de droit).  Ces derniers, sur proposition du président, pourront désigner des membres du conseil d’administration supplémentaires dans la limite de 1/3 des membres de droit.

    La question que tout le mode se pose maintenant concerne le nombre de commissions transverses qui seront constituées car il déterminera la composition du conseil. Selon les premières indiscrétions, Alj serait pour une douzaine de commissions au lieu des 27 actuellement, dont très peu sont efficaces.

    La nouvelle architecture devrait être dévoilée lors d’un conseil d’administration dans les tout prochains jours.

    Bio express

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    ■ Chakib Alj, président
    Chakib Alj a démarré son activité de chef d’entreprise en tant que dirigeant de la Société Nouvelle des Moulins du Maghreb, leader dans son domaine. Il a investi dans divers secteurs tels que l’aviculteur, la production d’aliments de bétail, la transformation de viandes blanches, la charcuterie…. Il est aujourd’hui à la tête d’un groupe employant plus de 2.000 personnes.

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    ■ Mehdi Tazi, vice-président général
    Diplômé de Télécom Paris Sud, titulaire d’un MBA de l’Institut Européen d'Administration des Affaires (INSEAD), Mehdi Tazi a fait ses premières armes à KPMG Consulting France. Entre 2010 et 2017, il a été administrateur de plusieurs compagnies d’assurances du groupe Saham, de Taslif, de CAT avant de racheter le cabinet Beassur en 2017.

    Hassan EL ARIF

     

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