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Economie

Le flop de la logistique

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5668 Le 03/01/2020 | Partager
Le taux de réalisation de la stratégie 2010-2015 estimé à 14%
Le coût de la logistique/PIB toujours à 19,6% au lieu de 15%
La Cour des comptes lance son enquête
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La mise en œuvre de la stratégie logistique a pâti du retard dans la création des organes de gouvernance et l’élaboration du cadre réglementaire

La Cour des comptes vient de démarrer son enquête au sujet de la stratégie logistique 2015-2020. Au cours de sa récente réunion avec Chakib Alj et Mehdi Tazi, binôme candidat à la présidence de la CGEM, la Fédération du transport a poussé un coup de gueule contre les retards de la feuille de route dont le taux de réalisation (gouvernance, publication des lois, sécurisation des zones logistiques, formation…) est estimé à 14% à peine. 

Selon les derniers chiffres de l’Observatoire marocain de la compétitivité logistique, la valeur ajoutée globale de la logistique en 2017 totalise 5,15% du PIB, soit 50 milliards de DH contre 34 milliards en 2010. La contribution directe de la logistique à la formation du PIB serait de 24 milliards de DH, soit 2,7% du PIB, enregistrant une progression de 4,3% par rapport à 2016.

Mais c’est le coût de la logistique qui constitue le premier indicateur significatif de l’activité. En 2006, le coût de la logistique avait été estimé à 20% du PIB par la Banque mondiale, puis par le cabinet McKinsey, il était resté bloqué à 19,6% en 2018.

L’objectif de la stratégie était de le ramener à 15% fin 2015. Autant dire que ce plan qui avait été élaboré sur la base de l’étude McKinsey en 2007 (livrée en 2008) est un flop. Non seulement, les objectifs n’ont pas été réalisés valeur d’aujourd’hui, mais ces derniers sont maintenant dépassés.

La période passée a été plus consacrée aux études plutôt qu’à la sécurisation du foncier. C’est l’un des principaux écueils à l’origine du retard de la logistique. L’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL) parlait d’identification alors qu’il y a un énorme gap entre le fait de repérer un terrain et de l’acheter.

Abdelkader Amara, ministre de l’Equipement(1), avait déclaré que «l’une des principales contraintes du chantier tient à l’indisponibilité immédiate de foncier aux meilleurs prix». Il avait alors invité les parties prenantes à redoubler d’effort pour la sécurisation et la mobilisation du foncier.

Mais depuis, les prix de la location des parcs logistiques ont dégringolé (jusqu’à 35 DH/m2/mois contre 45 DH il y a quelques années). Les principaux investisseurs ont suspendu ou revu à la baisse leurs projets. Ce qui s’est traduit par un faible taux de réalisation des objectifs de création d’emploi: 26.000 nouveaux postes, soit 27% contre 50% initialement prévu.

Le repli des tarifs de location s’explique, entre autres, par l’absence d’un régulateur qui sévirait contre des pratiques frisant le dumping. Une mission que l’agence ne peut pas exercer de par les attributions qui lui sont dévolues par la loi. La Fédération du transport demande à ce que l’AMDL soit érigée en régulateur et qu’elle soit déchargée des fonctions d’aménageur-développeur, qui devraient revenir au privé.

«A l’image de l’ANRT, l’AMDL devrait être placée sous la présidence du chef du gouvernement et dotée du pouvoir de prononcer des sanctions. Ce qu’elle ne peut faire actuellement», regrette la fédération. Pour une plus grande neutralité, l’Observatoire de la logistique ne devrait plus être sous la tutelle de l’AMDL.

L’échec de la stratégie logistique, qui enregistre cinq ans de retard, pousse le patronat à réagir. «Nous réclamons une nouvelle stratégie en tenant compte de nouvelles dimensions telles que la digitalisation, le développement massif du e-commerce, l’adaptation de la fiscalité au secteur… », déclare la Fédération.

Le ministère de tutelle ne devrait donc plus se focaliser sur une feuille de route dont les objectifs sont aujourd’hui dépassés. Ce qui passe par la réalisation d’une nouvelle étude pour évaluer l’existant et tracer de nouveaux objectifs.

En attendant, la Fédération insiste pour que la SNTL et Autoroutes du Maroc se contentent de jouer un rôle régalien. La SNTL, qui traverse maintenant de grosses difficultés financières, ne doit plus concurrencer le privé dans l’aménagement et la location des parcs logistiques.

La CGEM demande d’adopter l’approche Yield Management. L’idée est d’arrêter des tarifs préférentiels favorisant la circulation des poids lourds pendant la nuit sur les autoroutes qui enregistrent une baisse de trafic sur cette plage horaire. Ce qui permettra d’augmenter la fréquentation du réseau autoroutier pendant les heures creuses, de réduire la consommation de gasoil, les émissions de gaz à effet de serre ainsi que la sinistralité.

Sur le plan fiscal, les opérateurs proposent de revoir la fiscalité telle que la taxe professionnelle, la taxe sur les services communaux (TSC). Les professionnels s’opposent à l’application d’un même barème de la TSC aux garages commerciaux et les parcs logistiques. La taxe étant un impôt pour la collecte des déchets est jugée inéquitable car les parcs logistiques génèrent moins de déchets que les garages commerciaux dont le chiffre d’affaires au m2 est largement supérieur.

L’indexation des prix aux calendes grecques

Au milieu de l’année 2018, le groupe parlementaire de la CGEM avait déposé une proposition de loi pour demander l’indexation des prix des prestations de transport sur le cours du pétrole. L’objectif étant de préserver la rentabilité et la compétitivité des entreprises de transport. Le principe serait d’élaborer un coût moyen de référence par catégorie de chargement (matières périssables, courantes, dangereuses…) et type de véhicules (plateau, benne, citerne). Le transporteur pourrait répercuter le différentiel de prix du gasoil entre le moment de la signature du contrat et la réalisation de la prestation. La CGEM avait reçu les assurances du ministre du Transport pour soutenir la proposition. Plus d’un an plus tard, aucun texte n’a été mis en route.

Hassan EL ARIF

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(1) Lors de la Journée marocaine de la logistique en octobre dernier

 

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