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Economie

Sécurité alimentaire: Les déficits maintenus à l’horizon 2025

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5665 Le 30/12/2019 | Partager
Ils concernent les céréales, les légumineuses, le sucre et l’huile d’olive
Des excédents devraient s’intensifier pour les fruits, légumes, viandes et produits laitiers
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Globalement, les projections de l’offre et de la consommation humaine laissent entrevoir une amélioration de la couverture des besoins alimentaires de la population à l’horizon 2025. La dépendance vis-à-vis de l’import devrait se réduire progressivement mais resterait critique pour les céréales, les légumineuses alimentaires, le sucre et l’huile d’olive

De profonds changements dans la cartographie alimentaire au cours de la dernière décennie. Ceci, en ligne avec les transitions démographique, sociale, économique et nutritionnelle. Mais la performance du secteur agricole est restée modérée, en comparaison avec l’objectif fixé par le Plan Maroc vert, relève le HCP dans sa dernière livraison sur la sécurité alimentaire à l’horizon 2025. 

A commencer par le manque à gagner de 31,7 milliards de DH par rapport à un revenu additionnel de 100 milliards de DH en 2020.  En dépit de l’effort de  modernisation du secteur, son taux de croissance est resté volatil et sa part dans le PIB a baissé. De même, la contribution dans la création d’emplois s’est inscrite sur un trend baissier.

Entre 2008 et 2018, cette contribution est passée de 40,9% à 34,1%, alors que la dynamique engendrée par le PMV devait s’accompagner d’une création brute de 125.000 emplois, en moyenne, par an. Pour le HCP, l’examen de l’évolution de la production agricole, pour la période 2019-2025, met en parallèle deux scénarios. L’un tendanciel, l’autre découlant des projections de la stratégie agricole. Les deux confirment la persistance de la dépendance alimentaire du Royaume en matière de produits de base.

Plus précisément, le premier scénario, qui envisage les évolutions tendancielles les plus probables des rendements et des assolements agricoles, prévoit un surplus de la valeur ajoutée nominale de 10,85 milliards de DH par an, en moyenne, entre 2018 et 2025.  Alors que le second, qui s’ajuste aux objectifs chiffrés du Plan Maroc vert, révèle pour sa part un gain supplémentaire de 29,10 milliards de DH par an, en moyenne.

La comparaison des résultats des projections de l’offre et de la consommation des produits alimentaires à l’horizon 2025 révèle une réduction de la dépendance alimentaire du Maroc vis-à-vis de l’extérieur, avec un taux de couverture des besoins qui dépasserait 100% pour les fruits et légumes, les poissons et les produits à base animale. Le surplus moyen de la production par rapport à la consommation par personne se situerait à 42%, pour les fruits et légumes, à 14% pour le poisson et 62% pour les œufs.

Les agrumes, les pommes de terre et les tomates afficheraient des excédents de production de l’ordre de 148%, 41% et 20% respectivement selon le même scénario. Ces produits afficheraient également des excédents plus importants selon le scénario du ministère de l’Agriculture. Faisant l’objet de contrats-programmes spécifiques dans le cadre du PMV, les œufs,  les viandes rouges et blanches connaîtraient des surplus de 53%, 18% et 44%, en moyenne, au cours de la période 2019-2025.

L’excédent de la production dépasserait le double de la consommation par personne pour les agrumes et les produits laitiers. Ces surplus seraient, principalement, le fait d’une amélioration de la disponibilité intérieure par habitant, basée sur des importations massives d’intrants et des conditions favorables en matière d’eau d’irrigation. Ils imposent, néanmoins, le déploiement d’une stratégie de valorisation  des produits pour procurer un supplément  de revenu aux producteurs.

Hors produits d’origine animale et fruits et légumes, les autres biens alimentaires présenteraient toujours un problème de couverture à l’horizon 2025. Le Maroc continuerait d’importer des quantités non négligeables de céréales, et le déficit de  production par rapport à la consommation atteindrait 28% selon le scénario tendanciel et 41% selon le SPMV.

La part du blé dans les importations de céréales se maintiendrait à un niveau élevé (63% en moyenne). Le taux de dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs atteindrait 43% en moyenne, selon le SPMV. Selon le scénario tendanciel, les légumineuses alimentaires afficheraient un déficit de 23%, en moyenne par personne.

L’huile d’olive devrait, également, enregistrer un déficit de production qui devrait s’intensifier en tenant compte d’une amélioration des exportations. Le taux de couverture des besoins locaux devrait se situer à moins de 60%. La couverture des besoins par la consommation du sucre resterait également critique à l’horizon 2025.

En dépit des mesures de soutien des filières sucrières, le Maroc resterait encore dépendant des marchés extérieurs à hauteur de 65% selon le premier scénario qui tient compte des tendances de l’évolution de la filière au cours des dix dernières années. Le déficit de production par rapport à la consommation s’établirait à 30%, en moyenne, entre 2019 et 2025, selon le scénario tendanciel.

Globalement, et pour chacun des deux scénarios examinés, les projections de l’offre et de la consommation humaine laissent entrevoir une amélioration de la couverture des besoins alimentaires de la population à l’horizon 2025. La dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs devrait se réduire progressivement mais resterait critique pour les céréales, les légumineuses alimentaires, le sucre et l’huile d’olive.

Néanmoins, la convergence des perspectives de production des filières agricoles vers un des deux scénarios, notamment celui du PMV, resterait difficile et conditionnée par trois principaux facteurs. Il faut en premier lieu une pluviométrie au-dessus de 300 mm par an et bien répartie dans le temps et l’espace.

Or le régime pluviométrique au Maroc est caractérisé par une grande variabilité, avec pour conséquence une volatilité de la production des céréales et des légumineuses. Les autres filières agricoles (animale et végétale) fortement consommatrices d’eau nécessiteraient un apport considérable en matière d’irrigation.

Le second facteur tient au maintien  des subventions,  notamment pour le blé tendre et le sucre, malgré l’importance des coûts budgétaires. La suppression des aides dont ils bénéficient pénaliserait l’offre alimentaire du pays en ces produits, notamment lors des mauvaises campagnes.

Enfin, l’effort de rattrapage quant aux cibles relatives aux filières sucrière, oléicole et laitière: les projections d’augmentation de la production agricole s’inspirent des prévisions de la stratégie du Plan Maroc vert. Or la comparaison des réalisations de ces filières par rapport aux prévisions, une décennie  après le lancement du PMV, a révélé un retard relativement important en termes de réalisation des objectifs. Des efforts considérables restent ainsi à déployer pour résorber les déficits.

Percée de la production agricole entre 2008 et 2018

Le rythme de progression des activités agricoles s’est accéléré au cours de la dernière décennie. Stimulé en cela par une pluviométrie moyenne annuelle de 385 mm, supérieure à une saison normale. La valeur ajoutée du secteur s’est élevée à 124,4 milliards de DH en 2018, contribuant pour 11,5% au PIB global. En volume, le taux de croissance du secteur agricole s’est amélioré entre 2009 et 2018, atteignant 6,3%, en moyenne par an, au lieu de 2,4% entre 1998 et 2007.
Les recettes des exportations des produits agricoles ont affiché une croissance annuelle moyenne de 8,6% au cours des dix dernières années, passant de 11,4 milliards de DH en 2008 à 27,1 milliards en 2018.
La prise en compte des produits agroalimentaires a permis de relever les exportations des produits agricoles (bruts et transformés) à 58,1 milliards de DH en 2018, contribuant pour 13,5% aux exportations de biens. Quant aux importations des produits agricoles et de la pêche, elles se sont élevées à 40,7 milliards de DH en 2018, mais leur rythme d’évolution au cours des dix dernières années a été moins soutenu que celui des exportations: 0,07% en moyenne par an.

A.G.

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