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International

D’Alger à Tripoli, un agenda politique inédit

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5660 Le 23/12/2019 | Partager
L’Algérie manifestante réclame une constitution antisystème
Coopération militaire entre La Libye et la Turquie
Risque d’embrasement régional, selon l’ONU
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Manifestations incessantes en Algérie depuis presque un an. Les citoyens  réclament le démantèlement du «système» qui dirige le pays depuis l’indépendance en 1962. La Libye tente depuis 2011 de s’extirper d’une guerre fratricide. Son Gouvernement d’Union exhorte les Etats-Unis notamment à activer les accords de coopération sécuritaire  (Ph. AFP)

L’Algérie gronde, la Libye se déchire. Ces deux pays maghrébins font face à une conjoncture politique inédite. A Alger, la rue poursuit ses manifestations au lendemain de l’installation du nouveau président algérien, Abdelmadjid Tebboune.

Les Algériens rejettent les élections et «le système» politique ayant engendré cette «nouvelle» présidence. «Ou bien c’est vous, ou bien c’est nous. Nous n’allons pas nous arrêter», scandent les manifestants durant ce 44e vendredi. Ils continuent à bouder l’offre de dialogue émise par les tenants du pouvoir depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962. 

Abdelmadjid Tebboune succède à Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier a été contraint de démissionner en avril 2019 après 20 ans de présidence. Le mouvement de contestation populaire, dit El Hirak, est entré pourtant dans son 11e mois. Une Algérie jeune gouvernée par un homme de 74 ans exige un «changement radical».

Le nouveau chef de l’Etat s’est pourtant montré prêt à discuter avec le «Hirak». Il a déclaré vouloir «amender» la Constitution. Avec comme but de «réduire les pouvoirs du président de la République». Pour le Hirak, les promesses présidentielles sont en deçà des revendications. Il réclame notamment une Constitution totalement nouvelle. D’Alger à Tripoli, la tension politique cède la place aux armes.  

Un accord de coopération militaire a été signé avec la Turquie. Il ouvre la voie à une intervention turque plus poussée en Libye. Et ce, pour contrer le maréchal Khalifa Haftar qui est soutenu par des pays rivaux d’Ankara comme l’Egypte et les Emirats arabes unis. Ce pays du Golfe est hostile aux courants islamistes proches du pouvoir turc.

La Turquie a aussi des motivations  économiques et stratégiques. Des gisements d’hydrocarbures découverts en Méditerranée orientale aiguisent l’appétit de la Turquie. Mais aussi d’autres pays riverains  que sont la Grèce, Egypte, Chypre et Israël. Ils ont des relations diplomatiques difficiles avec Ankara.

En Libye, les forces du Gouvernement d’union nationale (GNA) sont les seules reconnues par l’ONU. Cette coalition est basée à Tripoli. Elle est parvenue à résister aux troupes de Haftar qui sont finalement parvenues à entrer dans le centre de la capitale. Le GNA craint que son rival ne parvienne à prendre un avantage définitif.

«La Turquie peut fournir au GNA de la défense anti-aérienne, notamment un système de brouillage de drones, plus de conseillers et des drones plus modernes», selon Arnaud Delalande, spécialiste des questions de défense. Une telle aide pourrait «rééquilibrer les forces», a estimé l’expert qui a toutefois écarté un éventuel envoi de soldats turcs combattre sur le terrain et les frappes aériennes.

Outre la Turquie, le GNA a demandé à quatre autres «pays amis» à savoir les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Algérie de l’aider à repousser l’offensive de son ennemi.

Des analystes et l’ONU mettent en garde contre le risque d’une escalade et d’un scénario à la syrienne où de nombreuses grandes puissances et forces régionales ont été engagées. Et ce, dans le cas d’une implication plus directe de pays étrangers en Libye. A l’instar de l’Egypte et des Emirats Arabes unis, la Russie et la France sont elles aussi accusées de soutenir le maréchal, du moins sur le front diplomatique.

«Les combats ont fait au moins 284 morts et 363 blessés parmi les civils, depuis le début du conflit armé en avril 2019. Il a contraint plus de 140.000 Libyens à se déplacer», selon les derniers chiffres de l’ONU.

F.F.

 

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