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    Chronique

    Les relations internationales en 2020: Quels enjeux?

    Par Jawad KERDOUDI | Edition N°:5678 Le 17/01/2020 | Partager

    Jawad Kerdoudi est président de l’Imri (Institut marocain des relations internationales) (Ph. JK) 

    L'expérience récente a montré qu’il est très difficile de faire des prévi­sions en matière de relations internatio­nales. Cependant, en tenant compte de ce qui s’est passé en 2019, et hors de tout événement imprévisible, on peut considé­rer que les événements qui suivent vont jouer un grand rôle en 2020.

    On peut placer en premier lieu les élections présidentielles américaines qui auront lieu le 3 novembre 2020. Les Etats-Unis restent la première puissance mondiale, et le président américain joue un grand rôle à la fois sur le plan national et international. Certes, Donald Trump a été mis en accusation le 18 décembre 2019 par la Chambre des représentants qui s’est prononcée en faveur de la des­titution par 230 voix contre 197.

    Mais son procès aura lieu au Sénat en début de cette année 2020, où la majorité républi­caine est solide et aucune voix dissidente ne se fait entendre. Donald Trump pourra donc gagner son procès et intensifier sa campagne que les démocrates abordent sans leader évident. On peut estimer qu’il gagnera vraisemblablement son élection avec tout ce que cela comporte pour les quatre prochaines années pour les Etats-Unis et pour le monde.

    Le second événement qui aura une portée glo­bale est le Brexit (sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne) qui sera offi­ciel à partir du 31 janvier 2020. En effet, le Premier ministre britannique Boris Johnson a gagné confor­tablement les élections lé­gislatives du 12 décembre 2019, et obtenu un vote favorable sur l’accord de retrait qu’il avait négocié.

    Mais le Brexit ne devien­dra effectif qu’après une période de transition pour négocier la future relation entre l’île et le continent, comportant plusieurs ac­cords de libre-échange, pêche, sécurité, défense. Il est prévu à la fin 2020 pour conclure les nouveaux traités. Le Brexit, lorsqu’il entrera en vigueur, donnera lieu à une nouvelle confi­guration des relations du Royaume-Uni avec l’Union européenne et le reste du monde.

    L’année 2019 a été marquée par des soulèvements populaires qui ont eu lieu sur les quatre continents. En Afrique, ce fut le cas de l’Algérie et du Soudan, tan­dis que le Moyen-Orient s’est embrasé en Irak, Iran et Liban. En Europe, la France a connu les manifestations des «Gilets jaunes» et des opposants à la réforme de la retraite. Hong-Kong a eu la plus grave crise depuis sa rétrocession à la Chine, les candidats pro-démocratie ont remporté les élections locales.

    Enfin en Amérique latine, des manifestations ont eu lieu au Venezuela, Haïti, Chili, Bolivie, Colombie et Equateur. Certes chaque cas est spéci­fique, mais les raisons de ces soulèvements sont politiques: lutte contre les dictatures, opposition aux gouvernements en place, réclamation de plus de démocratie, ou économiques et sociales: amélioration du pouvoir d’achat, lutte contre les inégalités sociales et territoriales. Ces soulèvements vont continuer en 2020 et ne cesseront que lorsque satisfaction sera donnée aux mani­festants.

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    La saga Brexit, Gilets jaunes, manifestations... encore une année très chaude (Ph. AFP)

    Le Proche-Orient restera bouillant en 2020 entre les conflits en Syrie et au Yémen, l’impasse dans le conflit israé­lo-palestinien, la contestation au Liban et en Irak, ou encore la rivalité exacer­bée entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Ce dernier pays se désengage de l’accord international de 2015 sur son programme nucléaire, en riposte au retrait de l’accord des Etats-Unis en 2018. Ce qui lui a valu des sanctions lourdes des Etats-Unis qui ont fait chuter ses exportations de pétrole de 80% en deux ans.

    L’Iran est aussi ac­cusé par les Etats-Unis d’avoir procédé à des attaques dans le Golfe et sur des ins­tallations pétrolières saoudiennes. L’éli­mination à Bagdad par les Américains le 3 janvier 2020 du général iranien Qassem Soleimani risque d’entraîner une escalade qui pourrait mettre à feu toute la région du Moyen-Orient. Un autre point chaud en Afrique est la Libye qui vit une situation chaotique avec un pouvoir bicéphale et l’intervention des puissances étrangères dont la Turquie qui a annoncé l’envoi de troupes au début de cette année en appui au gouvernement de Fayez El Serraj de Tripoli.

    L’autre source d’inquiétude est l’urgence climatique mondiale du fait que juillet 2019 a été le mois le plus chaud mesuré dans le monde. Après l’accord en­courageant de Paris sur le climat signé en 2015, la COP25 qui s’est tenue à Madrid du 2 au 15 décembre 2019 a eu des résultats décevants, du fait que les Etats n’ont pas réussi à se mettre d’accord pour rehausser leurs ambitions et pour définir les règles du marché du carbone. Tous les espoirs reposent maintenant sur la COP26 qui aura lieu à Glasgow en 2020. A noter la formi­dable mobilisation des jeunes en faveur de la conscience climatique symbolisée par la jeune suédoise Greta Thunberg.

    Sur le plan de l’économie mondiale, la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine a mis à mal les échanges, a éro­dé l’investissement des entreprises et mis des emplois en danger. Selon l’OCDE, la croissance de l’économie mondiale n’a été que de 2,90% en 2019 avec une prévision de 3% pour 2020. Quant aux échanges de biens et services, la progression n’a été que de 1,1% en 2019 avec une prévision de 1,6% en 2020. D’où la nécessité de mettre fin le plus rapidement possible aux tensions commerciales, qui risquent d’entraîner des ruptures dans les réseaux d’approvisionne­ment, et d’exercer un effet de freinage sur la confiance, l’emploi et les revenus.

    Pour éviter le pire...

    Sansêtre exhaustive, cette chronique montre la complexité et la dangerosité des problèmes qui vont se poser aux relations internationales en 2020. Outre le Brexit ou encore l’élection présidentielle américaine, l’événement le plus inquié­tant est le risque de déflagration au Moyen-Orient suite à une guerre opposant les Etats-Unis à l’Iran. Partout dans le monde, les pressions sociales et l’activisme coordonné autour de questions telles que la protection de l’environnement, les droits politiques et de l’homme, les inégalités et la vie privée se sont intensifiées.
    Non moins importante est la résolution des conflits qui persistent dans plu­sieurs régions du monde, la question climatique et les tensions commerciales internationales. Il faut espérer que des solutions puissent être trouvées le plus rapidement possible afin d’éviter le pire.

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