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Economie

Programmes sociaux: Un Marocain sur deux ignore leur existence

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5661 Le 24/12/2019 | Partager
La santé publique, otage du clientélisme et de la mauvaise qualité de service
L’écrasante majorité juge le système non accessible aux citoyens
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La qualité des prestations de la couverture médicale est jugée moyenne à faible par 82,8% de la population. L’ordre de cette appréciation est valable pour les citadins et les ruraux

Incroyable mais vrai. La moitié des Marocains ignore l’existence de pro­grammes sociaux de lutte contre la pau­vreté, la couverture médicale ou encore les caisses de retraite. La principale raison avancée par le HCP, c’est le peu de béné­fice qu’ils en tirent.

Interrogés sur la connaissance des programmes publics de soutien aux pauvres, 47,6% des Marocains déclarent les connaître. Parmi eux, 37 % ont cité l’Initiative nationale pour le dévelop­pement humain (INDH), 25,2% le pro­gramme d’aide aux veuves, 23,9% celui du million de cartables et 7,9 % le Tayssir. Dans le monde urbain, le classement des programmes reste le même qu’au niveau national. Alors que dans le monde rural, le million de cartables vient en tête avec 29,2%, suivi par l’INDH, 28,7%, l’aide aux veuves, 23%, et Tayssir, 11,2%.

Pourtant, la protection sociale s’érige en priorité dans le cadre des objectifs de développement durable de l’agenda 2030. La dernière livraison du HCP, renseigne sur l’ampleur des volets toujours occul­tés par la population la plus exposée aux inégalités et à la précarité. Ses résultats se basent sur 2 enquêtes: celle de 2012 sur les jeunes et le sondage sur le bien-être, réalisée également la même année.

Les données ayant été par ailleurs actua­lisées en 2016. La contribution se veut une analyse des opinions des citoyens âgés de plus de 18 ans sur le système de protection sociale. Elle met en relief les préoccupations et attentes par rapport aux prestations de sécurité sociale et les défi­cits inhérents à ce système.

Les Marocains qui se disent au courant de l’existence des programmes déclarent que les pauvres n’en bénéficient que peu (65,5%) ou pas (23,5%). Ce jugement est généralement le même selon le milieu de résidence, l’âge et le statut socioprofes­sionnel. Les raisons avancées expliquant le faible impact de ces programmes sont le clientélisme (40,6%), la faiblesse des services (30,6 %) et les difficultés d’accès aux prestations (22,7%).

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Pour la plupart des catégories socioprofessionnelles, le clientélisme, la difficulté d’accès et la faiblesse des services sont les facteurs limitant l’efficacité des programmes d’aide aux pauvres

Alors que dans le milieu urbain, ce sont les réseaux clientélistes qui sont dénoncés en premier lieu (43,8%), dans le monde rural, ce sont les gains limités, 37,5%. Le système de santé est caracté­risé (selon les enquêtés) par la mauvaise qualité des services et la faillite du sec­teur public. Sont citées, la faiblesse des infrastructures et des ressources ainsi que la cherté des prestations.

Pour réduire le recours à l’endettement ou aux paiements directs par les ménages, les Marocains proposent «l’extension de l’assurance maladie à toute la population». S’agissant de la qualité de l’offre de santé publique, les sondés s’estiment insatisfaits. La moi­tié des enquêtés affirme que «la mauvaise qualité des services» et «le faible encadre­ment médical» sont les deux principales causes de ce faible accès aux services de santé.

S’ajoute également le coût élevé des prestations médicales. En effet, 60,3 % des Marocains interviewés jugent les dépenses de santé comme «exception­nellement élevées», et que l’endettement reste à hauteur de 37,1% la solution pour financer les prestations de santé.

Alors que les récents résultats de l’enquête sur l’emploi (2017) estiment que 46,6 % des Marocains ont une couverture médicale, presque neuf Marocains sur dix (88,9%) pensent que le système de couverture médicale «n’est pas accessible à tout le monde.

Quant à la qualité des prestations de la couverture médicale, elle est jugée «faible» par 44,3% de la population. Les femmes paraissent plus critiques que les hommes sur cette question, puisque 56,2% d’entre elles jugent la couver­ture médicale faible contre 43,2% des hommes.

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Par catégories socioprofessionnelles, ce sont les ouvriers non qualifiés qui ne sont pas au courant de l’existence de ces programmes (59,8 %). Suivent les opérateurs du secteur primaire (52,1 %) et ouvriers qualifiés (51,6%). Presque la même proportion est relevée auprès des chômeurs (51,1%), et les commerçants (49,9%)

Il est à relever également, que 51,7% des citoyens qualifient la qualité de la couverture médicale de faible ou très faible, 35% moyenne et 13,3% bonne. A cet égard, les solutions alternatives vont vers la privatisation de la santé publique: 47,6% des sondés. L’absence ou la fai­blesse du système de protection sociale (régime de retraite, allocations de chô­mage) pousse les personnes âgées à tra­vailler, et procure un sentiment d’insécu­rité chez les jeunes.

Face à l’insatisfaction alarmante des Marocains enquêtés vis-à-vis de l’offre de l’emploi, les jeunes sont les plus nombreux à dévoiler un senti­ment d’insécurité de l’emploi. A peine, 2,9% des jeunes déclarent être satisfaits de l’offre d’emploi, chez les autres (97,1 %), la déprime est la règle.

Ce sentiment d’insécurité se révèle légitime quand on dé­couvre que seuls 3,8% des jeunes chômeurs ayant déjà travaillé sont inscrits dans un régime de pension ou de retraite. En 2016, les trois quarts des Marocains ne sont pas inscrits dans une caisse de retraite. Concernant les motifs poussant les gens à travailler au-delà de 60 ans, 44,7 % des Marocains affir­ment que la faiblesse ou l’absence d’une couverture sociale est la principale raison.

Selon l’enquête du bien-être, près de 60% pensent que la qualité des systèmes de retraite est faible ou très faible. Par milieu de résidence, les appréciations suivent la même tendance. L’emploi décent, l’appui social public et la généralisation de la couverture sociale sont considérés comme principaux fac­teurs de réduction des inégalités.

A.G.

 

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