×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste



eleconomiste
Vous êtes 203.440 lecteurs à vous connecter sur leconomiste.com chaque jour. Vous consultez 254.995 articles (chiffres relevés le 29/5 sur google analytics)
Dossier Spécial

Mobile money: Une seconde vie aux opérateurs télécoms

Par Amin RBOUB | Edition N°:5657 Le 18/12/2019 | Partager
Un objectif de 6 millions d’utilisateurs et 1,5 milliard de transactions d’ici 2024
Une période de test de 2 à 3 ans
Le pari difficile de l’adhésion de la population
mobile-money-057.jpg

Lancée officiellement il y a un an, l’activité du paiement mobile tarde à décoller. Les opérateurs télécoms sont dans les starting blocks. Certains déploient déjà leurs solutions

Les opérateurs télécoms se bousculent au portillon du M. Wallet. Inwi, Orange, IAM... Les trois opérateurs ont créé des filiales dédiées au M.paiement pour développer un nouveau marché et des revenus à coups de milliards. L’enjeu est d’arriver à 6 millions d’utilisateurs et 1,6 milliard de transactions d’ici 2024. Lancée officiellement il y a un an, l’activité du paiement mobile tarde à démarrer. Les opérateurs télécoms sont tous dans les starting-blocks. Certains déploient déjà leurs solutions.

Pour l’heure, l’écosystème est en train de se mettre en place. Une phase de test grandeur nature qui va durer 2 à 3 ans.  Mais la fenêtre de tir est ouverte sur les 5 prochaines années. Les solutions sont là, sauf que l’essor de ce marché dépendra de l’adhésion de la population et de l’évolution du cadre réglementaire.

Ceci dit, il y a encore des ajustements à opérer pour lever tous les verrous et assurer une cohérence sur le plan réglementaire. Certes, des avancées ont été réalisées en termes de dispositions et du cadre réglementaire, mais plusieurs aspects restent encore en suspens entre la Banque centrale et l’ANRT.

C’est le cas notamment de fondamentaux tels que l’assouplissement réglementaire, la flexibilité, l’acceptabilité ou encore la notion de l’interopérabilité... Cette technologie, qui permet de relier un ensemble d’opérateurs autour d’une base commune, n’est pas encore opérationnelle.

En attendant, «inwi money s’est donné pour ambition de contribuer, de façon significative, à l’inclusion financière au Maroc, en dynamisant les usages transactionnels au travers d’une palette de services accessibles au plus grand nombre» explique Ghassane El Machrafi, Chairman inwi money.

«La filiale m.paiement d’inwi favorisera l’émergence de nouveaux services digitaux financiers qui permettront à nos clients, qu’ils soient bancarisés ou pas, d’accéder à des outils de paiement et de transfert dématérialisés et entièrement sécurisés. C’est une nouvelle manière pour nos clients de gérer leur argent en mettant davantage de mobilité et d’instantanéité dans leur quotidien», explique Nicolas Lévi, CEO de inwi money.

Mais qu’est-ce que le Mobile money? En fait, il s’agit d’une technologie mobile éprouvée qui permet aux utilisateurs-consommateurs de recevoir, garder et dépenser de l’argent en utilisant un téléphone portable, que l’on appelle aussi «le portefeuille mobile ou M. Wallet».

Autrement dit, désormais au Maroc et même ailleurs, un numéro de téléphone portable équivaut à un numéro de compte bancaire. Chaque utilisateur du Mobile Money a un numéro de compte unique. Ce numéro est identique au numéro du téléphone portable. Du coup, les portefeuilles mobiles (GSM) sont devenus une  alternative populaire au cash (paiement espèces) et aux banques parce qu’ils sont faciles à utiliser, sécurisés et accessibles partout où il y a un signal de téléphone. 

Le m-paiement repose sur trois typologies d’acteurs: les banques, les acteurs technologiques (start-up et agences de transfert) et les opérateurs télécoms qui ont créé des filiales dédiées. Le défi des opérateurs est de capter les 66% de la population non bancarisée.

Ce qui permettra de généraliser les usages, accélérer les transactions et business, désenclaver la population... Pour assurer le décollage de ce marché complémentaire avec la banque classique, il va falloir mettre en place les bases d’un nouveau modèle économique. Ce dernier repose sur la désintermédiation, la disruption jusque dans les services de l’administration publique et des institutions étatiques.

«C’est tout un écosystème qu’il va falloir mettre en place, mais qui ne fonctionnera que s’il est adossé à des services à forte valeur ajoutée», tient à préciser Nicolas Lévi, CEO de Inwi Money. Aujourd’hui, tout l’enjeu du paiement mobile repose sur la mise en place d’un modèle économique viable, soutenable et pérenne lequel implique une large adhésion de la population. Le business modèle est une pièce maîtresse. «Je ne conçois pas l’échafaudage d’un nouveau modèle économique sans le recours au digital», soutient un expert télécoms.

Au delà de la sécurisation des transactions, les enjeux du paiement mobile sont multiples et inclusifs. Ce levier représente l’ADN de l’inclusion financière qui devra démultiplier les usages digitaux et les services financiers. L’expérience africaine est éloquente en la matière (Kenya, Côte d’Ivoire, Sénégal...).

Pour optimiser et accélérer le maillage au Maroc, les experts sont unanimes: «Il va falloir commencer par l’adhésion du circuit des commerçants, points de vente, épiciers, distributeurs...» Le nombre de retailers dépasse les 300.000. Il peut servir de colonne vertébrale pour le déploiement de solutions tous azimuts. Mais avant le déploiement des solutions, il va falloir relever le challenge culturel de l’acceptation de la technologie. Et c’est le plus difficile.

                                                                                       

M.commerce: Evolution ou révolution?

Levier et catalyseur de l’inclusion financière, de l’assurance, de la micro-finance... «Au Maroc, la micro-finance couvre à peine 2,5% de la population, contre par exemple 5% au Mexique et 15% au Pérou. Quant à la micro-assurance, c’est encore pire. A peine 1,6% de la population est couverte contre 23% en Inde, voire 30% aux Philippines!» Le mobile money devra révolutionner les plateformes E-commerce. Pour l’heure, les indicateurs ne sont pas bons.

Le Maroc est parmi les derniers de la classe en Afrique. Mais le potentiel de progression est très prometteur, car les infrastructures télécoms sont là, le Maroc est le pays le mieux équipé du continent et le taux d’équipement des ménages en téléphonie mobile dépasse les 100% avec une population 100% connectée. 

La 1re connexion Internet au Maroc remonte à ... 1993 (il y a 27 ans)! Plus encore, le déploiement de la 4G a connu un franc succès. Autant d’atouts qui plaident en faveur de l’essor des plateformes et autres marketplaces. Sauf que jusque-là, le cash reste le mode de paiement le plus privilégié, y compris dans l’e-commerce: «Les moyens de paiement privilégient encore le cash. Même si l’on commande par voie électronique, l’on paie généralement  (90%) à la livraison en espèces. Finalement, l’on n’est pas à 100% dans l’e-commerce», tient à préciser Ghizlane Tazi, consultante chez McKinsey.

Il y a aussi des freins culturels, dans ce sens où le Marocain préfère toucher le produit, le tester et ne pas acheter à distance. D’autant plus qu’il y a une forte culture monétique enracinée en faveur du billet de banque. C’est là où le changement devra s’opérer.

«Nous avons besoin de l’alignement des astres pour que le consommateur finisse par suivre et adhérer», préconise Ghizlane Tazi. D’où le potentiel du M-paiement, un levier d’accélération des transactions et un catalyseur de changement  compte tenu du taux de pénétration de la téléphonie mobile. D’autant plus que le coût de gestion est insignifiant, et les solutions 100% sécurisées. Ce qui permet d’ouvrir de nouvelles possibilités d’achat et de consommation et capter des opportunités de business.

Amin RBOUB

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc