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Le long chemin vers la parité, y compris chez nous

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5657 Le 18/12/2019 | Partager
Encore plus de 100 ans pour parvenir à l’égalité entre les sexes
L'Islande en tête du peloton, le Maroc au plus bas de l’échelle
Le Royaume arrive 12e dans la région Mena, 143e dans le monde
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Dans le monde, les pays nordiques continuent de montrer la voie en matière de parité. Dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, les deux pays les mieux classés sont Israël et les Emirats arabes unis. Quant au Maroc, il arrive loin derrière ses voisins tunisiens et algériens

Voilà un autre rapport du WEF (Forum économique mondial) qui révèle le retard du Maroc cette fois-ci dans le domaine de la parité entre les hommes et les femmes. S’il arrive à la 12e place dans la région Mena, son classement mondial n’est pas bon: 143e sur un total de 153 pays étudiés dans le «Global Gender Gap Report 2020» (Rapport 2020 sur la parité entre les hommes et les femmes dans le monde) publié le 17 décembre 2019.

Le Royaume perd 6 places dans ce classement. Il arrive cependant au 146e rang dans le domaine de la participation et opportunités économiques (salaires, participation et fonctions dirigeantes) et 115e par rapport au niveau de  l’éducation (accès à l’éducation de base et supérieure). Sur ce volet, le WEF signale toutefois que le Maroc pointe au 1er rang quand il s’agit des inscriptions dans l'enseignement primaire et dans le secondaire.

Du retard accumulé également dans la santé et la survie (espérance de vie et ratio filles-garçons): 138e ainsi que dans l’émancipation politique (représentativité au sein des structures décisionnaires): 123e.

La région Moyen-Orient et Afrique du Nord obtient le score le plus bas (61,1%) bien qu'elle ait réduit son écart de 0,5 point depuis l'année dernière. En supposant le même rythme de progrès à l'avenir, il faudrait encore près de 150 ans pour que cette zone parvienne à la parité.

La région a essentiellement comblé l'écart entre les sexes en matière de santé, avec un score moyen de 96,9% (le maximum est de 98). Dans tous les pays (à l'exception de Bahreïn et du Koweït) les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes. L'écart entre les sexes en matière d'éducation dans la région est extrêmement étroit, avec un score de 98 (maximum de 1).

Cependant, de graves déséquilibres entre les sexes persistent dans certains pays en matière d'alphabétisation. Au Yémen, seulement 35% des femmes sont alphabétisées contre 73% des hommes. En Mauritanie et au Maroc, l'écart est d'environ 20 points de pourcentage. Si la situation est globalement satisfaisante en termes de résultats de santé et de niveau de scolarité, l'écart entre les sexes est caverneux dans les deux autres catégories.

Le score moyen de la région dans le sous-indice d’émancipation politique est de 10,2%, la pire performance de toutes les régions et quatre fois pire que la moyenne de l’Europe occidentale. Il faut cependant noter que la moyenne a presque triplé depuis 2006, alors que le score était de 3,5%.

Les femmes sont presque absentes de la vie politique à Oman (2,1%, 150e) et au Yémen (1,9%, 151e). Il n'y a eu aucune femme chef d'Etat au cours des 50 dernières années dans 17 des 19 pays Mena étudiés par le WEF. Seuls Israël et la Turquie ont une femme chef d'Etat (respectivement 5,7 et 2,7 ans). La représentation féminine moyenne au Parlement est de 15%, la part la plus faible de toutes les régions.

Enfin, l'écart économique entre les sexes est profond. Les marchés du travail de la région sont caractérisés par une faible participation des femmes et une discrimination à leur égard, avec des conséquences sur la croissance économique, la cohésion sociale et la mobilité sociale. Le score moyen régional sur le sous-indice de la participation et des opportunités économiques est de 42,5%, la deuxième note la plus basse après l'Asie du Sud (36,5%).

Dans 16 pays, moins de la moitié des femmes participent à la population active. Le taux est même inférieur à 20% dans six pays, y compris au Yémen (où le taux de participation féminine de 6,3% est le plus bas du monde). En outre, le revenu gagné estimé des femmes représente en moyenne 28% de ce que gagnent les hommes. Dans six pays, le ratio est inférieur à un cinquième.

La parité prendra plus d’une vie…

Le temps nécessaire pour parvenir à la parité a été réduit à 99,5 ans au cours de l’année 2019. Même s’il s’agit d’une amélioration par rapport à 2018, combler l'écart entre les sexes nécessitait alors 108 ans. Cela continue de signifier que réaliser la parité entre hommes et femmes dans les domaines de la santé, de l'éducation, du travail et de la politique prendra plus d'une vie, conclut le «Global Gender Gap Report 2020». L'amélioration de la représentation politique a contribué à réduire l'écart global entre les sexes dans le monde, bien que les perspectives économiques se soient détériorées au cours des 12 derniers mois. Il faudra encore 95 ans pour parvenir à la parité en politique, contre 107 ans l'an dernier. En 2019, les femmes occupaient 25,2% des sièges des chambres basses des Parlements dans le monde et 21,2% des postes ministériels, contre respectivement 24,1% et 19% l'année précédente.

F. Z. T.

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