×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

La framboise bradée à moins de 40 DH/kg à l’export

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5660 Le 23/12/2019 | Partager
Offre pléthorique européenne et marocaine
L’interprofession réclame une subvention du transport aérien pour pénétrer les marchés lointains
framboise-060.jpg

Sur la dernière décennie, le framboisier a enregistré un essor jamais réalisé par d’autres cultures. Sa rentabilité a attiré de nouveaux investisseurs qui se recrutent parmi les professions libérales mais aussi de gros primeuristes

Les producteurs de framboise broient du rouge et du noir. De nouveau, les prix de ce petit fruit rouge ont plongé de 50% sur les marchés européens, première destination des exportations. En cause, la persistance de la vague de froid qui fait que la consommation soit portée sur d’autres fruits, notamment les agrumes.

Or l’hiver concède normalement un avantage compétitif au producteur marocain vu que la production en Europe arrive à terme en cette période. Mais pour la profession, il y a aussi une forte croissance des superficies et de production. Selon Amine Bennani, vice-président de la  Fédération interprofessionnelle marocaine des fruits rouges, «la campagne 2019-2020 a montré les limites de ce modèle de production».

Sur la dernière décennie, le Maroc a une forte hausse des superficies plantées en framboise. Elles ont été multipliées par 16 fois, selon la profession,  passant de 150 ha  en 2009 à plus de 3.100 ha cette année. «La campagne 2019-2020 démarre avec une chute des prix de la framboise due aux volumes produits  aussi bien au Maroc qu’en Espagne», explique Bennani. Du coup, les prix négociés en décembre ont varié entre 20 et 40 DH/kg. Des niveaux qui ne couvrent pas les coûts de production: 50 DH/kg en moyenne, est-il précisé.

Et la production devait s’inscrire sur une tendance haussière. Pour la présente  campagne, les prévisions des professionnels indiquent que la baisse des prix devrait se maintenir sur les premières semaines de 2020. Le manque à gagner résultant de la dégringolade des prix serait considérable. «Surtout pour les jeunes exploitants fraîchement installés», prévient la profession.

Aussi est-il urgent d’initier une réflexion sur le devenir du secteur des petits  fruits rouges de manière générale. Pour l’Association marocaine des producteurs des fruits rouges, la voie salvatrice se trouve dans la diversification des marchés, notamment la Chine et l’Inde. A cet effet, elle a demandé  au ministère de l’Agriculture de passer des conventions bilatérales pour faire agréer les organismes marocains de contrôle auprès de ces deux pays.

Mais l’éloignement de ces deux pays va imposer l’utilisation du transport aérien, vu qu’il s’agit de produits fort périssables. Le coût de fret varie entre 25 et 30 DH/kg. Le pays a enregistré ces dernières années une forte hausse des superficies plantées en framboise aussi bien dans la région du Loukkos que celle du Souss-Massa. 

En une décennie, elles sont passées de 30 hectares à plus de 3.400 cette saison. (Voir infographie ci-dessus). L’installation de la culture se déroule entre mai et août pour une production hivernale dont la cueillette démarre vers le mois de novembre et s’étale jusqu’à  juin de l’année d’après.

Hautement périssable, la framboise est exportée à l’état réfrigéré (4 degrés). D’où sa limite à gagner les marchés outre-Atlantique ou ceux des pays du Golfe comme c’est le cas pour les autres fruits rouges, en particulier la fraise. Pour la Fédération des producteurs et exportateurs des fruits rouges, l’urgence d’une adaptation du framboisier aux conditions du marché s’impose.

«D’autant plus que le débouché local ne constitue pas une soupape de sécurité vu sa désorganisation et les bas prix offerts», relève Bennani. Il faut dire que la filière des fruits rouges attire les investisseurs. En particulier de grands groupes aussi bien nationaux qu’étrangers. C’est que la filière est capitalistique (voir repères) mais aussi hautement rentable.

De  moins d’un millier de tonnes en 2008, la production est passée cette année à 27.500 tonnes. Cet essor est le fait tout particulièrement de gros investisseurs qui disposent de moyens logistiques appropriés. Ceci, aussi bien au niveau de la production agricole que de la valorisation et de l’export. Sauf que la rentabilité dépend aussi des conditions climatiques favorables.

export-framboise-060.jpg

L’export des petits fruits rouges a pratiquement doublé en 10 ans pour atteindre 140.000 tonnes environ. Ceci pour une production estimée à 200.000 tonnes

Et c’est le cas dans le périmètre du Loukkos. La zone concentre en effet les 4/5 de la production nationale de la fraise, la framboise et la myrtille. La filière génère aujourd’hui un chiffre d’affaires avoisinant les 4 milliards de DH et assure plus de 6 millions de journées de travail durant 9 mois au niveau des exploitations agricoles et des stations de conditionnement.

Le périmètre du Loukkos compte une vingtaine d’unités de conditionnement et de surgélation installées pour la majorité par des investisseurs délocalisés. Il dispose en effet de plusieurs atouts qui expliquent la dynamique. D’abord, la ressource hydrique ne fait pas défaut.

La proximité des marchés européens a ensuite favorisé l’installation de producteurs et exportateurs européens,  notamment espagnols. Le tout stimulé également par les incitations à l’investissement, surtout les subventions aux équipements de l’irrigation localisées et les stations de conditionnement.

Aujourd’hui, la filière réalise un chiffre d’affaires voisin de 4 milliards de DH dont 3,3 milliards à l’export, soit plus des 2/3 des ventes des agrumes. De plus, ses marchés sont relativement diversifiés par rapport aux agrumes et primeurs.

Au niveau national, la superficie totale des fruits rouges  a connu un accroissement remarquable en passant d’environ 3.035 ha en 2009-2010 à 8.400 ha cette campagne, soit un bond de 176%. La production suit la même dynamique. Elle a enregistré une forte hausse de 84% sur la même période. Pour cette campagne, elle culmine à près de 200.000 tonnes.

Coûts de production à l’hectare du framboisier (en DH)

  • Structure métallique (140.000 DH amortissable sur 5 ans): 28.000
  • Plastique blanc couverture + cordage: 22.000
  • Plants: 100.000
  • Main-d’œuvre: 180.000
  • Traitement phytosanitaire et engrais: 30.000
  • Irrigation (redevance eau et énergie): 8.000
  • Location du foncier: 13.000
  • Divers: 21.000
  • Rendement export entre 8 et 9 tonnes /ha.

A.G.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc