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    Elections CGEM/Chakib El Alj: «Je m’engage à rétablir la confiance chez les patrons»

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5659 Le 20/12/2019 | Partager
    «Je ne suis pas un politique!»
    Coup d’envoi des tournées régionales ce lundi
    Industrie, régions, PME-PMI, croissance... Le socle du programme 2020-2023
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    Chakib El Alj, futur président de la CGEM: «Ma décision de me présenter à la présidence de la CGEM est motivée par une seule conviction forte. Il est temps pour moi de réagir et de redonner à mon pays ce que mon pays m’a donné... Je précise que je ne suis membre d’aucun parti politique» (Ph. CE)

    «Il ne peut pas y avoir de croissance sans confiance. La confiance est le maître mot», insiste Chakib El Alj, candidat unique à la présidence de la CGEM 2020-2023. C’est la première sortie médiatique du futur patron des patrons. Le successeur de Mezouar entame sa campagne électorale (avec son colistier Mehdi Tazi). Après avoir écouté et échangé avec les différentes fédérations sectorielles, dès ce lundi 23 décembre, le binôme démarre sa tournée régionale.

    - L’Economiste: Comment cela se fait-il que le patronat s’est réduit à une seule candidature pour la présidence du prochain mandat? A priori, la campagne sera sans suspense, puisque les résultats sont connus d’avance?
    - Chakib El Alj:
    Nous avons engagé un processus de concertation avec toutes les fédérations et les régions pour ne pas perdre de temps et construire ensemble notre programme 2020-2023. La CGEM est dans une approche démocratique, toutes les bonnes volontés pouvaient présenter une candidature et nous aurions été ravis de confronter nos idées.

    - Que peut apporter un minotier doublé d’un assureur à l’industrie et au milieu des affaires?
    - Cela fait plus de 30 ans que j’opère en tant qu’industriel et à travers mes responsabilités à la tête de fédérations professionnelles, auxquelles s’ajoute le parcours de Mehdi Tazi en tant que dirigeant de haut niveau et entrepreneur... Cette expérience cumulée nous permet de parfaitement maîtriser le quotidien auquel sont confrontés les entreprises et les entrepreneurs. Nous nous voulons des «hommes de terrain», qui apportent le pragmatisme et la vision nécessaires pour faire face à la situation économique que connaît aujourd’hui notre pays et à l’ampleur des attentes des entreprises marocaines.

    «8.000 PME marocaines font faillite chaque année»!

    - Où résident les complémentarités et les synergies ou encore les différences entre Chakib El Alj et Mehdi Tazi?
    - Nous sommes d’âges et d’expériences différents mais en même temps très complémentaires. J’ai cumulé des années d’expérience dans l’industrie. Mehdi Tazi a à son actif des expériences riches dans les services avec une solide connaissance des marchés africains. Nous espérons être des candidats de consensus. Nous pensons pouvoir apporter une réelle valeur ajoutée citoyenne à la confédération.

    - D’aucuns avancent que vous êtes le candidat coopté par My Hafid Elalamy. D’autant plus que vous êtes assez proche de Aziz Akhannouch et Moncef Belkhayat... Ce qui n’exclut pas la mainmise du RNI sur la CGEM?
    - Ma décision de me présenter à la présidence de la CGEM est motivée par une seule conviction forte. Il est temps pour moi de réagir et de redonner à mon pays ce que mon pays m’a donné. Je ne suis pas un politique, je préfère donc m’investir dans l’économie. Plutôt que de rester passif et subir, j’ai décidé de m’engager pour faire changer les choses. Sinon, oui, je connais les personnes que vous citez, et quelques autres aussi. Mais vous l’aurez compris, je ne suis membre d’aucun parti politique.

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    Après des études aux Etats-Unis, El Alj dirige la Société nouvelle des Moulins du Maghreb. Ensuite, il a  créé plusieurs entreprises dans la production de farine et semoule ou encore la plasturgie. Son colistier, Mehdi Tazi, est diplômé de Télécom Paris Sud et de l’Insead. Il démarre sa carrière chez KPMG France. Il a été  dirigeant et administrateur de compagnies d’assurances. En 2017, il fait l’acquisition de Beassur et s’allie à Marsh (Ph. CGEM)

    - Quelle est la place qui revient à l’industrie dans votre programme électoral?
    - Dans l’industrie, les métiers mondiaux  du Maroc sont une très belle réussite. Mais la part des capitaux marocains dans ces secteurs est encore trop faible. Nous devons donner confiance à nos entrepreneurs pour qu’ils investissent dans ces secteurs industriels porteurs. Ensuite, nous plaidons pour «l’égalité des chances». Il nous faut combattre la concurrence internationale déloyale dans certains secteurs et combattre le secteur informel qui détruit la valeur et la performance de nos entreprises.

    - De l’avis même de membres dirigeants de la Confédération, les territoires et les régions ont toujours été le parent pauvre de la CGEM... Comment comptez-vous redonner à la région la place qu’elle mérite?
    - La place à donner aux régions, dans le cadre de la régionalisation avancée voulue par le Souverain, est intimement liée à l’émergence du Royaume. Il ne peut pas y avoir de croissance de nos entreprises sans développement des territoires dans lesquels elles sont implantées. Dès ce lundi 23 décembre, nous allons rencontrer l’ensemble des régions, pour les écouter et comprendre leurs besoins.

    - Quid des PME-PMI et des start up... Quel est votre plan de bataille pour redynamiser le tissu des PME et faire décoller les startup marocaines?
    - Les PME et TPE, ne l’oublions pas, constituent le socle de notre tissu économique. Pas plus tard que le 11 octobre dernier, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, a exhorté les banquiers à s’engager de manière plus rigoureuse dans la dynamique de développement que connaît le Maroc, en érigeant au rang de priorité le soutien aux auto-entrepreneurs, aux TPE et aux PME. Il n’est plus acceptable que 8.000 petites et moyennes entreprises marocaines fassent faillite chaque année, souvent pour des raisons de trésorerie. La CGEM doit être un acteur majeur dans le processus qui doit faciliter l’accès aux financements, sécuriser les emplois existants et générer un environnement propice à la création de nouvelles embauches.

    - Quelle est votre position sur les relations «incestueuses» entre les affaires et la politique? Etes-vous pour le maintien d’une équipe CGEM à la chambre des conseillers?
    - Le rôle des conseillers CGEM à la deuxième chambre permet d’introduire des projets de loi auprès du Secrétariat général du gouvernement (SGG) et de proposer des amendements. C’est une approche démocratique qui permet de défendre les intérêts du secteur privé de notre économie dans la plus grande transparence et clarté.

    - Concrètement, quels sont les axes stratégiques de votre programme électoral?  
    - Notre feuille de route, qui sera débattue avec l’ensemble des fédérations et des régions pour finaliser un programme 2020-2023, s’articule autour de 5 convictions:  D’abord, la confiance de nos entreprises dans notre organisation. Nous voulons redonner à la CGEM un rôle de facilitateur au service de ses membres, des fédérations et des régions. Ensuite, la confiance dans notre économie. Nous devons redonner confiance à nos entrepreneurs pour qu’ils investissent dans les entreprises marocaines et dans les régions, qui regorgent de potentialités. L’axe central de notre réflexion consiste à donner confiance aux TPE-PME, que nous considérons comme un véritable gisement de croissance qu’il faudra aider et défendre parce que ce sont ces entreprises qui constituent le tissu économique du Maroc. Nous devons également donner confiance à la jeunesse marocaine. Nous avons l’obligation de lui donner de la visibilité sur les métiers d’aujourd’hui et surtout sur ceux de demain.
    Enfin, une CGEM forte qui se positionne en partenaire de l’Etat et qui poursuit le même objectif de développement du pays. Vous l’aurez compris, la confiance est le maître mot, parce qu’il ne peut pas y avoir de croissance sans confiance.

    Propos recueillis par Amin RBOUB

     

     

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